https://doi.org/10.57988/crig-2336
Mbusa Siviholya Kito[1]
Résumé
Le Galinsoga ciliata [Blake] est une mauvaise herbe redoutée dans le
monde et commune dans les champs au Nord-Kivu. Son utilisation dans les
élevages des lapins est connue par les paysans de Butembo. En vue d’envisager
son intégration dans les systèmes agricoles pour une production fourragère
soutenue au bénéfice de l’agri-éleveur, des essais phytotechniques
ont été conduits dans les périphéries agricoles de la ville de Butembo. Il a
été question d’évaluer sa réponse par rapport à un ombrage croissant (0 %, 25
%, 50 % et 75 %) en simulant les éventuelles conditions d’éclairement dans un
champ cultivé en même temps que différents niveaux d’urée (0 kg, 180 kg et 360
kg par hectare) ont été appliqués à la culture dans différents types de sol.
À l’issue de ces expérimentations, il s’est
avéré qu’un ombrage élevé (plus de 50 %) ait une certaine nuisibilité au
rendement en matières sèches, à la teneur en cendres mais pas à la teneur en
matières azotées alors qu’un ombrage se situant entre 25 et 50 % est même
favorable à son rendement en matières sèches jusqu’autour de 7 tonnes par
hectare. Pour tous les niveaux d’ombrage, l’apport en urée a eu un effet
positif sur la production des matières sèches du Galinsoga
ciliata.
Mots-clés : Galinsoga,
ombrage, urée, rendement
Abstract
The hairy soldier Galinsoga ciliata [Blake] is a worldwide harmful
weed. It is very common in North Kivu farms. Peasants regularly resort to it
for rabbit feeding in Butembo area. In a bid to integrate it in the local farm
system for sustainable forage production, crop experimental tests were
conducted in Butembo agricultural suburbs. The tests consisted of estimating
the response of the Galinsoga ciliata
to growing shade (0%, 25%, 50% and 75%) simulating possible light conditions in
a cultivated farm. At the same time, different doses of urea (0kg, 180kg and
360kg per hectare) were applied to the experimental soils from different
locations to evaluate its response to ammoniacal fertilizer.
The findings showed that
high shade levels (above 50 %) were harmful to the yield in terms of dry matter
production, and rate of ash. However, the rate of nitrogen matters was not
affected. The tests revealed that the shading between 25 to 50 % favored the
yield in terms of dry matter up to 7 meter-tons per hectare. Indistinctively
the shade level, urea showed positive effect on dry matter production.
Keywords: Galinsoga, shade, urea, yield
Le Galinsoga ciliata
est reconnu comme un indicateur de fertilité dans les champs. En République
Démocratique du Congo, Mulangwa
(2005) indique que sa présence dans les champs est associée à une richesse
azotée du sol au point que l’augmentation de la fertilité du sol lui donne
encore un pouvoir de croissance plus élevé. C’est en ce sens qu’a été menée la
présente recherche en vue de vérifier à quel niveau l’augmentation de la
fertilité azotée en recourant à l’urée peut exercer une influence sur la
biomasse aérienne du Galinsoga.
D’après
différents auteurs comme Kumar et
al. (2010), Mohler et al. (2021) et Gang et
al. (2018) le Galinsoga ciliata
est une plante de lumière. D’autres auteurs
comme Ivany et Sweet
(1973) de même que Warwick
et Sweet (1983) estiment que le Galinsoga
ciliata est exigeant en fertilisants
particulièrement l’azote. C’est pourquoi, en le prenant comme mauvaise herbe
des plantes cultivées, il est nécessaire de voir comment l’ombrage de même que
l’apport en azote pourrait influencer sa production en biomasse. De même, comme
la plante est aussi utilisée comme fourrage à l’est de la République
Démocratique du Congo, il est important de savoir comment l’ombrage et l’apport
en engrais azoté peuvent influencer la composition nutritionnelle de la matière
sèche. Les deux expérimentations ont été combinées afin de simuler ce qui
pourrait se passer dans un champ fertilisé avec une éventuelle concurrence non
seulement pour l’engrais azoté mais aussi pour la lumière.
L’expérimentation
a été menée en République Démocratique du Congo dans la Ville de Butembo
(Nord-Kivu) en Commune de Kimemi, Quartier Malende, Cellule Ngengere.
Les couches
superficielles (premiers 10 cm) des sols issus de l’Université catholique du
Graben au site Horizon à l’ouest de la Ville de Butembo (sol H), de l’ULPGL au
sud-est de la ville (sol U) et de Ngengere (sol N) au
sud-ouest de la ville ont été utilisées comme stock semencier. Les
caractéristiques physico-chimiques des sols utilisés sont reprises dans le
tableau 1.
Tableau 1. Les différentes caractéristiques physico-chimiques des sols
d’expérimentation en fonction des origines
|
Caractéristiques physico-chimiques du sol |
Sol de l’Horizon (UCG) |
Sol de Ngengere
|
Sol de l’ULPGL (Katwa) |
|
pH au KCl |
5,510 |
5,760 |
4,870 |
|
pH à l’eau H2O |
6,520 |
6,490 |
6,200 |
|
Conductivité électrique en
millisiemens/cm |
0,030 |
0,23 |
0,030 |
|
Matière minérale par rapport à
la matière sèche (en pourcents) |
89,777 |
89,816 |
91,735 |
|
Matière organique par rapport à
la matière sèche (en pourcents) |
10,223 |
10,184 |
8,265 |
|
Teneur en argile dans la
matière minérale (en pourcents) |
72,077 |
44,616 |
71,082 |
|
Teneur en limons dans la
matière minérale |
2,547 |
0,297 |
0,221 |
|
Teneur en sable (fin et
grossier) dans la matière minérale (en pourcents) |
25,376 |
55,086 |
28,697 |
|
Masse volumique |
1,7 |
1,5 |
1,7 |
|
Teneur en azote dans la matière
sèche (en pourcents) |
4,540 |
4,720 |
3,721 |
|
Teneur en phosphore par rapport
à la matière sèche du sol |
0,476 |
0,560 |
0,582 |
|
Teneur en potassium par rapport
à la matière sèche dans le sol (en pourcents) |
4,010 |
3,800 |
3,048 |
Tableau 2. Densité d’ombrages appliqués dans
l’expérimentation
|
Densité d’ombrages (en
pourcentages) |
Densité de lumière (en
pourcentages) |
Alternance des bandes
en caoutchouc |
Codage du traitement |
|
0 |
100 |
Pas d’ombrage |
|
|
25 |
75 |
30 mm |
|
|
50 |
50 |
10 mm |
|
|
75 |
25 |
3,3 mm |
|
Quatre types de densité de lumière naturelle ont été
créés en variant la densité d’ombrages grâce à des bandes en caoutchouc non
translucide à la lumière visible comme montré dans le tableau 2. Les bandes
noires de nylon (polypropylène) de 10 mm de largeur étaient orientées dans le
sens nord-sud tandis que la course du soleil se fait de l’est à l’ouest. La
hauteur des ombrières était de 180 cm pour permettre non seulement une
circulation libre dans le lieu mais aussi mixer la lumière à l’ombre quand
c’était applicable conformément aux recommandations de Jaenicke (2006).
Dans les ombrières ainsi montées, les trois types de sols
ont été fertilisés en urée. L’épandage d’urée s’est fait au début des
expérimentations en arrosant les bandes avec de l’eau dans laquelle étaient
dissoutes des quantités croissantes d’urée comme repris dans le tableau 3.
Tableau 3. Quantités d’urée utilisées pour fertiliser les sols
|
Quantité d’azote ajouté en kg par hectare |
Quantité d’urée ajoutée en kg par hectare |
Codage du traitement |
|
0 |
0 |
E0 |
|
83 |
180 |
E1 |
|
166 |
360 |
E2 |
La quantité de biomasse aérienne du Galinsoga
ciliata a été mesurée après 60 jours de placement
et d’arrosage du sol. La teneur en matières sèches de la biomasse, la teneur de
la matière sèche en cendres, en cellulose et en matières azotées ont aussi été
déterminées au laboratoire en fonction des traitements (dose d’azote appliquée
et ombrage).
Les résultats de l’expérimentation sur la réponse du Galinsoga ciliata à
l’apport du sol en urée sont exprimés en termes de rendement en matières sèches
à l’hectare (tableau 4), de teneur de la matière sèche en cendres (tableau 5),
en protéines (tableau 6), et en cellulose (tableau 7) comme repris ci-dessous.
- Rendement
en matière sèche du Galinsoga ciliata
en fonction de l’apport de l’azote au sol et de l’ombrage
Les
résultats relatifs au rendement en matière sèche en fonction de l’apport en urée et de l’ombrage sont commentés ci-dessous (tableau 4).
Tableau 4. Rendement en matières sèches (en tonnes par
hectare) en fonction de l’urée ajoutée et de l’ombrage
|
Fertilisation |
Origine du sol (site) |
Densité par m2 |
0% d’ombrage |
25% d’ombrage |
50% d’ombrage |
75% d’ombrage |
Moyenne ± écart-type |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Horizon |
165,333±99,413 |
2,835±3,180 |
4,794±3,416 |
1,701±1,034 |
4,285±3,378 |
3,404±2,801 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Ngengere |
332,000±128,30 |
3,037±0,980 |
2,543±1,392 |
5,756±4,914 |
2,439±1,970 |
3,444±2,697 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
ULPGL |
229,333±109,973 |
1,202±0,221 |
4,612±2,765 |
5,784±4,154 |
5,154±5,352 |
4,188±3,606 |
|
Moyenne pour E0 pour l’ombrage ± écart-type |
255,556±130,350 |
2,358±1,881 |
3,983±2,545 |
4,414±3,841 |
3,959±3,456 |
3,679±3,004 |
|
|
E1 (180 kg d’urée par
hectare) |
Horizon |
272,000±193,930 |
2,221±0,503 |
3,907±1,374 |
6,095±4,555 |
10,089±6,649 |
5,578±4,654 |
|
E1 (180 kg d’urée par
hectare) |
Ngengere |
409,333±192,177 |
5,721±2,719 |
3,853±0,663 |
8,914±4,772 |
4,217±0,669 |
5,676±3,147 |
|
E1 (180 kg d’urée par
hectare) |
ULPGL |
328,000±141,060 |
2,040±0,610 |
5,476±2,563 |
8,716±4,443 |
5,235±4,273 |
5,367±3,776 |
|
Moyenne pour E1 pour l’ombrage ± écart-type |
336,444±181,524 |
3,327±2,288 |
4,412±1,692 |
7,908±4,190 |
6,514±4,808 |
5,540±3,797 |
|
|
E2 (360 kg d’urée par
hectare) |
Horizon |
250,667±146,219 |
4,435±2,176 |
7,481±3,494 |
7,384±5,576 |
17,966±4,196 |
9,317±6,385 |
|
E2 (360 kg d’urée par
hectare |
Ngengere |
304,000±124,499 |
5,103±0,761 |
3,268±1,476 |
6,560±3,128 |
9,895±2,699 |
6,206±3,168 |
|
E2 (360 kg d’urée par
hectare |
ULPGL |
270,667±113,437 |
4,480±1,804 |
2,955±1,201 |
11,779±6,765 |
10,989±7,474 |
7,551±5,980 |
|
Moyenne pour E2 pour l’ombrage ± écart-type |
275,111±127,014 |
4,673±1,499 |
4,568±2,958 |
8,574±5,250 |
12,950±5,879 |
7,691±5,374 |
|
|
Moyenne globale pour
l’ombrage ± écart-type |
289,037±146,402 |
3,453±2,080 |
4,321±2,373 |
6,966±4,678 |
6,099±5,312 |
5,637±4,437 |
|
La levée au mètre carré a été globalement de
289,037±146,402 plants. Cette variabilité importante dépend de l’origine du sol
et aussi de l’urée ajoutée.
En effet, les sols de Ngengere
présentent une levée globalement plus élevée comparativement aux sols de
l’Horizon et de l’ULPGL. Toutefois, l’apport de l’urée exerce une influence sur
la levée. En effet, tandis que la levée moyenne pour le sol sans apport d’urée
est de 255,556±130,350 au mètre carré, elle subit une augmentation
significative quand 180 kg d’urée sont ajoutés à l’hectare pour atteindre
336,444±181,524 plants au mètre carré. Néanmoins on observe une diminution
quand 360 kg d’urée sont appliqués à l’hectare avec une moyenne de levée de
275,111±127,014 plants au mètre carré. La différence entre la levée pour une
application nulle d’urée et une application de 360 kg d’urée à l’hectare
n’étant pas significative, il se peut que l’apport de 180 kg d’urée à l’hectare
soit celui qui augmente significativement la levée de Galinsoga
pour atteindre 336,444±181,524 globalement pour tous les sols. L’urée aurait de
ce fait un effet positif sur la levée qui s’estomperait au fur et à mesure que
la dose augmente à cause d’une éventuelle toxicité.
Quoique la levée n’ait pas été uniforme pour les 3 sols,
on constate globalement que le rendement en matières sèches de Galinsoga est dans une certaine mesure indépendante
de la levée mais croit significativement en fonction de l’urée apportée par hectare,
passant de 3,679±3,004 tonnes par
hectare lorsqu’aucun engrais n’est appliquée à 5,540±3,797 tonnes par
hectare quand 180 kg d’urée sont épandus à l’hectare jusqu’à 7,691±5,374 tonnes
de matières sèches produites lorsque 360 kg d’urée sont appliquées à l’hectare.
On observe aussi une progression globale positive assez
nette du rendement en matière sèche pour tous les sols et les taux
d’application d’engrais quand l’ombrage augmente, mais il se dessine clairement
un pic selon les sols et l’application d’engrais suivi d’une légère diminution
entre un ombrage de 50 et 75 %. En effet, sans ombrage le rendement à l’hectare
est globalement de 3,453±2,080 tonnes avec des variations qui dépendent de
l’origine du sol mais surtout de la quantité d’urée apportée. Ce rendement
passe à 4,321±2,373 tonnes par hectare quand l’ombrage est de 25 % et culmine à
6,966±4,678 tonnes de matière sèche quand l’ombrage est de 50 %. Quand
l’ombrage est de 75 %, le rendement est 6,099±5,312 tonnes de matière sèche par
hectare, ce qui constitue en fait une légère diminution par rapport au
rendement à 50 %.
En somme, on constate que le rendement augmente avec la
dose d’urée appliquée mais aussi avec l’ombrage jusqu’à 50 à 75 % selon les
différents sols. L’origine des sols et donc la levée des plants n’ont pas
influencé le rendement à l’hectare en matière sèche.
-
Teneur de la matière sèche en cendres
en fonction de l’ombrage et de l’apport en urée
Globalement pour toutes les expérimentations, la teneur
en cendres a représenté 2,471±0,739 % de la matière sèche comme repris dans le
tableau 5. Mais cette proportion est variable selon le niveau d’ombrage et
l’apport en urée. En effet, on constate une décroissance progressive de la
teneur en cendres pour toutes les doses d’urée quand l’ombrage passe de 0 %
(3,141±0,474 % de cendres) à 75 % (1,738±0,464 %) avec une valeur intermédiaire
de 2,819±0,646 % quand l’ombrage est de 25 % et 2,185±0,613 % lorsque l’ombrage
est de 50 %.
Tableau 5 : Variation de la teneur en cendres de la
matière sèche du Galinsoga ciliata en fonction de la dose d’urée et du degré
d’ombrage
|
Fertilisation |
Origine du sol
(site) |
Densité par m2 |
0% d’ombrage |
25% d’ombrage |
50% d’ombrage |
75% d’ombrage |
Moyenne ± écart-type |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Horizon |
165,333±99,413 |
3,992±0,400 |
3,127±0,358 |
3,066±0,654 |
1,247±0,526 |
2,858±1,127 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Ngengere |
332,000±128,30 |
2,759±0,072 |
2,805±0,028 |
2,292±0,914 |
2,026±0,125 |
2,470±0,522 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
ULPGL |
229,333±109,973 |
3,246±0,253 |
2,930±0,234 |
2,058±0,841 |
1,661±0,662 |
2,474±0,822 |
|
Moyenne pour E0 pour
l’ombrage ± écart-type |
255,556±130,350 |
3,332±0,589 |
2,954±0,256 |
2,472±0,837 |
1,645±0,544 |
2,601±0,855 |
|
|
E1 (180 kg d’urée par hectare) |
Horizon |
272,000±193,930 |
2,908±0,768 |
2,759±0,233 |
2,392±0,132 |
1,363±0,618 |
2,356±0,766 |
|
E1 (180 kg d’urée par hectare) |
Ngengere |
409,333±192,177 |
2,827±0,274 |
2,926±0,165 |
2,398±0,576 |
1,910±0,425 |
2,515±0,537 |
|
E1 (180 kg d’urée par hectare) |
ULPGL |
328,000±141,060 |
3,395±0,303 |
3,511±1,683 |
1,528±0,103 |
1,964±0,276 |
2,599±1,170 |
|
Moyenne pour E1 pour
l’ombrage ± écart-type |
336,444±181,524 |
3,043±0,510 |
3,066±0,920 |
2,106±0,527 |
1,745±0,493 |
2,490±0,846 |
|
|
E2 (360 kg d’urée par hectare) |
Horizon |
250,667±146,219 |
3,213±0,126 |
2,414±0,353 |
1,762±0,076 |
1,412±0,227 |
2,200±0,742 |
|
E2 (360 kg d’urée par hectare |
Ngengere |
304,000±124,499 |
2,825±0,224 |
2,857±0,274 |
2,263±0,401 |
2,047±0,183 |
2,498±0,439 |
|
E2 (360 kg d’urée par hectare |
ULPGL |
270,667±113,437 |
3,108±0,250 |
2,045±0,265 |
1,912±0,106 |
2,010±0,332 |
2,269±0,552 |
|
Moyenne pour E2 pour
l’ombrage ± écart-type |
275,111±127,014 |
3,049±0,250 |
2,439±0,437 |
1,979±0,307 |
1,823±0,380 |
2,322±0,588 |
|
|
Moyenne globale pour
l’ombrage ± écart-type |
289,037±146,402 |
3,141±0,474 |
2,819±0,646 |
2,185±0,613 |
1,738±0,464 |
2,471±0,739 |
|
Quelle que soit la dose d’engrais, cette tendance est
valable et démontre l’influence négative du niveau d’ombrage sur l’absorption
des matières minérales par le Galinsoga ciliata. Autrement dit, l’éclairement aurait
lui-même une influence positive sur l’absorption des matières minérales du sol.
De même, l’apport en urée dans le sol a un effet inverse
sur la teneur en cendres dans la matière sèche du Galinsoga
ciliata. Globalement, cette teneur passe de
2,601±0,855 % pour un apport nul d’urée à 2,490±0,846 % pour un apport de 180
kg d’urée à l’hectare jusqu’à 2,322±0,588 % pour 360 kg d’urée
à l’hectare, les variations étant liées à l’ombrage et à l’origine des sols.
Si on considère le niveau individuel d’azote de base dans
le sol, la chute de la teneur en cendres dans la plante est plus brusque quand
le sol contient moins d’azote (cas du sol de l’horizon) que quand le sol en
contient un peu plus (cas du sol de Ngengere).
Autrement dit, l’apport en urée aurait tendance à augmenter la teneur de la
matière sèche en matières organiques quand le sol contient peu d’azote à la
base. Une certaine stabilisation de la teneur en cendres dans la matière sèche
du Galinsoga s’observe pour un apport de 180
kg d’urée par hectare tout comme pour un apport de 360 kg d’urée par hectare
malgré des individualités spécifiques à chaque sol.
-
Teneur de la matière sèche en
matières azotées en fonction de l’ombrage et de l’apport en urée
La teneur en matière sèche en matières azotées pour
toutes les parcelles est de 20,489±9,974 % mais subit des fluctuations en
fonction de l’origine du sol, de l’apport en urée mais aussi de l’ombrage comme
cela est montré dans le tableau 6.
Tableau 6. Variation de la teneur
en matières azotées de la matière sèche du Galinsoga
ciliata en fonction de la dose d’urée et du degré
d’ombrage
|
Fertilisation |
Origine du sol (site) |
Densité par m2 |
0% d’ombrage |
25% d’ombrage |
50% d’ombrage |
75% d’ombrage |
Moyenne ± écart-type |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Horizon |
165,333±99,413 |
21,194±4,433 |
23,091±1,840 |
27,926±4,194 |
21,206±2,672 |
23.354±4.115 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Ngengere |
332,000±128,30 |
20,170±7,676 |
32,089±15,939 |
17,744±6,365 |
15,025±5,379 |
21.257±10.761 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
ULPGL |
229,333±109,973 |
9,691±2,350 |
18,004±1,293 |
8,981±3,909 |
19,223±7,828 |
13.975±6.245 |
|
Moyenne pour E0 pour
l’ombrage ± écart-type |
255,556±130,350 |
17,018±7,171 |
24,395±10,145 |
18,217±9,261 |
18,485±5,640 |
19,529±8,401 |
|
|
E1 (180 kg d’urée par hectare) |
Horizon |
272,000±193,930 |
13,974±5,678 |
22,441±2,556 |
23,052±24,065 |
27,892±15,959 |
21.840±13.639 |
|
E1 (180 kg d’urée par hectare) |
Ngengere |
409,333±192,177 |
25,112±15,411 |
41,897±1,963 |
10,355±3,593 |
14,658±4,637 |
23.005±14.537 |
|
E1 (180 kg d’urée par hectare) |
ULPGL |
328,000±141,060 |
19,223±6,760 |
16,586±3,480 |
20,657±7,785 |
24,873±6,500 |
20.335±6.247 |
|
Moyenne pour E1 pour
l’ombrage ± écart-type |
336,444±181,524 |
19,436±10,107 |
26,975±11,718 |
18,021±14,046 |
22,474±10,756 |
21,727±11,763 |
|
|
E2 (360 kg d’urée par hectare) |
Horizon |
250,667±146,219 |
14,790±10,328 |
21,441±3,139 |
21,535±5,359 |
19,938±1,602 |
19.426±5.927 |
|
E2 (360 kg d’urée par hectare |
Ngengere |
304,000±124,499 |
14,283±4,145 |
48,186±9,461 |
19,470±4,606 |
13,659±2,387 |
23.899±15.631 |
|
E2 (360 kg d’urée par hectare |
ULPGL |
270,667±113,437 |
15,239±5,504 |
14,348±1,945 |
23,317±1,925 |
16,334±3,808 |
17.309±4.814 |
|
Moyenne pour E2 pour
l’ombrage ± écart-type |
275,111±127,014 |
14,770±6,222 |
27,992±16,267 |
21,441±4,024 |
16,644±3,624 |
20,21155±10,143 |
|
|
Moyenne globale pour
l’ombrage ± écart-type |
289,037±146,402 |
17,075±7,933 |
26,454±12,558 |
19,226±9,728 |
19,201±7,455 |
20,489±9,974 |
|
Il y a lieu d’établir que la teneur de la matière sèche
en matières azotées quels que soient l’origine du sol et l’ombrage passe de
19,529±8,401 % pour un apport nul en urée à 21,727±11,763 % pour un apport en
urée de 180 kg par hectare mais se maintient autour de 20,21155±10,143 % quand
l’apport en urée est de 360 kg à l’hectare.
Cette différence non significative entre les 3 niveaux d’apport en urée
offusque les tendances pour chaque niveau d’ombrages surtout qu’on observe pour
chaque degré d’éclairement une augmentation croissante de la teneur en matières
azotées quand l’apport en urée passe de zéro kg à l’hectare à 180 kg puis une
tendance à la stabilisation lorsque l’apport en azote passe de 180 kg à 360 kg
à l’hectare.
En effet,
il est clair qu’au niveau d’ombrage nul, la moyenne de la teneur de la matière
sèche en matières azotées passe de 17,018±7,171 % pour un apport nul en urée,
puis passe à 19,436±10,107 % pour un apport de 180 kg d’urée par hectare mais
chute à 14,770±6,222 % quand l’apport en urée augmente à 360 kg
à l’hectare. En revanche, avec l’ombrage de 25 %, une tendance
à l’augmentation de la teneur en matière azotée s’observe quand l’apport
en urée de 0 à 180 puis à 360 kg par hectare. Pour un ombrage de 50 %, on
observe néanmoins une sorte de résistance à l’accroissement de la teneur en
matières azotées quand l’apport en engrais passe de 0 kg à 180 kg d’urée par
hectare et une augmentation quand l’apport en urée passe de 180 kg à l’hectare
à 360 kg à l’hectare. Pour un ombrage de 75 %, l’accroissement de la teneur en
matières azotées n’est observé que lorsqu’on passe d’un apport nul
(18,485±5,640 %) à un apport de 180 kg à l’hectare (22,474±10,756 %) puis chute
pour atteindre 16,644±3,624 %. Ceci semble en fait prouver qu’on ne peut
augmenter indéfiniment l’ombrage ni l’apport en azote pour espérer obtenir une
teneur élevée de la matière sèche en azote. Il en ressort ainsi que l’optimum
pour l’ombrage est de 25 % qui permet globalement d’atteindre 26,454±12,558 %
de matières azotées dans la matière sèche tandis qu’il y a un accroissement
continue de cette teneur quand l’apport en urée passe de 0 kg à l’hectare
(24,395±10,145 %) à 180 kg à l’hectare (26,975±11,718 %) et à 360 kg à
l’hectare (27,992±16,267 %). En deçà et au-delà de 25 % d’ombrage, la teneur de
la matière sèche en matières azotées reste dans les limites de 17,075±7,933 %
et 19,226±9,728 %.
-
Teneur en cellulose de la matière
sèche du Galinsoga ciliata en fonction de la dose d’urée et du
degré d’ombrage
L’attention particulière portée sur la cellulose a montré
que celle-ci représente globalement 9,806±1,353 % de la matière
sèche et se maintient autour de cette valeur comme repris dans le tableau 7.
Tableau 7. Variation de la teneur en cellulose de la
matière sèche du Galinsoga ciliata en fonction de la dose d’urée et du degré
d’ombrage
|
Fertilisation |
Origine du sol (site) |
Densité par m2 |
0% d’ombrage |
25% d’ombrage |
50% d’ombrage |
75% d’ombrage |
Moyenne ± écart-type |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Horizon |
165,333±99,413 |
7,379±0,636 |
9,969±0,552 |
9,806±0,235 |
9,748±2,188 |
9,225±1,502 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
Ngengere |
332,000±128,30 |
8,443±0,583 |
10,680±1,215 |
12,547±1,299 |
10,101±0,527 |
10,443±1,741 |
|
E0 (pas d’urée ajoutée) |
ULPGL |
229,333±109,973 |
7,722±1,651 |
9,323±0,621 |
7,887±3,266 |
11,135±0,612 |
9,017±2,236 |
|
Moyenne pour E0 pour
l’ombrage ± écart-type |
255,556±130,350 |
7,848±1,043 |
9,991±0,942 |
10,080±2,686 |
10,328±1,323 |
9,562±1,877 |
|
|
E1 (80 kg d’urée par
hectare) |
Horizon |
272,000±193,930 |
12,577±5,201 |
9,636±1,293 |
9,273±0,902 |
10,589±0,576 |
10,519±2,688 |
|
E1 (80 kg d’urée par
hectare) |
Ngengere |
409,333±192,177 |
9,040±1,338 |
9,251±2,026 |
11,985±2,835 |
9,749±0,939 |
10,006±2,047 |
|
E1 (80 kg d’urée par
hectare) |
ULPGL |
328,000±141,060 |
9,068±0,536 |
10,873±1,110 |
10,474±1,406 |
10,671±0,095 |
10,272±1,089 |
|
Moyenne pour E1 pour
l’ombrage ± écart-type |
336,444±181,524 |
10,228±3,223 |
9,920±1,514 |
10,577±2,023 |
10,336±0,708 |
10,265±2,001 |
|
|
E2 (160 kg d’urée par
hectare) |
Horizon |
250,667±146,219 |
8,660±0,753 |
10,718±0,439 |
8,614±2,016 |
10,108±1,550 |
9,525±1,492 |
|
E2 (160 kg d’urée par
hectare |
Ngengere |
304,000±124,499 |
8,438±0,792 |
11,088±0,586 |
9,652±0,847 |
11,229±0,281 |
10,102±1,320 |
|
E2 (160 kg d’urée par
hectare |
ULPGL |
270,667±113,437 |
8,760±1,379 |
8,495±1,742 |
9,811±1,178 |
9,503±0,253 |
9,142±1,214 |
|
Moyenne pour E2 pour
l’ombrage ± écart-type |
275,111±127,014 |
8,619±0,891 |
10,100±1,539 |
9,359±1,364 |
10,280±1,101 |
9,590±1,368 |
|
|
Moyenne globale pour l’ombrage ± écart-type |
289,037±146,402 |
8,899±2,190 |
10,004±1,309 |
10,005±2,076 |
10,315±1,033 |
9,806±1,353 |
|
On n’observe pas de différence significative ou une
quelconque tendance à la croissance ou à la décroissance selon l’apport en urée
voire selon l’ombrage même si numériquement les plus forts ombrages ont montré
une tendance à l’augmentation de la moyenne même si on ne sait pas relever une
certaine différence significative entre ces moyennes.
Le Galinsoga ciliata est reconnu comme une mauvaise herbe nitrophile
des champs qui s’adapte bien aux zones ensoleillées. Même en République
Démocratique du Congo, les études menées à Bukavu (Sud-Kivu) par Mulangwa (2005) ont démontré
d’une corrélation entre la présence du Galinsoga
dans le champ et sa fertilité. Ceci est conforme aux résultats obtenus dans
la présente recherche qui démontrent que la production du Galinsoga
en matières sèches augmente en fonction de l’apport en azote, même si la levée
semble être affectée par une augmentation de l’apport en urée.
Différents auteurs dont Mohler et al. (2021) ont
postulé que le Galinsoga ciliata est une plante de lumière et qu’il procède à
l’évitement de l’ombre quand il est en compétition, à l’allongement de la tige,
à l’élargissement des feuilles de même qu’une floraison et une production
semencière retardées, le tout couplé à une réduction de la biomasse et de la
quantité des semences. Néanmoins, la présente étude démontre que le rendement
en matières sèches du Galinsoga ciliata augmente avec la diminution de la lumière pour
se stabiliser autour de 50 % d’ombrage ou plus selon d’autres paramètres comme
l’origine du sol et l’apport en urée. Ce résultat est une preuve que le Galinsoga ciliata
peut continuer à prospérer même quand les conditions d’ombrage dans un champ de
culture sont assez élevées. Cette observation est conforme aux notes de Jaenicke
(2006) dans lesquelles il affirme un compromis entre l’ouverture des stomates
pour la photosynthèse sous ombrage où il ferait moins chaud et la lumière qui
est moins importante pour la même photosynthèse. Selon Jaenicke (2006), certaines plantes supporteraient jusqu’à 90 %
d’ombrage pour les jeunes plants qui diminuerait avec l’âge de la plantule. Ivany et Sweet (1973) ont signalé un effet négatif
sur la production du Galinsoga seulement quand
l’intensité de la lumière était diminuée en 83 %. Néanmoins d’après Jaenicke (2006), pour ce qui est de Galinsoga,
l’optimum de production en biomasse sèche se situerait entre 50 et 75 %
d’ombrage.
En ce sens, en cas de culture, le Galinsoga
ne serait pas affecté par l’ombrage de la plante associée à moins que la
concurrence n’ait une originaire racinaire pour l’eau et/ou les éléments
minéraux sinon tout autre facteur d’influence comme l’allélopathie de certaines
plantes à l’instar des brassicacées comme l’a révélé Kumar et al. (2009) lorsqu’ils ont constaté que la
moutarde jaune (Sinapis alba L.) réduit 62 % de l’émergence de Galinsoga ciliata
aussi bien que la biomasse. Ces mêmes auteurs indiquent des effets similaires
de la moutarde brune (Brassica juncea L.) sur le Galinsoga
ciliata.
Quoique le Galinsoga ciliata soit une plante du groupe photosynthétique C3,
les résultats obtenus rappellent ceux rapportés par Romdhane et al. (2017)
pour le vétiver (Chrysopogon zizanioides L.), une plante fourragère du groupe C4, qui ont observé un
accroissement significatif de la production de la matière sèche quand augmente
l’ombrage. En effet, selon ces auteurs, l’ombrage augmente le nombre de talles
du vétiver, la longueur de la partie aérienne, la surface foliaire, le nombre
de feuilles par plante et la teneur en matière sèche. Dans cette logique, le Galinsoga ciliata,
tout comme le vétiver pourrait être cultivé sous l’ombre de plus grandes
plantes.
Les données relatives à la teneur de la matière sèche en
cendres (et donc inversement en matières organiques) montrent que cette teneur
en cendres décroît en fonction de l’apport en urée au sol. Cette décroissance
est d’autant plus brusque que le sol non amendé est pauvre en azote.
L’augmentation de l’ombrage a aussi un effet similaire mais plus palpable. La
teneur en cendres de la matière sèche décroît de 45 % globalement quand
l’ombrage passe de 0 % à 75 % avec des tendances spécifiques pour chaque type
de sol et le niveau d’apport en urée. En revanche, si l’on considère la
décroissance liée à l’apport d’urée, elle ne représente que 11 %
comparativement à l’ombrage. Cette tendance se maintient quels que soient
l’origine du sol et le niveau d’ombrage.
Les résultats ainsi obtenus tiennent à une explication
liée aux mécanismes d’absorption de l’azote sous sa forme ammoniacale et des
autres cations. Les résultats auraient pu être différents si l’azote était
apporté au sol sous forme sa forme nitrique.
Les différentes teneurs en cendres de la matière sèche du
Galinsoga sont conformes aux données
rapportées par Hamdani
(2020) selon lesquelles la teneur des végétaux en cendres dépasse rarement les
5 % du poids de la matière sèche alors que Didier
(1986) les situent entre 2,75 et 4,5 % de la matière sèche, ce qui se conforme
parfaitement à la plage de variation des moyennes des cendres dans la matière
sèche pour les différentes apports d’urée et les différents niveaux d’ombrages
appliqués pendant la présente expérimentation sur Galinsoga
ciliata.
En tenant compte de l’absorption racinaire des sels, Hamdani (2020)
relève une préférence pour les cations que pour les anions. Les racines
absorbent les cations dans cet ordre décroissant : NH4+, K+, Mg2+, Ca2+, Na+ et pour les
anions dans l’ordre décroissant suivant : NO3-, Cl-, H2PO4-, SO42 .
Selon Hamdani
(2020), en plus d’une absorption passive due à l’évapotranspiration et donc à
un gradient de pression osmotique entre les racines et les feuilles, l’énergie
issue de la photosynthèse améliore l’absorption des éléments minéraux. Il
devient donc clair que quand l’éclairement diminue, l’ammonium (NH4+) sera toujours
mieux absorbé que les sels minéraux d’abord compte tenu de la préférence par
les racines liées à sa facilite d’échange cationique mais la part des cations et des sels minéraux diminuera à la suite des
effets combinés de la chute de l’évapotranspiration et de l’énergie
photosynthétique.
L’explication quant à ce tiendrait d’une part de
l’éclairement et d’autre part de l’évapotranspiration qui serait meilleure
alors que les feuilles qui reçoivent directement la lumière et la chaleur
solaires seraient plus sollicitées par l’évaporation et donc le reflux de la
sève brute que lorsque le rayonnement solaire direct est obstrué partiellement
par l’ombrage.
De même que l’a constaté Didier
en 1986 chez les graminées, l’on constate que les parcelles de Galinsoga ciliata à
haute teneur en matières sèches contiennent le moins de matières minérales.
Cette relation négative est clairement établie pour les différents ombrages
mais se retrouve bouleversée par les différents niveaux d’apports en urée.
En effet, plusieurs auteurs dont notamment Hamdani (2020)
et Jaenicke
(2006) révèlent que l’évapotranspiration permet une absorption passive de
certains sels minéraux tandis qu’il y a un besoin d’énergie supplémentaire pour
l’absorption active d’autres minéraux au niveau racinaire.
La quantité de matière
sèche produite par unité de surface pour les différents traitements n’est pas
proportionnelle au nombre de plants sur une unité de surface. Ce résultat
conforte ceux obtenus par Rai et Tripathi en 1983 qui stipulent que la
quantité de matière sèche produite augmente avec la densité de plants mais pas
de manière linéaire. Si l’on s’en tient aux observations de Didier (1986), la composition en
matières azotées du Galinsoga ciliata obtenue dans la présente recherche est
jusqu’à 3 fois supérieure à celles des graminées du Sahel qui ne dépasse pas
les 7 % à au stade juvénile. Gang et
al. (2018) ont remarqué un effet positif de l’apport en azote sur la
production en biomasse sèche du Galinsoga ciliata, un effet négatif de l’ombrage mais surtout une
interaction de l’éclairement et de l’apport azotée.
Différentes explications
concourent en une montée puis une diminution de la teneur de la matière sèche
en matières azotées en fonction de l’ombrage et de l’apport en urée. En ne
parlant que d’ombrage, un éclairement total devrait être responsable d’une
augmentation de la quantité de la matière sèche produite et de sa teneur en
azote conformément aux actions d’une meilleure absorption de l’ammonium grâce à
une photosynthèse accrue et à une évapotranspiration élevée comme le suggère Hamdani
(2020). Cela va de soi que la teneur de la plante en azote en sortira améliorée
si des quantités croissantes d’urée sont disponibles au niveau du sol.
Effectivement, Kocon
(2010) indique chez la féverole (Vicia faba ssp minor L.) que quand des quantités croissantes
d’urée sont amenées à la plante, la photosynthèse en sort améliorée et même la
teneur de la plante entière en azote augmente.
Toutefois, comme le dit
bien Jaenicke
(2006), l’ouverture des stomates est maintenue en basse température (donc sous
ombrage) qu’en haute température. L’ombrage devrait dans ce sens favoriser une
activité photosynthétique élevée mais la quantité de lumière dans ce cas
serait le facteur limitant. De même, Rai et Tripathi (1986) ont observé une
augmentation de la surface foliaire chez Galinsoga
ciliata sous ombrage. Chez les haricots et les
niébés, Kimani et Osborne (2005) ont constaté aussi que
l’activité photosynthétique est diminuée par les hautes températures simulées au
niveau des racines. Ces conditions décrites sont celles qui prévalent dans les
endroits non ombragés.
Néanmoins, Jaenicke
(2006) note que, malgré l’ouverture des stomates, la même activité
photosynthétique peut être limitée par un faible éclairement qui induirait une
diminution de la matière sèche et aussi une accumulation de l’ammonium dans la
plante et sa transformation en ammoniac dont la toxicité selon Hamdani (2020)
pourrait induire une réduction du rendement de la plante.
Rai et Tripathi (1986) quant à eux ont trouvé
que les plants de Galinsoga ciliata maintenus sous ombrage sont plus résistants à l’application
de l’herbicide 2,4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique) que les plants
sans ombrage. Ceci prouve que dans certaines conditions lui imposées, le Galinsoga ciliata
pourrait mieux s’adapter sous ombre qu’à la lumière.
Il est important de
mentionner la remarque de Mohler et al. (2021) pour qui la croissance
du Galinsoga ciliata
est intimement liée à la disponibilité de l’azote, du phosphore et du potassium
mais que la réponse à l’apport du phosphore sans azote ajouté est bien
meilleure que le contraire. Ces auteurs notent que quand l’apport en azote et
en potassium est réduit, le Galinsoga parviflora contrairement au Galinsoga
ciliata est capable d’un développement
racinaire puissant.
Les résultats obtenus sur la teneur du Galinsoga ciliata en
cellulose rappellent ceux des recherches de Romdhane et al. (2017) sur
l’impact de l’ombrage sur le vétiver, qui ont néanmoins révélé une augmentation
significative de la teneur des plantes ombragées en cellulose par rapport aux
plantes non ombragées. Ces auteurs indiquent que pour le vétiver l’ombrage
n’affectait pas l’énergie digestible de la plante entière qui se maintenait à
0,8 UFL (unité fourragère lait) par kg de matière sèche quel que soit le niveau
d’ombrage.
À l’issue des expérimentations menées dans la
périphérie agricole de la Ville de Butembo, le Galinsoga ciliata
qui est utilisé localement comme une plante fourragère pour les lapins et
d’autres herbivores comme le porc et le cobaye est une plante qui supporte
l’ombrage et de cette manière pourrait être associé aux cultures vivrières sans
qu’il souffre substantiellement d’un éclairement réduit. Il est cependant
exigeant en azote et répond positivement à un apport croissant en urée. C’est
la raison pour laquelle il devrait être associé aux plantes moins exigeantes en
azote comme les légumineuses ou alors dans un écosystème agricole où l’azote
n’est pas le facteur limitant.
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[1] Docteur en Sciences agronomiques de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu/RDC): mbusakito@gmail.com.