https://doi.org/10.57988/crig-2339
Lisette Menomavuya
Grâce[1]
Résumé
Ce travail est le fruit
d’une réflexion portée sur la normalisation et la consolidation des cours d’eau
en Ville de Butembo dans la vallée de la rivière de Wayimirya.
L’objectif principal est de saisir le processus de sa dégradation et de dresser
une ligne de conduite impliquant une meilleure gestion de ses ressources
naturelles. Et pour l’atteindre, nous recourons aux méthodes descriptive et
déductive pour l’analyse des données. Elles sont appuyées par les techniques
documentaires et celles d’observation pour la collecte de ces données.
Après le dimensionnement
des ouvrages, nous avons que, pour les ouvrages de régulation, le bassin
de rétention avec comme le volume de 2848,824 m3 pour chaque rive de
la Wayimirya ; un bassin de dissipation
d’énergie de longueur 21,358 mètres. Et pour les ouvrages de stabilisation, un
mur de soutènement de hauteur 9,8 mètres a été considéré et un canal à ciel
ouvert de 0,81 mètre de tirant d’eau ; 7,12 mètres de largueur au miroir. Ainsi,
la zone non constructible de 152,97 mètres pour la durabilité de ces ouvrages a
été considérée de part de d’autre de la rive de la Wayimirya.
Mots clés : Érosion, éboulement,
normalisation, consolidation.
Abstract
This
work is the fruit of a reflection on the normalisation
and consolidation of waterways in the town of Butembo
in the Wayimirya valley. The main objective of this
work is to grasp the process of its degradation and to draw up a course of
action involving a better management of its natural resources. To achieve this,
we use descriptive and deductive methods for data analysis. They are supported
by documentary and observation techniques for data collection.
After
the dimensioning of the structures, we have remarked that, for the regulation
structures, the retention basin with a volume of 2848.824 m3, for each bank of
the Wayimirya; an energy dissipation basin with a
length of 21.358 metres. And for the stabilisation works, a retaining wall of 9.8 metres height was considered and an open channel of 0.81 metres draught, 7.12 metres width
at the mirror.Thus, the
non-constructible zone of 152.97 metres for the
durability of these structures was considered on both sides of the Wayimirya river bank.
Key words: Erosion, rockfall, normalisation, consolidation
Les
bassins versants sont des surfaces topographiques de drainage ou de captage où
l'eau est recueillie et s'écoule pour alimenter les lacs, les fleuves et les
océans. Ce sont des zones de production agricole, d'extension urbaine,
d'emprise industrielle et touristique et plus de la moitié de la population de
la planète en dépend directement (BANGABANGA, 2017).
Pourtant,
au cours de trente dernières années, ces bassins versants ont été exposés à une
menace croissante. Les berges des rivières, comme la plupart des espaces
ruraux, ont subi des modifications de leur état naturel dues soit à l'abandon
des pratiques anciennes d'entretien soit à l'implantation d'habitations, de
cultures et des routes sur leurs rives. Dans de nombreux cas, les cours d'eau
ont été transformés en de véritables fossés par le ravinement et les dommages
qui s'en suivent sont énormes (MPAWENAYO, 2008). Ce phénomène d'érosion du sol
reste donc aujourd'hui le plus grand problème environnemental menaçant plus
d'un pays dans le monde.
En
Ville de Butembo, le ravinement de fond de la vallée ne présentait pas de
risque majeur il y a soixante ans. Désormais, le phénomène s'amplifie d'année
en année et il génère différents problèmes connexes, notamment les
affaissements ainsi que d'autres différents types de mouvements de masse
(MWENGESYALI, 2009). Les répercussions se produisent au niveau des avenues, des
ponts en bois et en matériaux durables, des lignes du courant électrique et les
conduites des eaux (TSONGO, 2010). On enregistre aussi des noyades des bétails
et d'autres biens. Des quartiers entiers sont isolés les uns des autres à la
suite du ravinement. Ce qui constitue un blocage pour le développement durable
de la circonscription urbaine (SUMBU, 2008).
Le
phénomène de ravinement n'a pas épargné le bassin versant de la rivière Wayimirya au sud-est
de la circonscription urbaine de Butembo. Elle a entraîné la dégradation de son
environnement en plusieurs endroits et à un rythme préoccupant. Il s'agit là
d'un problème majeur auquel est confrontée la population de ce bassin versant
dont il convient de reconnaître la haute fonction écologique et sociale.
Globalement,
ce travail cherche à faire l'étude du milieu physique du bassin versant de la
rivière Wayimirya en vue de saisir le processus de sa
dégradation et dresser une ligne de conduite impliquant une meilleure gestion
de ses ressources naturelles. Cela étant, nous procédons à la caractérisation
et à l'évaluation de la dynamique érosive de ce bassin.
Quant
aux objectifs spécifiques, le présent
travail vise à mettre au point l'analyse du bassin versant de la rivière Wayimirya dans sa complexité, la formulation et l'adoption
des mécanismes pour son aménagement, la détermination des causes profondes
d'une gestion insatisfaisante de ce capital, la protection du sol, des
infrastructures en aval et des investissements publics et la réalisation des
cartes présentant certaines de ce bassin versant pour une gestion efficiente. Dans
le cadre des caractéristiques ce travail, nous avons recouru à des méthodes
descriptive et inductive, aux techniques documentaire et d’observation (la
visite de reconnaissance du milieu).
La
rivière de Wayimirya se trouve en Ville de
Butembo ; et cette dernière est
l'une des villes que compte la province du Nord-Kivu située au nord-est de la
République Démocratique du Congo. La circonscription urbaine est située entre
0°05' et 0°10' de latitude nord et 29°17' et 29°18' de longitude est.
L'altitude moyenne est de 1750 m. La ville se trouve à 17 km au nord de l'équateur.
Elle est située à proximité de la dorsale occidentale du Rift Albertin au
nord-ouest du lac Edouard. La superficie de la ville est établie à 158,95 km2
(SAHANI, 2011).
|
|
|
|
|
|
Un mouvement de terrain
est un déplacement plus au moins brutal du sol ou du sous-sol, sous l’effet
d’influence naturelle (agent d’érosion, pesanteur, séisme, etc.) ou mieux anthropique
(exploitation, déboisement, terrassement, etc.). Ce phénomène comprend bien diverses
manifestations : lentes ou rapides en fonction de mécanismes initiateurs, de
matériaux considérés et de leur structure.
Les mouvements de terrain
sont liés à un mouvement gravitaire de masses de terrain déstabilisés sous
l’effet des sollicitations naturelles (fonte de neige, pluviométrie
anormalement forte, secousses sismiques, diminution de butée par érosion de la
mer,) ou anthropiques (terrassement, vibration, déboisement, exploitation des
matériaux ou de nappes aquifères. Toutes les classifications se basent sur
l’association de plusieurs informations. Les types de mouvements et types de
matériel auxquels s’ajoutent des informations sur l’activité et la vitesse des
déplacements (SAHANI, 2011).
Le mouvement de terrain a
pour caractéristique d’être difficilement prévisible et constitue un danger
pour la vie humaine en raison de son intensité, de la soudaineté et du
caractère dynamique de son déclenchement.
Selon la vitesse de
déplacement, deux ensembles peuvent être distingués: Les mouvements lents et les mouvements rapides. Seuls les mouvements rapides sont directement
dangereux pour l’homme. Leurs conséquences sont d’autant plus graves que les
masses déplacées sont importantes. Les conséquences des mouvements lents sont
essentiellement socioéconomiques ou d’intérêt public (SAHANI, 2011).
Les mouvements lents et
continus : Par l’homme. Ils regroupent l’affaissement, le tassement, le
glissement, la solifluxion, le fluage, le retrait-gonflement et le fauchage.
Ils touchent principalement les biens à travers la fissuration des
constructions. Ces désordres peuvent se révéler si grave pour la sécurité des
occupants et, par conséquent, la démolition des bâtiments s’impose.
Les mouvements rapides et
discontinus : Ils se propagent de manière brutale et soudaine. Ils
regroupent l’effondrement, les chutes de pierres et de blocs, l’éboulement et
les coulées boueuses. Les
mouvements rapides touchent majoritairement les personnes avec des conséquences
souvent dramatiques. Ces mouvements ont des incidences sur les infrastructures
(bâtiments, voies de communication…etc.), allant de la dégradation à la ruine
totale.
Les instabilités des
pentes peuvent se produire suite à l’influence de plusieurs facteurs, tels que
la topographie, la géologie, les caractéristiques du sol ou leurs changements
provoqués par le développement géologique, ou de facteurs plus complexes, à la
fois naturels (précipitation, séismes, érosion) et artificiels (changements
dans la forme de la pente en raison des terrassements, changements dans la
nappe phréatique en raison d'un réservoir d'eau…). En particulier, la plupart
des glissements affectant les grandes routes sont causés par les changements de
la géométrie de la pente dus aux déblais et remblais.
Une bonne partie des
instabilités de terrains (40 %) demeure donc liée à des interventions humaines
qui fragilisent plus des zones déjà susceptibles au glissement.
Nous pouvons citer les
surcharges au sommet du talus (remblai et l’entreposage temporaire ou permanent
de matériaux divers) ; les déblais ou les excavations à la base du talus ;
la concentration d’eau vers la pente ; la déforestation ; les
explosions au cours des travaux de démolition, de carrières, de réalisation des
routes et des tunnels, des explosifs sont souvent utilisés pour la destruction
des matériaux durs qui présentent des obstacles pour l’avancement des travaux.
Le transport des solides
est un phénomène à seuils avec deux modes : le charriage qui est la translation
en masse des matériaux du fond ; la suspension, grand entraînement par le
courant turbulent dans toute section d’écoulement (KYAVULIKIRWA,
2016). Le charriage et la suspension ont sur la morphologie des influences très
différentes. Le charriage est en constante interaction avec le lit mineur. Les
matières en suspension ont beaucoup moins d’interactions avec ceux du fond ;
ils se déplacent à la vitesse du courant et ils ne font que passer, jouent
rarement un rôle morphologique important.
La classification des
écoulements dans un canal peut se faire selon la variation de la profondeur h
par rapport au temps ou à l’espace. Les types d’écoulement rencontrés en
hydraulique fluviale sont résumés comme suit (CRAFF, 2005): Pour faire une
classification des écoulements suivant leurs régimes, deux nombres
adimensionnels sont utilisés (CRAFF, 2005).
1)
Écoulement permanent
2)
Écoulements non-permanents
Le
nombre de Froude « Fr » :
qui résulte du rapport
entre la force de gravité et celle d’inertie (LENCASTRE,
1996).
Où
: Q : Débit ; B : Largeur au miroir ; A : Section d’écoulement ;
U: Vitesse moyenne et g : Accélération de la pesanteur. D’où l’écoulement
fluvial : Fr ˂1 ; l’écoulement torrentiel : Fr > 1 ; l’écoulement
critique : Fr = 1 ; le nombre de Reynolds « Re » :
qui résulte du rapport entre la force d’inertie et la force
de frottement Ffr.
Dans le cas des canaux à
fond mobile, on a U comme vitesse moyenne
d50
: diamètre médian ; ν: Viscosité cinématique et le nombre de Reynolds
permet de classer les écoulements comme suit : l’écoulement laminaire :
Re<2000 et l’écoulement turbulent : Re>2000 et aussi l’écoulement
critique se présente comme suit : Re
2000
Le cours d’eau «Wayimirya » prend source dans les collines de Vulema-Vuhika. Il traverse de pentes modérée, mais son
débit d’étiage mesuré à son embouchure est assez grand de 144l/s. Ce cours
d’eau a une longueur totale de 2990,27m. Le bassin versant de la Wayimirya a une forme allongée comme le montre les valeurs
du tableau ci-dessous :
Tableau
1. Caractéristiques physiographiques du bassin versant
|
Paramètre |
Unités |
Valeur |
|
Superficie Périmètre Dénivelée totale Longueur du rectangle équivalent Largeur du rectangle équivalent Longueur du cours d’eau Coefficient de Gravellius Pente moyenne Longueur hydraulique |
km² m m m m m - (%) m |
3,27 10240,074 67 4369,9 750,08 2990,27 3,56 1,5 4182,17 |
Un prélèvement d’un
échantillon a été fait à une profondeur de 6,5m et l’analyse est la
suivante :
-
Granulométrie : sols
limoneux avec 4 % de gravier ;
-
Limites de consistance ou
limites d’Atterberg : très consistante ;
-
Essai de cisaillement
rectiligne : l’inclinaison de la ligne de rupture par rapport à
l’horizontal sera l’angle de frottement ϕ=48° et la cohésion C= 16KN/m² ;
-
Essai œdométrique ou
essai de Tarzaghi.
En considérant que nous
avons un écoulement uniforme dans la section, le tableau suivant nous montre
comment la vitesse et la tension varient en fonction du débit
Tableau
2. Variation de la vitesse et de la tension en fonction du débit
|
H |
A
(m²) |
P(m) |
Rh |
Ks |
Vitesse |
Qi |
τ |
|
0,1 |
-0,0031 |
-0,0312 |
0,1 |
44,4 |
0,001 |
-2,08E-06 |
30 |
|
0,2 |
-0,0125 |
-0,0624 |
0,2 |
44,4 |
0,001 |
-1,66E-05 |
60 |
|
0,3 |
-0,0281 |
-0,0937 |
0,3 |
44,4 |
0,002 |
-5,61E-05 |
90 |
|
0,4 |
-0,0500 |
-0,1249 |
0,4 |
44,4 |
0,003 |
-1,33E-04 |
120 |
|
0,5 |
-0,0781 |
-0,1561 |
0,5 |
44,4 |
0,003 |
-2,60E-04 |
150 |
|
0,6 |
-0,1124 |
-0,1873 |
0,6 |
44,4 |
0,004 |
-4,49E-04 |
180 |
|
0,7 |
-0,1530 |
-0,2186 |
0,7 |
44,4 |
0,005 |
-7,13E-04 |
210 |
|
0,8 |
-0,1998 |
-0,2498 |
0,8 |
44,4 |
0,005 |
-1,06E-03 |
240 |
|
0,9 |
-0,2529 |
-0,2810 |
0,9 |
44,4 |
0,006 |
-1,52E-03 |
270 |
Tableau 3. Calcul de la
section stable
|
Τ (N/m²) |
H
(m) |
V( m/s) |
B
(m) |
A
(m²) |
Qi
(m3/s) |
Q
(m3/s) |
B'(m) |
|
10,4 |
0,03467 |
40,1993 |
0,03011528 |
-0,000375 |
-0,01508449 |
24,11 |
24,0972103 |
La section aurait une
largeur de 24,097m. On ne peut pas envisager la mise en place artificielle d’une
telle section d’où la nécessité des ouvrages hydrauliques de stabilisation du
lit.
Précédemment, on a montré
que la section stable serait extrêmement large. Par ailleurs, il est improbable
que cette section idéale puisse se façonner naturellement. L’urgence s’impose
de construire des ouvrages de stabilisation du site pour protéger les
différentes infrastructures se trouvant aux environs du ravin.
La solution proposée va
dans le sens de remblayer le ravin avec du sol dont la qualité sera définie
dans la suite. C’est donc sur ce remblai que sera construit un canal à ciel
ouvert pour l’évacuation des eaux pluviales. Le remblai sera soutenu en aval
par un mur de soutènement en béton armé. Comme l’eau aura atteint un niveau
suffisamment élevé (en aval) par rapport au lit de la rivière Wayimirya, un déversoir bien muni d’un ouvrage de
régulation des vitesses devra être construit.
Les dimensions et la
pente d’une canalisation doivent répondre à certaines conditions : Le coût de la canalisation impose que l’on
dimensionne un canal de section minimale pour un débit maximal et une pente
donnée ; le canal devra
supporter le débit maximal pouvant survenir après une période de retour donnée
sans débordement ; la vitesse minimale de l’eau dans le canal
correspondant au débit minimal devra permettre de bien éviter le dépôt de
matériaux dans le canal et enfin, la vitesse maximale de l’eau dans le canal ne
devra pas provoquer l’abrasion ou la destruction du canal
Les
sections les plus adaptées pour l’évacuation des eaux pluviales sont les
profils rectangulaire et aussi trapézoïdal. Ils sont choisis parce qu’ils
facilitent le curage en cas de fortes précipitations engendrant un transport
solide intense. Pour le cas présent, le profil trapézoïdal est le mieux indiqué. En
effet, quoi qu’encombrant, le profil trapézoïdal est économique et présente une
capacité hydraulique élevée par rapport au profil rectangulaire (pour les
canaux à ciel ouvert).
Ce
profil assure aussi la stabilité des berges et du talus. Le corps de la
canalisation sera en maçonnerie de moellons (Kst =
50m1/3/S), car ces matériaux sont disponibles sur le sol Butembo.
Le profil-type d’un canal trapézoïdal
peut être schématisé de la manière suivante:

Figure 1. Représentation graphique d’une section
trapézoïdale
Posons ![]()
Les paramètres hydrauliques peuvent être exprimés
en fonction de λ comme suit (LAMAS,
1985) :
Tableau
4. Paramètres hydrauliques d’un canal trapézoïdal.
|
Paramètres |
Expressions |
|
Emprise du canal (B) |
|
|
Section mouillée (A) |
|
|
Périmètre mouillé (P) |
|
|
Rayon hydraulique (Rh) |
|
L’expression
de Manning Strickler pour un écoulement uniforme de hauteur H donne la
vitesse dans la canalisation :

La
formule ci-haut permet d’exprimer la hauteur H en fonction du débit Q.

La
dérivée de A par rapport à λ donne la valeur de λ pour la section la
plus économique : ![]()
Comme
la section du canal dépend du coefficient d’accolement p, la condition
donne la section trapézoïdale doublement économique avec :
et ![]()
En adoptant comme paramètre d’entrée :
-
Pente
des berges : p = 1, 732
-
Débit
de projet : Q = 24,11m3/s
-
Pente
du canal : I = 0,03
Tableau
5. Fiche de dimensionnement du canal
|
λ |
H(m) |
b(m) |
B(m) |
A(m²) |
P(m) |
Rh(m) |
V(m/s) |
|
5,32 |
0,81 |
4,31 |
7,12 |
4,63 |
9,32 |
0,61 |
0,84 |
|
A |
H(m) |
b(m) |
B(m) |
|
5,32 |
0,81 |
4,31 |
7,12 |
D’où
le profil en travers de la canalisation (pouvant supporter la poussée
horizontale sur les berges de l’ordre de 5KN/m) se présente comme suit :

Figure 2. Profil en travers de la canalisation
projetée
La
construction des ouvrages sur des remblais est à l’origine des problèmes
difficilement solvables si des précautions ne sont pas prises à l’avance : Le
tassement pouvant dépasser la valeur admissible ; le gonflement suivi du
retrait entraînant la fissuration de l’ouvrage, sa mise hors d’usage ou sa
destruction.
Dans
de telles conditions, les exigences du remblai sont les suivantes: Le sol de
remblai doit avoir une insensibilité à l’eau. Cela permettrait d’éviter le
gonflement pendant la saison pluvieuse suivi du retrait pendant la saison
sèche. Normalement, c’est l’argile qui est à l’origine de ce phénomène. Il
faudra alors écarter les sols riches en argile. Le sol de remblai doit avoir
une portance et une résistance mécanique suffisante leur permettant de
supporter la charge de l’ouvrage. Ainsi donc, son poids volumique devra être
supérieur à 16KN/m3, tandis que les sols compressibles riches en
matières organiques sont à éviter. Et enfin, la teneur en eau de ce remblai
doit être compatible à son compactage éventuel
Le
remblayage de notre ravin devra être exécuté comme représenté sur le schéma :

Figure 3. Profil en travers du ravin
1. Le remblai du fond devra remplir les conditions
évoquées dans le paragraphe ci-haut. Il ne nécessite pas un compactage
très énergique, le passage des engins du génie civil lors du déchargement et de
l’étalement du remblai suffit pour avoir un résultat voulu. Là où ces engins
n’arrivent pas, il faut faire un simple compactage manuel par couche de 30 cm.
2.
La deuxième couche de remblai est en latérite. Il sera compacté à 95 % OPM sur
une couche de 25 cm.
3.
Couche de béton de propreté d’épaisseur 7 cm.
4.
Il s’agit de la couche de sable pour le drainage du remblai derrière la berge
de la canalisation. Cette couche doit avoir une épaisseur minimale de 30 cm.
5.
Le corps de la canalisation.
Le mur de soutènement
projeté soutiendra le remblai sur une hauteur de 8,8 m et une longueur de 14 m.
Il sera ancré à 0,88 m, donc une hauteur totale de 9,68 m. Ce mur de
soutènement sera en béton armé pour avoir une résistance suffisante ; les murs
en moellons n’étant pas bien adaptés pour les grandes hauteurs. Les dimensions
mentionnées ci-dessous respectent les dimensions usuelles des murs de
soutènement en béton armé.

Figure 4.
Schéma descriptif du mur de soutènement
Un mur de soutènement en
béton armé doit sa stabilité à son poids propre et au poids remblai. On aura
donc à calculer le poids propre du mur et celui du remblai. Nous optons pour
l’utilisation du béton de classe B25 avec
des armatures en acier Bst 420 (norme
DIN).
Tableau 6. Calcul des
forces dues au poids
|
Paramètres
|
Dimensions
|
Valeurs |
|
|
m |
0,2 |
|
|
m |
1,67 |
|
|
m |
2,45 |
|
N |
m |
0,88 |
|
T |
m |
0,88 |
|
H |
m |
8,8 |
|
H |
m |
9,68 |
|
α (pente de
la paroi interne du mur) |
° |
25,5 |
|
ẞ (pente du terrain naturel) |
° |
40, 3 |
|
Δ |
° |
26 |
|
|
KN/m |
26,76 |
|
|
KN/m |
74,8 |
|
|
KN/m |
110 |
|
|
KN/m |
388,08 |
|
|
KN/m |
44,1 |
L’effort sur le fût du
mur est causé par le remblai se trouvant derrière le mur et les surcharges
éventuelles sur le remblai. U. P.SCHMITZ propose que les surcharges soient
évaluées à 10KN/m² pour bien tenir compte du chargement dû aux engins de
construction. La poussée totale est :
![]()
Avec :
Pa : poussée du sol (pulvérulent)
Pq : poussée due aux surcharges
Pc
: force opposée à la poussée à cause de la cohésion du sol.
![]()
Où Ka est le coefficient de poussée qui est
donné par :

![]()
Avec ![]()
![]()
Avec ![]()
La force ascensionnelle Pw apparaît en cas d’existence d’une nappe d’eau ou
d’inondation du terrain. Elle a un sens opposé à celui du poids.

Figure 5.
Force ascensionnelle sous un mur de soutènement
Pw Où
: D : L’ancrage de la semelle 0,88m.
B
: Largeur de la semelle.
Tableau 7. Calcul de
l’effort sur le mur de soutènement
|
Paramètres |
Dimensions |
Valeur |
|
φ(angle de frottement interne) |
° |
39 |
|
|
° |
26 |
|
φ(pente de la paroi interne du mur) |
° |
25,5 |
|
β(pente du terrain naturel) |
° |
40,3 |
|
|
kN/m3 |
20,70 |
|
Ka |
- |
0,016 |
|
Kq |
- |
0,036 |
|
Kc |
- |
-0,747 |
|
Pa |
kN/m |
35,8833 |
|
Pq |
kN/m |
-5,8204 |
|
Pc |
kN/m |
-0,0046 |
|
P w |
kN/m |
-52,8 |
|
E |
kN/m |
77, 832 |
Tableau
8. Calcul du moment résultant (mur de soutènement)
|
Désignation |
Forces (kN/m) |
Bras de levier (m) par rapport à C |
Moment [kN.m/m] |
|
|
Verticales |
Horizontales |
|||
|
|
26,76 |
- |
0,11 |
2,86 |
|
|
74,8 |
- |
0,38 |
10,168 |
|
|
110 |
- |
0 |
0 |
|
|
388,08 |
- |
-1,275 |
-140,25 |
|
|
44,1 |
- |
-1,683 |
-653,138 |
|
Pa |
- |
35.8833 |
3,22 |
115,544 |
|
Pq |
- |
-5.8204 |
4,84 |
-28,170 |
|
Pc |
- |
-0,0046 |
3,22 |
-0,0148 |
|
P w |
-52,8 |
- |
0 |
0 |
|
E |
- |
59,094 |
3,22 |
250,61 |
|
Somme |
590,94 |
89,152 |
|
-260,013 |
L’excentricité (e)
est définie comme étant le rapport du moment résultant de la somme des
composantes verticales :
; on trouve: e=0,44 m <
m; ce qui nous permet de conclure que la résultante des
forces passe par le noyau central de la semelle.
Le coefficient de
sécurité contre le glissement est correctement donné par :

La sécurité contre le
glissement est assurée [Norme DIN] lorsque : ![]()
Tableau
9. Vérification de la sécurité au glissement
|
Paramètres |
Dimension |
Valeur |
|
j |
° |
39 |
|
d |
° |
26 |
|
C |
kN /m2 |
0,001612 |
|
B |
m |
5,00 |
|
Ff |
kN /m |
696,57 |
|
SH |
kN /m |
89,152 |
|
hg |
- |
7,81 |
hg
=7,81 > 1,5 : La sécurité contre le glissement est assurée
Le coefficient de
sécurité contre le renversement est défini par :
![]()
SMS : somme des moments stabilisants
SMR : somme des moments déstabilisants (de
renversement)
La
sécurité contre le renversement est assurée [Norme DIN] lorsque :
1,5
Tableau 10. Vérification de la
sécurité au renversement
|
Action |
Forces (kN/m) |
Bras de levier (m) par rapport à 0 |
Moment [kN.m/m] |
|
||
|
V |
H |
Stabilisant |
Renversement |
|||
|
|
26,76 |
- |
2,39 |
63,956 |
|
- |
|
|
74,8 |
- |
2,12 |
158,576 |
|
- |
|
|
110 |
- |
2,5 |
275 |
|
- |
|
|
388,08 |
- |
3,775 |
1465,002 |
|
- |
|
|
44,1 |
- |
4,183 |
184,47 |
|
- |
|
Pa |
- |
35.8833 |
3,22 |
|
115,544 |
- |
|
Pq |
- |
-5.8204 |
4,84 |
|
-28,170 |
- |
|
Pc |
- |
-0,0046 |
3,22 |
|
-0,0148 |
- |
|
P w |
-52,8 |
- |
2,5 |
|
-132 |
- |
|
E |
- |
57.832 |
3,22 |
|
190,28 |
- |
|
Somme |
590,94 |
89,152 |
|
2147,005 |
145,641 |
14,74 |
Le coefficient ηR obtenu montre que le mur de soutenement pourra bien résister au renversement.
Pour que la sécurité à la
rupture du sol de fondation soit assurée, il faut que le rapport entre la
contrainte admissible et à la contrainte maximale de l’ouvrage sur le
sol soit supérieur à 1,5, c’est à dire :
et ![]()
Par
unité de largeur, on a :

Tableau
11. Vérification de la sécurité à la rupture du sol
|
|
Paramètre |
Formules |
Dimension |
Valeurs |
|
|
|
∑V |
|
kN/m |
590,94 |
|
|
|
B |
|
m |
5 |
|
|
|
E |
|
m |
0,44 |
|
|
|
ϒ du sol |
|
kN/m3 |
18 |
|
|
|
D |
|
m |
0,88 |
|
|
|
C |
|
kN/m2 |
0,0016 |
|
|
|
Φ |
|
° |
39 |
|
|
|
σmax |
|
kN/m2 |
180,59 |
|
|
|
σmin |
|
kN/m2 |
15,2 |
|
|
Les facteurs de portance |
Nq |
|
- |
55,96 |
|
|
Nϒ |
|
- |
297,94 |
||
|
Nc |
|
- |
15,20 |
||
|
|
σadm |
|
kN/m2 |
5400,66 |
|
|
|
Ƞ |
|
29,90 |
||
D’où la sécurité à la
rupture du sol est assurée.
En
tout point de l’ouvrage, la contrainte doit être inférieure à la résistance en
compression de la maçonnerie. En particulier, à la base du mur σmax doit être inférieure à 6 kg/cm2. σmax = 180,59 kN/m2< 6Kg/cm2. D’où la sécurité à
l’écrasement du sol est assurée.
Un
mur de soutènement est un ouvrage qui doit être protégé de toute sollicitation
supplémentaire qui le mettrait en péril. C’est pour cela que le remblayage
derrière le mur se fait d’une façon particulière. Le remblai doit être de
préférence en matériaux pulvérulent et il doit être compacté. Ce compactage ne
sera pas trop fort pour éviter l’augmentation de la poussée des terres.
L’accumulation d’eau derrière le mur a un effet très dangereux, car elle se
traduit par une hausse excessive de la poussée de terre. C’est pour cela qu’on
devra procéder à la dérivation des eaux superficielles pour limiter les
infiltrations et au drainage du remblai.
La
dérivation des eaux superficielles se fait très facilement par l’engazonnement
et par une rigole d’évacuation. Le drainage du remblai quant lui demeure assuré
par un massif filtrant muni de barbacanes pour l’évacuation de l’eau infiltrée.
Ce massif est mis en place à partir de la ligne des barbacanes la plus basse.
Les barbacanes sont espacées de 3 mètres et il faut une ligne des barbacanes
tous les deux mètres de hauteur ; la ligne supérieure étant au niveau du sol. Notons
qu’il faudra prévoir un drain de pied qui est une conduite perforée de diamètre
supérieur ou égal à 20 cm pour acheminer l’eau infiltrée à l’endroit voulu.

Figure 8. Disposition constructives (mur de
soutènement)
Au
niveau du mur de soutènement, l’eau aura atteint 8,8 mètres par rapport au lit
de la rivière Kimemi. Cette énergie potentielle est
si élevée qu’elle causerait une forte érosion en aval. Il faut donc prévoir une
technique pour la dissiper. Le dispositif comprendrait un déversoir suivi d’un
bassin de dissipation et d’un seuil. Ce bassin sera conçu de telle sorte qu’il
puisse permettre l’écoulement de l’eau pendant la période d’étiage (éviter la
stagnation) et assurer son auto-curage.

Figure 9. Schémas de principe du bassin de
dissipation d’énergie
La
transition d’un écoulement torrentiel à un écoulement fluvial se fait par une
discontinuité hydraulique appelée ressaut. Le ressaut assure la transformation
de l’énergie cinétique en énergie potentielle. En considérant les sections 0-0
et 1-1 sur la figure (9) et en assumant que le coefficient des pertes d’énergie
entre les deux sections soit de 0,1 ; l’équation de Bernoulli s’écrit :
(1)
L’équation de continuité
entre 0 –0 et 1-1 s’écrit :
![]()
(2)
En
combinant les deux équations (1) et (2), on trouve V1 et y1.
Comme y1 et y
sont deux hauteurs conjuguées, y2 se calcule par :
La même équation des hauteurs conjuguées
nous permet de calculer le nombre de Froude dans la section 2-2 et on trouve :
![]()
La vitesse dans la section 2-2 est donnée
par :
![]()
Tableau
12. Calcul du ressaut
|
Désignation |
Dimension |
Valeur |
|
hO |
m |
8,8 |
|
H |
m |
0,81 |
|
Vo |
m/s |
0,84 |
|
Qo |
m3/s |
24,11 |
|
L1 (B) |
m |
7,12 |
|
y1 |
m |
4 |
|
V1 |
m/s |
0,846 |
|
Fr2 |
- |
0,134 |
|
y2 |
m |
0,139 |
|
Fr2 |
- |
1,439 |
|
V2 |
m/s |
0,86 |
|
LR |
m |
16,21 |
La
hauteur du seuil doit être supérieure à y1 pour avoir un ressaut net et sa
hauteur doit être telle que la vitesse d’écoulement en aval soit la plus petite
possible pour éviter une érosion excessive. Prenons V=3m/s. Appliquée à notre
cas, la formule donnant la vitesse d’écoulement sur un seuil épais s’écrit (GRESILLON et
al, 1979).
![]()
Avec :
ζ : Coefficient de vitesse pouvant être évalué à 0,95
ΔΗ : y2 – yn : Hauteur du seuil
![]()
La
longueur du bassin de dissipation L est donnée par :
![]()
Tableau13.
Longueur du bassin de dissipation
|
Désignation |
V |
ΔH |
yn |
L |
|
Dimension |
m/s |
m |
m |
m |
|
Valeur |
3 |
0.498 |
0.360 |
21.358 |
Le
déversoir est constitué d’une couche en béton armé reposant sur un remblai bien
compacté. Les berges seront encastrées dans des poutres en béton armé reposant
sur le remblai tout au long de leurs
travées. Le déversoir n’étant très chargé, l’armature servira à améliorer sa
solidité et ainsi limiter l’abrasion (destruction) et les fissurations
probables.
Cette
berge a une épaisseur de 15 cm et une hauteur de 0,81m. Elle est encastrée dans
la poutre et elle est sollicitée par la poussée de l’eau comme illustrée sur le
schéma suivant :

Figure 10. Actions sur les berges du
déversoir
Le moment M engendré par cette force est
égal à :
Tableau 14. Armature
contre la flexion dans la berge du déversoir
|
Pe |
Me |
ms |
ω2 |
As |
|
3,28 |
0,85 |
0,09 |
0175 |
0,54 |
|
|
Armature
principale |
|
Diamètre (mm) |
6 |
|
Nombre |
1 |
|
Ecartement (cm) |
20 |
|
Section d’armature (cm²/m) |
1,13 |
La hauteur des berges du bassin de
dissipation devra être suffisante pour qu’elles ne soient pas dépassées par
l’eau élevée par le ressaut. Ces berges seront soumises à la poussée de l’eau
et à la poussée du remblai. Ces deux poussées sont opposées et tendent à
s’annuler. La poussée la plus élevée apparaît quand le bassin est vide. À
ce moment, la seule force qui agit est celle du remblai. C’est pour cela que
les berges seront dimensionnées comme un mur de soutènement résistant à la
poussée du remblai. Comme le ressaut projette l’eau à une très grande hauteur
(même jusqu’au remblai), le remblai sera obligatoirement en sol pulvérulent
(Ka≈0,33) pour faciliter le drainage.

Figure 11. Schéma descriptif du bassin de
dissipation
Tableau
15. Forces dues au poids (bassin de dissipation)
|
Paramètre |
Dimension
|
Valeur |
|
a |
m |
0,2 |
|
a1 |
m |
1 |
|
a2 |
m |
0,43 |
|
a3 |
m |
1,14 |
|
a4 |
m |
0,43 |
|
B |
m |
3 |
|
h1 |
m |
0,43 |
|
h2 |
m |
1,6 |
|
h |
m |
5,1 |
|
γsol |
KN/m3 |
18 |
|
γbéton |
KN/m3 |
25 |
|
a |
° |
25,5 |
|
b |
° |
37,57 |
|
P1 |
kN/m |
14,66 |
|
P2 |
kN/m |
25,5 |
|
P3 |
kN/m |
32,25 |
|
P4 |
kN/m |
17,2 |
|
P5 |
kN/m |
144,125 |
|
P6 |
kN/m |
12,717 |
La
force ascensionnelle agissant sur la bêche : Pw2 ;
La
force ascensionnelle agissant sur l’autre partie de la semelle Pw1.

Figure 12. Force
ascensionnelle sous le bassin de dissipation
Tableau 16 : Calcul de
l’effort sur la berge
|
Paramètre |
Dimension |
Valeur |
|
P |
kN/m |
14,794 |
|
Pw1 |
kN/m |
12,9 |
|
Pw2 |
kN/m |
48 |
|
E |
kN/m |
17,076 |
Tableau 16. Calcul du moment résultant (bassin de
dissipation)
|
Désignation |
Forces [kN/m] |
Bras de levier par rapport à C |
Moment [kN/m] |
|
|
V |
H |
|||
|
P1 |
14,66 |
|
-0,35 |
-5,131 |
|
P2 |
25,5 |
|
-0,17 |
-4,335 |
|
P3 |
32,25 |
|
0 |
0 |
|
P4 |
17,2 |
|
1,285 |
22,102 |
|
P5 |
144,125 |
|
0,2 |
28,825 |
|
P6 |
12,717 |
|
0,976 |
12,411 |
|
P |
|
14,794 |
1,7 |
25,149 |
|
Pw1 |
-12,9 |
|
0,285 |
-3,676 |
|
Pw2 |
-48 |
|
1,385 |
-66,48 |
|
E |
|
17,076 |
2,55 |
43,544 |
|
Somme |
185,552 |
31,87 |
|
52,409 |
L’excentricité
:
On trouve: e = 0,28 m <
m ; ce qui nous permet de conclure que la résultante des
forces passe par le noyau central de la semelle.
Tableau
17. Sécurité au glissement (bassin de dissipation)
|
Paramètre |
Dimension |
Valeur |
|
d |
° |
26 |
|
j |
° |
39 |
|
C |
kN /m2 |
0 ,0016 |
|
B |
m |
3 |
|
Fr |
kN /m |
218,72 |
|
∑H |
kN /m |
31,87 |
|
hg |
- |
6,86 |
hg = 6,86>1,5 : La
sécurité au glissement est assurée
Tableau 18. Calcul des moments
stabilisants et déstabilisants (bassin de dissipation)
|
Désignation |
Forces [kN/m] |
Bras de levier par
rapport à O |
Moment [kN/m] |
ηr |
||
|
V |
H |
Stabilisant |
Renversement |
|||
|
P1 |
14,66 |
|
1,15 |
16,857 |
|
|
|
P2 |
25,5 |
|
1,33 |
33,915 |
|
|
|
P3 |
32,25 |
|
1,5 |
48,375 |
|
|
|
P4 |
17,2 |
|
2,785 |
47,902 |
|
|
|
P5 |
144,125 |
|
2,23 |
321,398 |
|
|
|
P6 |
12,717 |
|
2,476 |
31,487 |
|
|
|
P |
|
14,794 |
1,7 |
|
25,149 |
|
|
Pw1 |
12,9 |
|
1,785 |
|
23,026 |
|
|
Pw2 |
48 |
|
2,885 |
|
138,48 |
|
|
E |
|
17,076 |
2,55 |
|
43,544 |
|
|
Somme |
185,552 |
31,87 |
|
499,937 |
230,2 |
2,17 |
ηr = 2,17 > 1,5 :
La sécurité au renversement est assurée
Tableau 19. Fiche de calcul de la sécurité à la
rupture du sol
|
Désignation |
Dimension |
Valeur |
|
∑V |
kN/m |
185,553 |
|
B |
m |
3 |
|
E |
m |
0,28 |
|
Γ |
kN/m3 |
18 |
|
C |
kN/m3 |
0,0016 |
|
j |
° |
39 |
|
σmax |
kN/m2 |
95,58 |
|
σmin |
kN/m2 |
26,20 |
|
Nq |
- |
55,957 |
|
Nγ |
- |
297,96 |
|
Nc |
- |
15,20 |
|
Σadmissible |
kN/m2 |
5400,65 |
|
h |
- |
56,58 > 1,5 |
h
= 56,58 >1,5 :
La sécurité à la rupture du sol est assurée.
En aménageant, nous déterminons la zone
non constructible. Les calculs de stabilité consistent à déterminer la pente à
donner au talus afin d’empêcher le glissement du terrain. Le facteur de
sécurité d’une pente peut être défini de différente manière : en termes de
hauteur critique, de résistance au cisaillement, de moment, de cohésion… ici,
nous utilisons le facteur de sécurité en termes de hauteur critique, Hcr.

Figure 15 : sillon de la vallée de Wayimirya


Au
moment de rupture,
Tableau 20. Fiche de calcul de facteur de
sécurité
|
Désignation |
Dimension |
Valeur |
|
L1 |
m |
5 |
|
L2 |
m |
4,4 |
|
H |
m |
8,1 |
|
b1 |
° |
28,51 |
|
b2 |
° |
31,686 |
|
b |
° |
30,095 |
|
C |
KN/m² |
16 |
|
γ |
KN/m² |
18 |
|
Hcr |
m |
114.95 |
|
qcr |
° |
34.55 |
|
Fs |
- |
14,2 > 1,5 |
Tableau 21. Détermination
de la zone sans construction
|
Désignation |
Formule |
Dimension |
Valeur |
|
b |
- |
° |
30,095 |
|
C |
- |
KN/m² |
16 |
|
γ |
|
KN/m² |
18 |
|
Hcr |
|
m |
114,95 |
|
qcr |
|
° |
34,55 |
|
db |
|
m |
13,976 |
|
dq |
|
m |
166,95 |
|
L |
|
m |
152,97 |
Les
constructions commenceront au-delà de 152,97mètres.
Le principe du bassin de rétention des
eaux pluviales est extrêmement simple. Ce n’est qu’un espace de stockage des
eaux de pluie avant leur rejet dans le milieu naturel ou dans le réseau d’eaux
usées. L’activité biologique à l’intérieur de ce bassin va entraîner un
assainissement partiel des eaux de pluie polluée par différentes substances
présente dans le sol. La capacité d’autoépuration du milieu naturel ou un
traitement supplémentaire complète cet assainissement.
Cette
méthode a été mise en place afin de limiter l’apport soudain d’eaux pluviales
dans le réseau d’eaux usées. Ce type d’équipement est installé souvent en zone
urbain peu dense ou en zone d’habitat individuel. Il faut, de surcroît, que le terrain concerné soit de grande taille,
car l’emprise foncière du bassin est très importante. C’est pour cela que cette
méthode d’assainissement des eaux pluviales a été choisie pour la partie bu
bassin versant de Wayimirya.
~ Le coefficient de
ruissellement
choisi pour le dimensionnement est le coefficient de ruissellement moyen sur le
bassin versant, Cr = 0,726 ;
~ La surface active du bassin
versant : On
définit la surface active du bassin versant comme la somme de surface du sous-bassin
versant du tableau 20 multiplié par le
coefficient de ruissellement. S = 3,27 km² = 327 ha. On a donc Sa =
2,37042 Km² ;
~
Le débit de fuite admissible à l’exutoire du bassin
versant est Q =
24,11l/s. La formule nécessite une valeur en m3/s, la valeur admissible à l’aval est donc Q = 0,02411m3/s ;
~ Calcul de la hauteur
équivalente :
On applique la formule définissant la hauteur équivalente en fonction de la
surface active et du débit de fuite admissible à l’aval. On a
, on en déduit ainsi q = 3,66 mm/h.
~
Détermination
de la hauteur spécifique de stockage : A l’aide de l’abaque en
annexe, on détermine la hauteur spécifique de stockage en fonction de la
hauteur équivalente q pour une pluie de temps de retour 10 ans. On définit Ha
= 24 mm ;
~ Calcul du volume du bassin
de rétention :
On applique la formule définissant le volume en fonction de la hauteur et de la
surface active
. On a donc V = 5697,648 m3.

Nous
proposons deux bassin de rétention un sur le rive de dimensions H = 3 m, l = 22
m et L = 44 m pour un volume de 2848,824 m3.
Au terme de ce travail, ayant pour objet
la normalisation et la consolidation des cours d’eau en Ville de Butembo dans la vallée de Wayimirya d’un cours à lit fortement érodible,
on a constaté que plusieurs branches de génie civil interviennent pour aboutir
à cette fin : l’hydrologie, l’hydraulique fluviale, la mécanique des sols et
fondation, la topographie et la stabilité des ouvrages.
En effet, on ne peut pas dimensionner un
tel ouvrage en ignorant les éléments comme les caractéristiques du bassin
versant, celles de l’averse de projet, c’est-à-dire l’intensité, la fréquence,
la durée et le temps de retour de l’averse ; le débit de pointe et les
caractéristiques géotechniques du lit du cours d’eau. L’explication et la
quantification du phénomène d’érosion ne sont pas des tâches faciles. Pour y
prétendre, il faut parvenir à une bonne caractérisation de la phase solide et celle
liquide. L’eau peut être facilement caractérisée, mais la phase solide l’est
moins voire impossible à cause de son hétérogénéité.
Toutefois, la prise en compte des critères
d’érosion définis dans la littérature, de la topographie pentue du bassin
versant et de la pluviométrie locale permet d’élucider le caractère torrentiel
du cours d’eau et le risque très prononcé d’érosion du lit. Lorsque le lit d’un
cours d’eau est déjà entamé par l’érosion, il est très rare qu’elle s’arrête
d’elle-même par la formation d’une section idéale stable. Quand bien même cette
section se façonnerait, nous avons montré dans ce travail qu’elle serait d’une
largeur inadmissible. Dans un tel cas, il faut toujours songer à la
construction des ouvrages hydrauliques de stabilisation du lit. Ces derniers
permettent de limiter les dégâts avant qu’il ne soit tard.
La
solution, qui est proposée ici, n’est pas l’unique qui existe ; mais elle
respecte les étapes inévitables relatives au problème posé. Dans tous les cas, différentes
mesures d’accompagnement s’imposent et s’avèrent même impératives. Il s’agit de
diminuer l’érosion dans les zones montagneuses par plantation de haies
antiérosives et d’arbres. Cela faciliterait l’infiltration de l’eau et la
diminution du coefficient de ruissellement, également d’encourager
l’aménagement des jardins plus précisément à l’intérieur des parcelles et ainsi
éviter l’imperméabilisation excessive des surfaces. Dans les zones urbanisées,
la rétention des eaux pluviales dans les parcelles permettrait une diminution
sensible de l’eau qui ruisselle. Cette eau servirait à l’irrigation des
jardins, la chasse dans les WC et autres. Nous recommandons également qu’une
étude d’impact hydrologique et environnemental précède tout projet
d’urbanisation.
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[1] Assistante en Construction à l’Institut Pédagogique et Technique de
Muhangi à Butembo (Nord-Kivu/RDC): lisettemenomavuya@gmail.com