https://doi.org/10.57988/crig-2337
Patrice Djinga
Kachundju[1]
Résumé
La présente
recherche se propose d’étudier l’influence de trois divers substrats, notamment
la parche du café, la balle de riz, et la sciure du
bois sur le pouvoir rejetonnant des cormes de macabo recepées comme méthode de
multiplication horticole, susceptible de produire en un temps très court et en
masse le matériel végétal de propagation pour la majorité des producteurs
urbains et ceux ruraux en vue d’augmenter la production, dans les conditions
écologiques de Kisangani
La variété de
macabo à pétioles violacés, tubercules violés et feuilles comestibles de même poids et diamètre de 6,9 cm, a été
expérimentée suivant trois traitements, à savoir : le T1 (parche
du café), le T2 (balle de riz) et le T3 (sciure du bois). Les observations montées dans un
propagateur (germoir) sous l’ombrière
ont porté sur le nombre de rejets développés et aussi sevrés (paramètre
principal), déterminé par comptage et sur l’évolution de leurs diamètres au
collet, mesurée à l’aide d’un pied à coulisse digital.
Les résultats obtenus ont montré que la
performance de la variété étudiée dépendait de traitement étudié. Cependant, le
traitement T3 (sciure du bois) après recepage a permis le débourrement de 19
rejets en moyenne que les autres traitements. L’ensemble de
résultats de cette étude révèle que les procédés de recepage et de sevrage
constituent l’une des voies de solutions dans la résolution de l’épineux
problème de faible disponibilité de matériel de propagation chez le macabo
(Xanthosoma sagittifolium SCHOTT) et influencent
positivement le pouvoir rejetonnant des cormes de macabo en utilisant la parche du café, de la balle de riz, et la sciure du bois
comme substrat.
Mots-clés : Macabo, recepage, substrat, rejet
développé et sevré, Kisangani/RDC.
Abstract
This research proposes to
study the influence of three substrates, namely coffee parchment, rice husk and
sawdust on the rejection power of macabo corms received as a horticultural
propagation method, likely to produce in a very short time and in mass plant
material (seedlings) for propagation for the majority of urban and rural
producers with a view to increasing production, under the ecological conditions
of Kisangani
The macabo variety with
purplish petioles, purplish tubers and edible leaves of the same weight and
diameter of 6.9 cm, was tested in three treatments, namely: T1 (coffee
parchment), T2 (rice husk) and T3 (sawdust). Observations mounted in a
propagator (germplasm) under the shade house focused on the number of developed
and weaned shoots (main parameter), determined by counting, and on the
evolution of their diameters at the collar, measured using a digital caliper.
The results obtained showed
that the performance of the variety studied depended on the treatment studied.
However, the T3 treatment (sawdust) after receiving allowed the budding of 19
shoots on average than the other treatments.The
results of this study show that the processes of receptive and weaning
constitute one of the solutions to the thorny problem of low availability of
propagation material in macabo (Xanthosoma sagittifolium SCHOTT) and positively
influence the rejection power of macabo corms using coffee parchment, rice
husk, and sawdust as substrate.
Keywords: Macabo, receptive,
substrate, developed and weaned shoot, Kisangani/DRC
Malgré son potentiel immense en ressources naturelles,
l’Afrique tropicale humide est confrontée à des problèmes de pénuries
alimentaires. L’insuffisance de la production agricole peut être due à la
faible productivité des sols, à l’utilisation des semences dégénérées, au
manque d’intrants agricoles, tels que les engrais, les produits phytosanitaires
et le manque de maîtrise des techniques appropriées dans le milieu rural (AGUEGUIA et al,
2007 ; TSALA et OMOKOLO, 2017).
Les plantes à racines et à tubercules constituent l’un
des groupes d’aliments importants des pays tropicaux humides et s’adaptent bien
aux conditions écologiques des tropiques (VANDENPUT, 1981). Certaines de ces plantes, dites traditionnelles
sont négligées et sont considérées comme étant spontanées. C’est le cas de
macabo (Xanthosoma sagittifolium
SCHOTT) ; peu
exploité et mal connu de la population, pourtant les macabo sont plus riches en
protéines que les autres plantes à racines et tubercules et contiennent des
glucides de bonne digestibilité. Ils sont plus riches en matières sèches que la
pomme de terre et la patate douce, ses feuilles constituent un légume feuille
au même titre que l’épinard et l’amarante (MESSIAEN, 1989).
Il est un tubercule très prisé et consommé par les
populations du Congo RD et des pays de la sous-région. Le macabo est aussi une
excellente culture intercalaire en association avec la culture du cacao ou la
culture du bananier plantain, mais aussi elle peut se faire en monoculture
(culture pure) pour optimiser les bénéfices étant donné que la demande en
macabo sur les marchés locaux est assez élevée (BALLOT, 2016 et TRAORE, 2006).
En dépit de ces avantages cités ci-haut, la propagation
de macabo se fait, soit par des boutures des pieds-mères, soit par des gros
fragments de ces boutures, qui sont des méthodes lentes et coûteuses. Cette situation
s’explique par le fait qu’en culture, le macabo ne produit pas de rejets suite
à la dominance apicale (MESSIAEN, 1989).
Le macabo tout comme le taro se multiplie de façon
asexuée par bouturage et il se pose pour cette culture un sérieux problème, de
faible disponibilité de matériels de propagation homogène pour son extension (IGBABUL, 2014). Or, on peut utiliser les bourgeons latéraux se formant
à la corme. Ce sont ces fragments des tiges qu’on appelle aussi bouture et qui
peuvent être plus tard utilisés dans le champ (KASONGO, 2006).
Pour tenter de résoudre ce problème, la présente étude se
propose de réaliser un essai, étudiant l’influence de trois substrats,
notamment la parche du café, la balle de riz, et la
sciure du bois sur le pouvoir rejetonnant des cormes de macabo recepées comme
méthode de multiplication horticole, très rapide susceptible de produire en un
temps très court et en masse le matériel végétal (plants) de propagation pour
la majorité des producteurs urbains et ruraux en vue d’augmenter la production
dans les conditions écologiques de Kisangani.
Il est admis, cependant, que la technique de
recepage, permettant de supprimer le bourgeon apical, assurerait le
développement d’un grand nombre de bourgeons latéraux à rejets utilisables pour
la plantation, mais
aussi la plantation des cormes de macabo dans les différents substrats
réagirait positivement, mais différemment en fonction du substrat et entraînerait
ainsi la production d’un nombre différent de rejets. La capacité de rétention en
eau de chaque substrat étant différente, la réaction des cormes ne serait pas
la même, car le macabo a des exigences élevées en eau (JANSSENS, 2001).
L’objectif
de ce travail était d’augmenter le matériel de propagation de macabo par les
procédés de recepage et de sevrage, mais aussi de déterminer l’influence du
substrat sur la multiplication végétative et sur la production de différents
rejets de macabo dans les conditions écologiques de Kisangani.
Le milieu d’étude était la concession de l’Institut
Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi
centre de Kisangani, situé à 400 m d’altitude, 25°11’ longitude est, 0°31’
latitude nord. Le climat est du type Af de
Köppen caractérisé par une pluviosité de 1800 mm ; c’est un climat
chaud et humide avec une température moyenne de 24,6°C.Les sols sont des oxisols sablo-limoneux (OKUNGO, 2008).
Les matériels biologiques utilisés étaient les différents
substrats (parche du café, balle de riz et sciure du
bois) et les cormes de macabo (Xanthosoma
sagittifolium SCHOTT) des poids similaires variant entre 300 et 330 grammes,
et de diamètre 6,9 cm. Les cormes de macabo étaient de la variété à pétioles
violacés, tubercules violés et feuilles comestibles. Les matériels non
biologiques étaient constitués de couteau tranchant permettant de réaliser le décorticage, la scarification du bourgeon
terminal et le sevrage des plantules, de pied à coulisse pour prélever le diamètre
au collet des rejets développés, et de sachets à polyéthylène remplis au ¾ de substrats.
Le dispositif expérimental adopté était celui à blocs
randomisés monté dans un propagateur (germoir) sous l’ombrière afin de réduire
les effets néfastes d’une radiation solaire directe sur les cormes et les
jeunes rejets en développement. Il comportait trois blocs et trois traitements
qui sont la parche du café (T1), la balle de riz (T2)
et la sciure du bois (T3).
Le recepage est la suppression du tronc d’une plante pour
faire apparaître des bourgeons adventifs qui, évoluent en rameaux, formeront de
nouvelles branches ou de nouveaux troncs (EZE et OKORJI, 2003). C’est un
procédé consistant aussi à sectionner et à décortiquer les gaines foliaires
l’une après l’autre au point d’insertion de l’appareil foliaire dans le but de
permettre la levée de bourgeons dormant situés dans le bulbe (GYANSA, 2019). Il était complété par deux incisions en forme de
croix faites à l’emplacement du méristème pour, d’une part, parfaire
l’élimination du méristème apical et, d’autre part, éviter la traînée des
liquides (eau et sève) sur la plaie. Cette traînée peut entraîner la contamination et la pourriture des cormes.
Le sevrage reste une technique qui consiste à séparer un rejet,
une marcotte, une pousse du pied-mère (JEAN-PROST, 1980). Nous
avons pratiqué le sevrage lorsque les rejets avaient deux à trois vraies
feuilles. En ce moment, les rejets étaient caractérisés par une autotrophie
totale. Pour sevrer, un couteau tranchant et pointu était utilisé. Il suffisait
d’exercer une faible pression sur le rejet et il était séparé du pied-mère en laissant une plaie à l’endroit où il était
attaché (CRET et
GRAD, 2002).
Elles ont porté
sur le nombre de rejets développés et sevrés (paramètre principal),
déterminé par comptage et sur l’évolution de leurs diamètres au collet.,
mesurée à l’aide d’un pied à coulisse digital.
L’évolution du diamètre au collet des rejets sevrés sous
différents traitement est présentée dans le tableau 1.
Tableau 1. Évolution du diamètre au collet de rejets sevrés (en cm)
|
Traitements Sevrage |
T1 |
T2 |
T3 |
|
1er |
1,02 |
1,27 |
1,37 |
|
2ème |
1,18 |
1,22 |
1,73 |
|
3ème |
1,31 |
1,48 |
1,49 |
|
4ème 5ème 6ème 7ème 8ème 9ème Total Moyenne |
1,14 1,16 1,18 1,33 1,06 1.14 10,52 1,17 |
1,11 1,26 1,23 1,51 1,05 1,43 11,56 1,28 |
1,27 1,26 1,25 1,22 1,34 1,42 12,35 1,37 |
Légende :
T1 : Parche du café ; T2 : Balle de
riz ; T3 : Sciure du bois
De l’analyse de ce tableau 1, il se dégage que le
diamètre des rejets sevrés a varié en dents de scie quel que soit le
traitement. Tantôt il diminue tantôt il augmente. Ces variations sont
imputables aux réserves nutritives accumulées dans le bulbe, d’une part, et aux
stress subis par le bulbe au cours du servage précédent, d’autre part. En outre,
le type de substrat aurait une certaine influence sur la vigueur des rejets. En
effet, les substrats peuvent se réaliser en se décomposant pour apporter
certains éléments minéraux pouvant influencer la nutrition de bulbe par
conséquent la vigueur de rejets. En considérant la moyenne générale, il se
dégage que les rejets sur T3 (sciure du bois) étaient un peu plus vigoureux
comparativement aux autres.
Ces résultats révèlent en outre qu’il n’y a rien à
craindre dans l’utilisation de rejets produits quel que soit le sevrage ;
ceci pour la simple raison que tous les rejets sevrés se sont caractérisés par
la même vigueur en général. Les variations de diamètre de rejets entre les
divers traitements et celles d’un même traitement pour divers sevrages sont
faibles. Les mêmes tendances étaient trouvées par (OKUNGO, 2008 et OUEDRAOGO et al, 2018).
Les résultats se rapportant au nombre de rejets
développés et sevrés sous différents traitements sont présentés dans le tableau
II.
Tableau 2.
Nombre de rejets développés et sevrés
|
Traitements Sevrage |
T1 |
T2 |
T3 |
|
1er |
19 |
15 |
28 |
|
2ème |
19 |
18 |
22 |
|
3ème |
12 |
12 |
21 |
|
4ème 5ème 6ème 7ème 8ème 9ème Total Moyenne |
14 17 12 13 16 10 132 14,66 |
18 16 15 10 15 18 137 15,22 |
17 20 18 20 15 12 173 19,22 |
Légende :
T1 : Parche du café ; T2 : Balle de
riz ; T3 : Sciure du bois
De l’analyse de résultats consignés dans ce tableau 2, il
se dégage que le nombre de rejets développés et sevrés a varié selon le type de
substrats. Les cormes plantées dans la parche du café
et dans la balle de riz ont produit sensiblement un même nombre des rejets. Par
contre, la sciure du bois a donné en moyenne 19 rejets par pied. Ces résultats
s’expliquent par les propriétés physiques et chimiques de chaque substrat. En
effet, chaque substrat a ses propriétés physiques et chimiques propres
lesquelles propriétés influencent la capacité de rétention en eau et
l’alimentation minérale de la plante. La distribution est homogène pour
l’ensemble de traitements.
En comparant nos résultats avec ceux de LUKUSA (2001) et KASONGO (2006), nous
remarquons que nous avons produit plus de rejets quel que soit le type des substrats
utilisés. LUKUSA (2001) a
produit in situ au bout de 5 mois et
après 6 sevrages 14,0 rejets par pied ; mais par contre, KASONGO (2006) produisit au bout de 4 mois après 4 sevrages 19,0
rejets par pied en moyenne pour les divers traitements ex-situ. Ces différences sont dues aux traitements appliqués et au
milieu utilisé (in situ et ex-situ) ainsi qu’à la durée de chacun
des essais.
Étant donné que des différences numériques
existent plus entre nos traitements, nous avons procédé à l’analyse de la
variance. Les résultats permettent de constater que le nombre de rejets formés
et sevrés ne diffère statistiquement, c'est-à-dire il n’existe pas de
différences significatives entre les traitements. Il existe une similitude
entre le nombre de rejets développés et sevrés sous parche
du café, et balle de riz.
La présente investigation avait pour objet l’étude de
l’influence de trois substrats (parche du café, balle
de riz et sciure du bois) sur le pouvoir rejetonnant des cormes de macabo (Xanthosoma sagittifolium
SCHOTT) dans les
conditions écologiques de Kisangani.
L’ensemble des résultats de cette étude révèle que les
procédés de recepage et de sevrage constituent l’une des voies de solutions
dans la résolution de l’épineux problème de faible disponibilité de matériel de
propagation chez le macabo (Xanthosoma sagittifolium SCHOTT) et influencent
positivement le pouvoir rejetonnant des cormes de macabo en utilisant la parche du café, la balle de riz, et la sciure du bois comme
substrat. Toutefois, la sciure du bois était le meilleur substrat dans les
conditions écologiques de Kisangani en produisant en moyenne 19 rejets par
corme.
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[1] Assistant en Faculté
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patricedjinga@gmail.com