https://doi.org/10.57988/crig-2322
Isaac Muhindo Kivikyavo[1] et Merveille
Sivyatsomana Mukama[2]
Résumé
Les voyages du
Chef de l’État de la RDC, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, sont
tournés en dérision aussi bien dans les médias sociaux que dans les rues par
certains congolais qui s’intéressent à la politique étrangère du pays. Peu sont
ceux qui soutiennent cette sorte d’obsession aux voyages que nous avons appelés
« voyage-manie ». Alors que dans la conception des uns et des autres ces voyages
procureraient paix et pain à la population congolaise, les enquêtés constatent
que ces voyages sont plutôt des béquilles dont se sert un homme pour se faire
une santé politique et se faire un carnet d’adresse dans des salons
diplomatiques. Ce constat serait fondé sur les prémices consistant à penser que
la solution aux problèmes congolais viendrait de l’extérieur. Pourtant, il faut
d’abord des efforts au
niveau interne.
Mots-clés : Voyage-manie,
diplomatie congolaise, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, sécurité et
développement.
Abstract
The trips of the Head of State of the DRC, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo,
are derided both on social media and in the streets by some Congolese who are
interested in the country's foreign policy. Few support this kind of travel
obsession that we have called "travel-mania." While in the conception
of each other these trips would bring peace and bread to the Congolese
population, the respondents note that these trips are rather crutches used by a
man to get political health and make an address book in diplomatic salons. This
observation would be based on the premise that the solution to the Congolese
problems would come from outside. However, efforts are first needed at the
internal level.
Keywords: Travel-mania, Congolese diplomacy, Félix Antoine Tshisekedi
Tshilombo, Security and development.
Introduction
Cet article porte sur la
diplomatie de la République Démocratique du Congo sous le règne du Chef de l’État
Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il s’étend sur la période allant du 24
janvier 2019, date de sa prestation de serment, au 13 décembre 2021, date marquant
sa troisième adresse à la Nation devant les deux Chambres du Parlement réunies
en congrès.
Dès
son accession au pouvoir, le Président Félix Tshisekedi Tshilombo (FATSHI) a focalisé
son attention sur l’image extérieure de la République Démocratique du Congo
(RDC). Il a placé son mandat sous le signe d’une « diplomatie agissante »[3]
orientée, d’abord, en Afrique (avec les pays voisins à son pays) et, ensuite, vers
le reste du monde, notamment dans les grandes capitales européenne et
américaine. Cet article se penche sur l’approche par les voyages du Chef de l’État
R.D. Congolais. Il s’interroge sur l’antonymie de l’isolationnisme sous Joseph Kabila
à la « voyage-manie » sous Félix Tshisekedi. Ce travail est motivé
par les multiples inquiétudes du peuple congolais vis-à-vis de ces nombreux
voyages effectués par le Chef de l’État pour redorer l’image d’un
« Grand Congo ». Ces inquiétudes sont balancées à travers les médias
traditionnels et sociaux par rapport à l’action du Chef de l’État sur la
scène internationale. À titre illustratif, voici la réaction d’un des
internautes partagés entre admirations et inquiétudes :

Par
ailleurs, seuls les points de vue des étudiants de Droit et des Sciences
politiques de l’Université Catholique du Graben ainsi que ceux des dirigeants
des partis politiques implantés en ville de Butembo ont été pris en compte pour
être confrontés aux données lues dans des documents et la webographie.
En
fait, selon les réalistes, la politique étrangère d’un État est un
domaine réservé au « prince » [4], Chef de l’État ou pouvoir exécutif. Elle
est incarnée dans le prince. Ce dernier est considéré comme un acteur rationnel[5]. Le Chef de l’État congolais FATSHI, en se
plaçant au centre de la diplomatie congolaise caractérisée par de multiples
voyages, se présente comme celui qui incarne la politique étrangère de la
RDC. Pour les behavioristes, la
politique étrangère, sous-entendue la diplomatie par laquelle elle agit, n’est pas
l’apanage du Prince vu le processus décisionnel qui implique plus d’un acteur.
En fait, « la
clé pour comprendre pourquoi un État se comporte de la manière dont il
se comporte réside dans la façon dont les décideurs définissent leur
situation »[6]
-, ce qui constitue la négation même du chef de l’État kissingerien
capable de « saisir immédiatement l’essentiel d’une situation »[7].
Par
ailleurs, pour asseoir une diplomatie, les néoréalistes sous-entendent
« une auto-reconnaissance d’un État sur la scène internationale. Si
cet État est petit, son rôle fondamental sera d’identifier les grandes
puissances et de monter sur leurs épaules pour sa protection »[8].
En géopolitique, c’est ce qu’on appellerait bandwagoning, cette attitude
des petits de se rallier aux grands pour se rassurer de leur protection. Cela
pourrait être le cas de la RDC qui a vu le Chef de l’État multiplier des
voyages afin de se rallier aux grands de ce monde et obtenir leurs soutiens.
Pour leur part, les idéalistes croient que les États ont la latitude de
créer des organisations pour la collaboration et pour endiguer la
conflictualité[9].
Dans la même lancée, les libéraux prônent les échanges économiques ou
commerciaux renforcés par la démocratie comme vecteurs de la paix. Ceci
pourrait justifier la participation et l’adhésion de la RDC à certaines
organisations régionales et sous-régionales, dont l’East African Community,
afin d’obtenir la paix par le doux commerce qui pourrait profiter à tous les États
membres.
À
la lumière de ces théories et au regard de la multiplicité des voyages du Chef
de l’État à l’étranger, cette étude répond à deux questions. Primo,
que vise la diplomatie du Chef de l’État congolais et quels en sont les
défis ? Secundo, quelles sont les perceptions et/ou opinions des
étudiants de Droit et des Sciences sociales, politiques et administratives de
l’Université Catholique du Graben (U.C.G., en sigle) et des responsables de
différents partis politiques choisis en ville de Butembo sur la ligne diplomatique
du Chef de l’État congolais ? Ainsi, l’objectif poursuivi par ce travail
est de confronter la logique des gouvernants à celle des gouvernés pour
comprendre le bien-fondé de la diplomatie de la RDC sous FATSHI.
À
titre d’hypothèse, la diplomatie mise en place depuis l’accession du Chef de l’État
FATSHI, le 24 janvier 2019, viserait la restauration de la paix et de la
sécurité ainsi que le développement de la République Démocratique du Congo. De
ce fait, nous avions pensé que les étudiants et les responsables des partis
politiques auraient une opinion positive sur la ligne diplomatique adoptée par
le Chef de l’État. Enfin, les défis de sa diplomatie seraient d’ordre
sécuritaire, sanitaire et financier.
Quant
aux outils de récolte des données, nous avons utilisé les techniques
documentaires, l’observation et le questionnaire pour avoir des données aussi
bien qualitatives que quantitatives. Le questionnaire a été soumis aux
étudiants de Droit et des Sciences politiques de l’Université Catholique du Graben
de l’année académique 2020-2021, et aux dirigeants des partis politiques de la
ville de Butembo. Les partis politiques qui ont été enquêtés sont au
nombre de sept, à savoir : le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la
Démocratie (PPRD), l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social
(UDPS-Tshisekedi), l’Union des Démocrates Chrétiens Fédéralistes (UDECF), le
Rassemblement Congolais pour la Démocratie/Kisangani – Mouvement de Libération
(RCD/K-ML), la Convention des Fédéralistes et Démocrates Chrétiens (COFEDEC),
le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et le Bloc Uni pour la Renaissance et
l’Émergence du Congo (BUREC). Le choix des étudiants et des responsables
des partis est dû au fait qu’ils sont sensés suivre l’actualité politique du
pays et avoir une certaine connaissance sur la gestion de la chose publique.
Nous
avons utilisé l’échantillonnage par quota pour déterminer le nombre des
personnes à interroger dans les deux facultés sus-évoquées. En effet, la
faculté des Sciences sociales, politiques et administratives (SSPA) de l’UCG
compte 38 étudiants[10] ;
celle de Droit compte 161 étudiants[11].
Ainsi, la population-mère est constituée de 199 unités. 80 étudiants ont été
interrogées. Sur les 199 étudiants constituant notre population-mère, la faculté
des Sciences sociales, politiques et administratives représente 19,1 %. En
calculant le 19,1 % de 80 unités de l’échantillon, nous avons attribué à cette
faculté un quota de 16 étudiants qui ont répondu au questionnaire. La faculté
de Droit compte 161 étudiants représentant 80,9 % de la population-mère. Ce
faisant, son quota a été de 64 unités enquêtées. Comme l’échantillon par quota
n’est pas un échantillon probabiliste, nous avons interrogé tout étudiant ou
étudiante de ces facultés qui a accepté volontiers de répondre à nos questions.
L’essentiel était de respecter le quota de chaque faculté.
L’analyse
de contenu et l’analyse statistique ont aidé dans l’analyse des données
récoltées. Concernant l’analyse de contenu, nous avons dégagé les thèmes saillants pour
comprendre les axes sur lesquels la diplomatie congolaise repose afin d’en
dégager la substance. Nous avons également recouru à l’analyse statistique pour comprendre les
perceptions des étudiants des facultés des SSPA et de Droit. Sur ce, le
Chi-carré nous a permis de savoir si les différences observées entre chiffres
sont significatives ou liées aux fluctuations du hasard.
1.
Enjeux et défis de la diplomatie sous Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo
Ces
enjeux et défis ont été décortiqués grâce à l’analyse de contenu des discours
prononcés par le chef de l’État lors de ses voyages à l’étranger et de
ceux prononcés par les étrangers en visite en République Démocratique du Congo
(RDC).
1.1. Voyages à l’étranger du Chef de l’État
congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo (FATSHI)
Il
a été difficile de recenser tous les voyages qui ont été jusque-là effectués
par le Chef de l’État R.D. Congolais. Certains voyages sont privés,
d’autres sont officiels, d’autres encore ne sont pas annoncés, etc. Néanmoins,
ceux-ci ont dépassé la centaine. C’est pourquoi la chronologie que nous donnons
ici est à titre indicatif.
Tableau
1. Chronologie indicative des voyages du Président FATSHI
|
Date |
Lieu |
Date |
Lieu |
Date |
Lieu |
|
2019 |
2020 |
10 mai |
Zambie |
||
|
5 février |
Angola |
6-7 Juillet |
Niger |
14 mai |
Italie |
|
6 février |
Kenya |
12 juillet |
Angola |
17 mai : |
France |
|
7 février |
Congo Brazzaville |
Février |
Éthiopie |
16 juin : |
Uganda |
|
9-10 février |
Éthiopie |
26 octobre |
Congo Brazzaville |
15-16 juillet |
Ghana |
|
26 février |
Kenya |
5-juillet |
Belgique |
19 juillet |
Guinée-Bissau |
|
14-15 mars |
Nairobi |
2021 |
24 août |
Zambie |
|
|
22 mars |
Uganda |
2 février |
Égypte |
29 août |
Berlin |
|
23 mars : |
Angola |
7 février |
Éthiopie |
1-3 septembre |
Italie |
|
24-26 mars |
Rwanda |
23 février |
Italie |
6-8 septembre |
Turquie |
|
1-2 avril |
Sénégal |
21-23 mars |
Tanzanie |
7 septembre |
Éthiopie |
|
3-5 avril |
USA |
29 mars |
Qatar |
17 septembre |
Congo Brazzaville |
|
24-25 avril |
Afrique du Sud |
3 avril |
Soudan |
19 septembre |
New York |
|
11 juin |
Gabon |
16 avril |
Congo Brazzaville |
14 octobre |
Émirats arabes Unis |
|
13-14 avril |
Tanzanie |
27avril |
Paris |
25-28 octobre |
Israël |
|
14 juin |
Burundi |
8 mai |
Soudan, Égypte et Éthiopie |
1-3 novembre |
Royaume-Uni |
|
27-28 juin |
Zambie |
|
|
|
|
Source :
construction à partir des différents sites web dont le site présidentiel de la
RDC.
Bien
que nous n’ayons pas accédé à beaucoup de données sur les voyages de FATSHI en
2020, il s’est avéré qu’il a moins voyagé à cause de la COVID-19.
Au
regard de cette chronologie non exhaustive des voyages du Chef de l’État
FATSHI, il a été constaté qu’il a beaucoup orienté ses voyages vers le
continent africain. C’est, peut-être, en sa qualité de Président[12]
de l’U.A. qu’il a effectué la plupart de ces voyages. Comme Président de
l’Union Africaine, il doit veiller à la bonne collaboration des pays
Africains. Quant aux voyages effectués au nom de la RDC, il a privilégié la
coopération Sud-Sud. Après l’Afrique, vient l’Europe. FATSHI semble avoir tourné
le dos à la Chine contrairement à son prédécesseur qui en avait fait sa
première alliée. Aucune visite n’a été effectuée en Chine jusque-là de par les
données à notre possession. Il y a dès lors lieu de dire qu’en dehors de
l’Afrique, le Chef de l’État congolais s’est plus penché du côté des
capitalistes (occidentaux) que de celui des communistes.
De
par les données à notre possession, les grands thèmes débattus au cours de ses
divers voyages sont l’économie et la sécurité. Ce faisant, les grands enjeux de
la diplomatie du Chef de l’État consistent à faire de la RDC un grand
pays prospère et où règne la paix. Certes, jusque-là tout est quasi-théorique.
Dans certains de ses discours prononcés en 2019 et 2020, le Chef de
l’État a clairement montré que sa vision pour la RDC consiste à faire de
la RDC « l’Allemagne de l’Afrique ». L’économie et le développement
comprennent toutes les matières relatives à la mobilisation des fonds, à la
construction des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux, etc.), à l’assainissement
du climat des affaires afin d’attirer les investisseurs à venir travailler au
pays, la relance de l’agriculture, etc. Le thème sur la sécurité, qui vient en
second lieu, a trait à l’éradication des groupes armés nationaux et étrangers,
à la capacitation des FARDC et des services de renseignement, à la dotation en
armes et munitions, etc. Le social, dont la question des salaires, est
périphérique dans la diplomatie du Chef de l’État FATSHI. Peut-être que
cette diplomatie estime que le social proviendrait logiquement de la réussite
du volet économique qu’elle place comme priorité des priorités.
1.2.
Délégations reçues par le Chef de l’État FATSHI en RDC
Autant que le chef de l’État
congolais a visité les pays étrangers, autant des étrangers ont visité son
pays. Par exemple, le 3 décembre 2020 le Chef de l’État a
été visité par le Président de la commission de l’U.A. Moussa Faki ;
Ci-après est la chronologie indicative des
visites des étrangers auprès du Chef de l’État FATSHI.
Tableau 2. Chronologie indicative des délégations
reçues par le Président FATSHI en 2021
|
Date |
Personnalité ou délégation reçue |
Date |
Personnalité ou délégation reçue |
|
28 janvier |
Délégation de l’AFRICOM |
20-21 avril |
Uhuru Kenyata |
|
2 mars |
Idriss Deby |
29 avril |
Le Président du conseil de sécurité |
|
3 mars |
Emmanuel MACRON |
25 juin |
Président du Rwanda |
|
4 mars |
Bintu Keita |
28 juin |
Ministre des affaires étrangères Albert Shingiro |
|
5 mars |
L’émissaire du Président Tchadien |
12 juillet |
réception d’une délégation d’ambassadeurs |
|
15 mars |
Président du Botswana |
13 juillet |
Le Président de la République du Burundi |
|
18 mars |
Monsieur Stive Mayisiwa |
28 juillet |
Monsieur Lars Gerrit Leyman |
|
23 mars |
Une délégation du département d’État Américain |
2 août |
Le Président de la Commission économique des États d’Afrique
Centrale (CEEAC) |
|
2 avril |
L’ambassadrice de la Grande Bretagne |
11 septembre |
Sheikh Shakhboot Bin Nahyan |
|
4 avril |
Directeur exécutif du PAM |
13 septembre |
représentant personnel de la chancelière allemande en
charge de l’Afrique |
|
8 avril |
Une délégation de la FIFA et de la CAF |
5 octobre |
Denis Sassou N’guesso |
|
19 avril |
Président de la République de la somalie |
5 octobre |
M. Jonathan Pershining envoyé spécial des États Unis |
Source :
construction à partir des différents sites web dont le site présidentiel de la
RDC.
Le Chef de l’État FATSHI a reçu plus de
visites que celles que nous venons de répertorier. Le Continent africain a
battu le record en ce sens qu’il vient en première place (10 visites sur les
quelques visites indiquées ci-haut). C’est peut-être au nom de la réciprocité
que ce nombre de visites reçues corrobore celui des voyages effectués par le
Chef de l’État FATSHI à l’étranger. Les continents américain (5) et européen (4)
viennent presque en ex aequo après l’Afrique. Cette situation corrobore
également, bien qu’à quelques petites différences près, l’ordre des visites du
Chef de l’État FATSHI à l’étranger.
L’économie,
la sécurité et la santé constituent les thèmes qui ont le plus été au menu des
échanges entre le Chef de l’État congolais, ses homologues et ou les
envoyés spéciaux et Représentants des organisations internationales, régionales
et sous-régionales en RDC. Il sied de noter qu’en ordre d’importance des
matières traitées, l’économie vient en première position suivie de la sécurité,
puis de la santé comme le démontre ce tableau.
Tableau N° 3 : Grands thèmes abordés
|
Thème |
Nombre |
|
Économie et développement |
12 |
|
Sécurité |
6 |
Cela
est en harmonie avec les enjeux de la diplomatie traités par FATSHI lors de ses
sorties à l’étranger.
1.3. Réactions des internautes aux multiples voyages du Chef de l’État
FATSHI
Le
Chef de l’État FATSHI a effectué plusieurs voyages en trois ans de sa
prise du pouvoir. Un tweet du 2 novembre 2021 quantifie ces voyages à
117 comme indiqué ci-après :

Certains créent un peu d’humour dans le microcosme social de
la RDC par rapport à ces voyages. D’autres font circuler des messages
carricaturant le Chef de l’Etat par rapport à la multiplicité de ses voyages
afin, peut-être, de créer de la dérision dans l’opinion publique nationale
vis-à-vis du Chef de l’Etat. C’est ce qui ressort de différents messages
diffusés dans des médias sociaux.

En fait, sous Joseph Kabila les congolais n’ont pas été
beaucoup habitués aux voyages du Chef de l’Etat à l’étranger. D’ailleurs,
pendant les trois dernières années de son mandat, ses sorties devenaient de
plus en plus rares. Certains dignitaires de son régime, dont Lambert Mende,
Evariste Boshab et le Général Akili Mundos, ont même été sanctionnés par
l’Union Européenne, les Etats-unis d’Amérique et le Conseil de Sécurité des
Nations Unies. Sous FATSHI, c’est tout
le contraire. Des commentaires font penser que le Chef de l’Etat FATSHI est en
train d’accomplir ses rêves d’enfance. Les congolais ont constaté que leur Chef
d’Etat est plus à l’étranger qu’à l’intérieur du pays, ou de manière plus ou
moins égalitaire à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Il semble se
dessiner, aussi bien chez les dirigeants qu’au sein d’une large opinion
nationale, une conviction selon laquelle la solution aux problèmes de la RDC
viendrait de la multiplicité des voyages à l’étranger. Cette conception de
choses paraît pathologique. C’est ce qui justifie l’usage du concept
« voyage-manie » dans le sous-titre.
Sans tomber dans le débat sur le chiffre, il y a lieu de
noter que le Chef de l’Etat FATSHI a engagé des discussions bilatérales et
multilatérales lors de ses multiples voyages. Il a par exemple fait bouger les
lignes quant à l’adhésion de la RDC à l’East African Community. Il a
également essayé de se créer une image de médiateur régional pour la
paix en lançant, avec l’Angola, le sommet quadripartite, en juillet 2019, pour
la paix afin de réconcilier l’Ouganda et le Rwanda d’une part, et cimenter la
politique de bon voisinage entre le Rwanda et la RDC[13],
d’autre part. Il a lancé l’idée de création d’une force militaire
sous-régionale permettant aux troupes rwandaises, Ougandaises et Burundaises de
poursuivre des groupes rebelles sur le territoire congolais[14].
Néanmoins, cette initiative n’a pas rencontré l’assentiment de la population
congolaise. C’est ce qui a occasionné une marche de protestation organisée au
Nord-Kivu le 20 décembre 2021 et qui a coûté la vie à, au moins, trois
personnes dont deux policiers dans la ville de Goma. Le Kenya a eu une place de
choix ; ses troupes sont entrées en RDC sous le label des casques bleus
pour combattre les égorgeurs de la population de l’est du pays. Le 30 novembre
2021, des troupes ougandaises de l’UPDF sont entrées en RDC, via
Nobili-Kamango, pour, eux aussi, combattre ces ADF qui tuent la population
civile. Au regard des commentaires, l’entrée de ces dernières est porteuse de
beaucoup d’espoir dans le chef de la grande majorité de la population de la
zone concernée.
En
dépit de ces efforts, le bilan sécuritaire reste négatif et moins encourageant.
Les massacres, l’incendie des camions, les enlèvements se commettent et
continuent à se faire voir dans l’est de la RDC. La fin des escalades entre le
Rwanda et l’Ouganda semble ne pas être au rendez-vous.
1.4. Défis de la diplomatie du Chef de l’État
FATSHI
Le
premier défi est d’ordre organisationnel. Le Chef de l’État a beaucoup
misé sur la diplomatie pour sortir le pays du chaos. Toutefois, ces efforts pour cette fin se
butent à certaines contraintes notamment conjoncturelles.
En fait, le principal blocage a été l’accord qui le liait à l’ancien Chef de l’État
dans le cadre de la coalition FCC-CACH[15].
Le camp de Joseph Kabila qui tenait à cette coalition avait initié une tournée
diplomatique pour contrer les actions de FATSHI. Parmi les points développés
par cette offensive diplomatique figurait le maintien de cet accord, sous peine
de voir le pays sombrer dans le chaos. À son tour, le camp de FATSHI n’a
ménagé aucun effort pour la dislocation de cette alliance qu’il jugeait
contre-productive pour la nation. C’est pour cela que le 06 décembre 2020,
Félix Tshisekedi avait annoncé la nomination d’un informateur afin d’identifier
clairement la majorité à l’Assemblée Nationale. Le 10 décembre de la même
année, Jeannine Mabunda, Speaker de l’Assemblée Nationale, fut destituée
à l’issue d’un vote consécutif à une pétition initiée contre elle. Le 1er
janvier 2021, le Directeur adjoint de la presse présidentielle Giscard Kusema,
par un communiqué lu à la RTNC, rendait public désignation du Sénateur Bahati
Lukwebo comme Informateur. Ce processus a fait basculer la majorité
parlementaire du camp de Joseph Kabila à celui du Chef de l’État FATSHI.
Pendant ce temps, le camp du Chef de l’État FATSHI a rallié aussi bien
des Occidentaux que des Africains pour concrétiser son rêve de rompre avec le
FCC.
Le deuxième défi est d’ordre sécuritaire.
L’un de plus grands défis rencontrés c’est la coopération avec les pays moins
appréciés par des Congolais pour des raisons sécuritaires. Il s’agit entre
autres du Rwanda et de l’Ouganda. À ce sujet, le Chef de l’État
FATSHI n’a pas reçu le soutien de beaucoup de congolais.
L’autre défi rencontré à ce sujet est le manque
d’emprise sur le secteur militaire et sécuritaire du pays. Cela serait à la
base de la continuation de la violence dans Beni-Ituri. Elle continue en dépit
de multiples voyages du Chef de l’État FATSHI centrés sur la paix, la
sécurité et le développement. Ceci fait que l’on ne sait pas comprendre le
bien-fondé de ces voyages jugés d’improductif à court terme. Le résultat
de l’état de siège, décrété en mai 2021, est décevant, 90 jours après. Il n’y a
rien de nouveau qui a été entrepris. En Ituri et au Nord Kivu, les ADF ont tué
917 civils, 55 véhicules des commerçants incendiés, 22 motos incendiées, 148
personnes enlevées, 904 cas de cambriolage (Béni, Butembo, Goma)[16].
Enfin, le dernier grand défi est d’ordre
socio-économique, financier et sanitaire.
En dépit des richesses que regorgent le sol, le sous-sol, les forêts et les
eaux, etc., la RDC est comptée parmi les pays les plus pauvres du monde. Son
taux de pauvreté est estimé à 63,4 % et un revenu par habitant de 680 dollars,
l’un des plus bas du continent[17].
Au cours de l’année 2020, le PIB réel a reculé de 4,5 % en moyenne, la hausse
du niveau général des prix a été de près de 2,00 % en moyenne. L’incidence de
la pauvreté est établie en moyenne à 30 % et le taux de chômage à 84 %[18].
La devise nationale a perdu sa valeur face au dollar. Lors de l’accession de
FATSHI au pouvoir, le dollar équivalait à 1635 francs congolais (FC). En
octobre 2021, il s’échange à plus de 2000 FC. En deux ans, la monnaie nationale
a perdu 17,56 % de sa valeur par rapport à la devise américaine[19].
À
cette situation économique calamiteuse est venue s’ajouter la pandémie de
corona virus et l’épidémie d’Ébola qui ont coûté la vie à des citoyens
congolais[20].
Les mesures de couvre-feu dont la restriction dans l’organisation des activités
économiques n’ont pas été en faveur du social de la population congolaise. La mégestion
semble avoir caractérisé les fonds alloués à la lutte contre ces deux maladies
si l’on s’en tient à la condamnation de l’ancien Ministre de la santé Oly
Ilunga.
Selon
le nouveau barème adopté début 2022 pour la prise en charge des voyages du
président de la RDC, Tshisekedi touchera, au titre d’indemnité de mission, 960
euros/jour pour tout déplacement dans la zone d’Afrique et 860 euros/jour lors
de tout déplacement en Europe. Hormis les chiffres indiqués ci-haut, la circulaire signée par le Ministre
du budget, Aimé Boji Sabgara, portant élaboration de la loi des finances 2022
renseigne qu’en tout, Tshisekedi aura droit à une somme de 1500USD/jour. Quant
aux déplacements à l’intérieur du pays, le Président Tshisekedi touchera
280 000 Francs congolais et pour ces déplacements dans la capitale
Kinshasa, le président
aura droit à une somme de 234 000FC[21].
Pour sa défense, le président Tshisekedi rappelle que ses déplacements à
l’étranger ont déjà ramené plus d’un milliard alors qu’ils n’ont pas couté 50
millions[22] ;
alors que des observateurs peinent à croire à cette allégation. En fait, ces
voyages coûtent de l’argent à la République.
Au
regard des données recueillies par la voie de l’actualité, nous venons de voir
que le Chef de l’État a entrepris plusieurs voyages depuis son accession
au pouvoir. Toutefois, son approche diplomatique par les voyages a rencontré
des défis qui ne lui ont pas permis d’atteindre ses rêves. Les responsables des
partis politiques et les étudiants interrogés ont également exposé leurs points
de vue sur cette approche de la diplomatie par la multiplicité de voyages.
Les enquêtés ont répondu à quatre questions que
voici : Êtes-vous satisfait de la diplomatie du Chef de l’État ? Les voyages du Chef de l’État sont-ils
opportuns ou inopportuns ? La diplomatie du Chef
de l’État FATSHI a-t-elle un impact positif ou négatif sur les plans
sécuritaire et de développement ? La diplomatie du Chef de l’État
FATSHI sortira-t-elle le pays du chaos dans lequel il est plongé ? Les
opinions des étudiants et des responsables des partis politiques sont
présentées et quantifiées dans le tableau ci-après :
Tableau
4 : Opinions des enquêtés vis-à-vis de
la diplomatie du Chef de l’État FATSHI
|
N° |
Faculté Opinions/perceptions |
Droit |
SSPA |
Partis |
Total |
Pourcentage |
|
1. |
Satisfaction |
20 |
0 |
2 |
22 |
25,3 |
|
Insatisfaction |
44 |
16 |
5 |
65 |
74,7 |
|
|
2. |
Opportunité des voyages |
19 |
0 |
3 |
22 |
25,3 |
|
Inopportunité des voyages |
45 |
16 |
4 |
65 |
74,7 |
|
|
3. |
Impact de la diplomatie est positif |
12 |
0 |
0 |
12 |
13,8 |
|
Impact de la diplomatie négatif |
52 |
16 |
7 |
75 |
86,2 |
|
|
4. |
Diplomatie FATSHI sortira le pays du chaos |
27 |
2 |
2 |
31 |
35,6 |
|
Diplomatie de FATSHI ne sortira pas le pays
du chaos |
37 |
14 |
5 |
56 |
64,4 |
Source :
Construction à partir des données
récoltées aux mois d’octobre et de novembre 2021.
Le total des
enquêtés est de 87 (64 étudiants de Droit, 16 de SSPA et 7 responsables des
partis politiques).
Les chi-deux calculés sont supérieurs aux chi-deux
tabulaires pour les différentes modalités des opinions reprises dans le tableau
ci-haut. Ce faisant, les différences observées sont significatives.
v Satisfaction/Insatisfaction
Les responsables des partis politiques enquêtés et
les étudiants de ces deux facultés de l’UCG ne sont pas satisfaits de la
diplomatie du Président de la République Félix Tshisekedi. Seulement 25,3 %
sont satisfaits contre 74,7 % des insatisfaits.
En effet, selon les étudiants, rien n’a changé
depuis les différentes sorties vers les pays étrangers. En fait, les
indicateurs socio-économiques sont au rabais. Les grandes attentes en matière
de sécurité, d’emploi, d’instauration de l’État de droit, etc. n’ont pas
été satisfaites.
Ceux qui sont satisfaits, la minorité bien sûr,
disent que la diplomatie du Chef de l’État FATSHI est payante parce que
le pays est en train petit à petit de se remettre sur le rail. Selon eux, la
gratuité, qui peine encore à se concrétiser totalement, est le fruit de cette
diplomatie. Par ailleurs, ils estiment que l’armée est en train d’être soutenue
par les pays étrangers afin de restaurer la paix et la sécurité dans les zones
en proie à l’insécurité. C’est le cas de l’Ouganda qui est engagé dans la
mutualisation des forces avec les FARDC depuis le 30 novembre 2021 pour combattre
les tueurs de Beni.
v
Opportunité/Inopportunité
74,7
% des opinions des enquêtés estiment que les multiples voyages du Chef de l’État
sont inopportuns en ce sens qu’ils pèsent inutilement sur le trésor public.
L’impact de ces voyages n’est pas visible sur terrain.
La
minorité des enquêtés qui estiment que ces voyages sont opportuns croient
qu’ils marquent le retour de la RDC sur la scène internationale et que des
accords ont été signés avec certains pays pour le bien-être des congolais. Cela
étant, les grands fruits de cette diplomatie ne seraient pas prêts dans le
court terme.
v
Impact de la diplomatie sur
la situation sécuritaire et développemental
En
outre, les attentes sur le plan sécuritaire et développemental sont déçues par
la diplomatie du Chef de l’État FATSHI. Ceci fait que l’impact de cette
diplomatie sur les plans sécuritaire et développemental est jugé de négatif par
la majorité des enquêtés au regard du tableau 4. Les enquêtés voient l’économie
du pays continuer à régresser. Le chômage par manque des investisseurs bat son
record au pays. Le taux de change ne fait que grimper. Un dollar américain est
passé de 1500 Francs congolais à 2300. Par ailleurs, la sécurité du pays ne
rassure pas en dépit de l’instauration de l’état de siège qui, au regard des
résultats sur terrain, n’a rien changé car les paisibles populations continuent
à être tuées.
v
Diplomatie
comme moyen pour sortir le pays du chaos
Jusque-là
la diplomatie du Chef de l’État ne permet pas de sortir le pays du
chaos. 64,4 % des enquêtés estiment que le Chef de l’État aurait une
philosophie qui lui fait croire que la diplomatie est la principale voie pour
sortir le pays du chaos. Ils l’appellent à rompre avec cette façon de penser.
Sur ce, ils lui demandent de passer plus de temps au pays afin de rechercher
d’autres alternatives pour résoudre les problèmes internes de son pays. Ils lui
demandent de sécuriser son pays d’abord avant de faire appel aux investisseurs
étrangers. Il doit également penser à l’amélioration du climat des affaires.
Ainsi, ils recommandent au Chef de l’État de revoir sa stratégie en matières de politique étrangère, en général, et de
diplomatie, en particulier.
Globalement,
les enquêtés ne sont pas d’accord avec l’approche du Chef de l’État par
les voyages. Ces voyages sont improductifs au regard du manque de retombées
positives sur le plan sécuritaire, économique et développemental.
Conclusion
Ce
travail a porté sur la diplomatie congolaise sous Félix Antoine Tshisekedi
Tshilombo. L’objet des voyages du Président de la République ont porté selon
l’ordre d’importance sur la paix et la sécurité, l’économie et la santé. Les
enquêtes ont révélé que cette diplomatie n’apporte pas encore ses fruits étant
donné que la paix et la sécurité ne sont pas encore restaurées, l’économie est
toujours en berne et les infrastructures viennent à petits pas. Les congolais
semblent attendre paix, sécurité, argent et autres de l’extérieur alors que les
gros efforts sont à fournir au niveau interne. Ces voyages n’ont pas beaucoup
aidé la République. Ils sont soupçonnés par les enquêtés d’avoir servi pour
confirmer et redorer l’image d’un homme arrivé à la tête du pays de
manière moins attendue. Les 4 milliards de dollars[23]
mobilisés à l’extérieur par le Chef de l’État n’ont pas eu un impact
positif sur la sécurité et le panier de la ménagère.
L’accord
FCC-CACH[24],
le choix contesté des partenaires (Ouganda et Rwanda) pour juguler la question
sécuritaire, le manque d’emprise sur l’appareil militaire et sécuritaire,
l’insuffisance des moyens financiers et la dilapidation de ceux qui existent
ainsi que la COVID-19 ont été les grands défis de trois premières années du
quinquennat du Président de la République Démocratique du Congo Félix
Tshisekedi.
Bibliographie
AMEDEE, « L’an 2 de Félix Tshisekedi : le Francs congolais s’est déprécié de 2,4 % en 2019 et 5,16
% en 2020 », Deskeco, consulté le 3 octobre 2021.
KISSINGER, H., Le chemin de la paix, Paris, Denoël, 1972,
p. 395.
J. Morgenthau, Hans. (1993), Politics among Nations. The struggle for Power and Peace (1ère
éd., 1948), New York : Mac Graw Hill, p. 50.
RIOUX, J.-F., et al., « Le néo-réalisme ou la
formulation du paradigme hégémonique en relations internationales », in Études
Internationales, Vol. 19, n°1, 1988.
MACHIAVEL, N., Le Prince (1513), dans N. Machiavel, Œuvres complètes, Paris,
Galimard, coll. « Pléiade », 1952.
NARRATTAM GANN, International relations : Major
concepts and théories. POLITICAL
SCIENCE.
N’DA, P., Recherche et méthodologie en sciences
sociales et humaines. Réussir sa thèse, son mémoire de master ou professionnel,
et son article, Harmattan, Paris, 2015, p. 33.
Phare : « En marge du séjour de Uhuru
Kenyatta à Kinshasa, Est, le Chef de l’État annonce une riposte
Impitoyable », www.lephareonline.net, consulté le 1 Octobre 2021.
OUSSAMA TAYEBI, « La politique étrangère de la
République démocratique du Congo sous la présidence Tshisekedi : entre ambition
de refonte et volontarisme diplomatique », Policy Brief, N° 02/22,
janvier 2022.
SNYDER, R. et al., Foreign Policy Decision-Making.
XXX, La
diplomatie tournée vers le développement et la Paix, le 17 juillet 2021.
XXX, Tshisekedi sur la diplomatie autour de ses
voyages, cas-info.ca, consulté le 10 octobre 2021.
WHO, Ébola
virus disease, External Situation Report 98, 23 June 2020
WWW.jeuneafrique.com, consulté le 3 octobre
2021.
Zoom-eco.net, consulté le 10/10/2021.
[1] Chef de Travaux en Faculté des Sciences Sociales,
Politiques et Administratives de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu/RDC) :
muhisaack@gmail.com.
[2] Étudiante en Faculté des Sciences Sociales,
Politiques et Administratives de l’Université Catholique du Graben (Nord-Kivu/RDC).
[3] Dans le langage politique, l’expression
« diplomatie agissante » est un slogan mobilisateur autour de la
diplomatie du Chef qui est censée apporter des fruits.
[4] N. MACHIAVEL, Le
Prince (1513), dans N. Machiavel, Œuvres
complètes, Paris, Galimard, coll. « Pléiade »,
1952, p. 365
[5] H. J.
MORGENTHAU, Politics among Nations. The
struggle for Power and Peace (1ère éd., 1948), New York, Mac
Graw Hill, 1993, p. 50.
[6] R. SNYDER, et
al., Foreign Policy Decision-Making, Op. Cit., p. 65.
[7] H. KISSINGER, Le
chemin de la paix, Paris : Denoël, 1972, p. 395.
[8] J.-F. RIOUX, et al., « Le néo-réalisme ou la
formulation du paradigme hégémonique en relations internationales », in Études
Internationales, Vol. 19, n°1, 1988, p. 57.
[9] NARRATTAM GANN, International relations : Major
concepts and théories. POLITICAL
SCIENCE. p. 8.
[10] SECRETAIRE GENERAL ACADEMIQUE, Tableau statistique
des étudiants inscrits à l’UCG, AA 2020-2021.
[11] Ibidem.
[12] Son mandat ira de février 2021 à février 2022.
[13] Éviter les guerres par procuration dans l’Est
de la RDC et les Grands Lacs, reliefweb.int, consulté le 1 octobre 2021.
[14] Phare : « En marge du séjour de Uhuru
Kenyatta à Kinshasa, Est, le Chef de l’État annonce une riposte
Impitoyable, www.lephareonline.net, consulté le 1 Octobre 2021.
[15] FCC = Front commun pour le Congo est la plateforme
politique détentrice de la majorité parlementaire et CACH = Cap pour le
changement dont est issu le Chef de l’État.
[16] Bilan des acteurs de la société civile mis à jour le
11/10/2021.
[17] XXX, La
diplomatie tournée vers le développement et la Paix, 17 Juillet 2021.
[18] Ibidem, Jonas KiboloKuma,
www.jeuneafrique.com, consulté le 3 octobre 2021.
[19]Amédée, L’an 2 de Félix Tshisekedi : le Francs
congolais s’est déprécié de 2,4 % en 2019 et 5,16 % en 2020, deskeco, consulté
le 3 octobre 2021.
[20] Ébola a par exemple coûté la vie à 2280
personnes. Cf. WHO, Ebola virus disease, External Situation Report 98, 23
June 2020, p. 2.
[21] Olivier Kaforo, zoom-eco.net, consulté le 10/10/2021.
[22] XXX, Tshisekedi sur la diplomatie autour de ses
voyages, cas-info.ca, consulté le 10/10/2021.
[23]
Émission spéciale: RDC: le ministre Patrick Muyaya face aux auditeurs,
RFI, 05/11/2021, disponible https://www.rfi.fr/fr/podcasts/appels-sur-l-actualit%C3%A9/20211105-1-%C3%A9mission-sp%C3%A9ciale-rdc-le-ministre-patrick-muyaya-face-auxauditeurs cité
par OUSSAMA TAYEBI, « La politique étrangère de la République démocratique
du Congo sous la présidence Tshisekedi : entre ambition de refonte et
volontarisme diplomatique », Policy Brief, N° 02/22, janvier 2022,
p. 7.
[24] Après les élections de décembre 2018, le Front Commun
pour le Congo (FCC), plateforme politique de l’ancien Chef de l’État
Joseph Kabila Kabange, a eu la majorité absolue au parlement congolais alors
que le Cap pour le Changement (CACH), plateforme politique du Président Félix
Tshisekedi, est resté minoritaire. Les deux plateformes ont coalisé pour la
constitution du gouvernement.