https://doi.org/10.57988/crig-2325
Faustin Mumbere Kateghula[1]
Résumé
Le
système de vente des produits agricoles est encore traditionnel dans la zone de
vie de Butembo et ses environs. Il n’y a pas de système d’information entre
producteurs et consommateurs de ces produits de consommation. Le problème se
pose plus avec acuité dans un contexte de confinement, de catastrophe
naturelle, sécuritaire précaire ou toute autre restriction, où le lien entre
l’offre et la demande agricoles est souvent compromis. Ainsi, il existe une
asymétrie d’information sur le marché agricole des produits alimentaires et
cela entre les zones rurales et celles périurbaines, productrices de ces biens
et les divers centres urbains alors consommateurs, telle est la Ville de
Butembo. Cette recherche a permis de réaliser une application web afin de
faciliter le partage d’informations entre producteurs et consommateurs
agricoles pour une rencontre aisée entre l’offre et la demande agricoles. La
solution informatique proposée, conviviale et adaptée au contexte du milieu
jusqu’ici tourne en local.
Mots-clés : Application web, offre et demande,
produits agricoles
Abstract
The system for selling agricultural products is still
traditional throughout Butembo city and peripheral. There is no information
system between producers and consumers of these consumer products. The problem
is particularly acute in a context of confinement, natural disaster, precarious
security or any other restriction, where the link between agricultural supply
and demand is often compromised. Thus, there is an asymmetry of information on
the agricultural market for food products between rural and peri-urban areas,
producers of these goods, and urban centers, consumers, such as the city of
Butembo. The research has made it possible to create a web application to
facilitate the sharing of information between agricultural producers and
consumers for an easy meeting between agricultural supply and demand. The
proposed Iinformatic solution is a user-friendly
website adapted to the context of the area, which has so far been run locally.
Keywords: Web application, supply and demand,
agricultural products.
Les produits agricoles constituent la première
base alimentaire sur laquelle vivent les ménages dans le monde. La Ville de
Butembo et ses environs ne font pas exception à cette réalité. Tout le monde doit avoir accès à une
nourriture saine et cela à moindre coût d’obtention. Cependant, certaines
contraintes comme le pouvoir d’achat de la population, la sous-information, les
catastrophes naturelles,… limitent la capacité d’accès à une nourriture
suffisante, nutritive et sans danger.[2] Même si le pouvoir d’achat est la contrainte la plus
culminante, la sous-information sur l’offre et la demande des produits de
consommation l’est aussi.[3]
En effet, dans certaines circonstances de la vie, il
arrive que l’on ait la capacité d’acheter ou de vendre, mais faute
d’information précise, sur le lieu d’obtention ou d’écoulement des produits, on
n’assouvit pas sa soif[4].
Pour les produits
de consommation, la sous-information sur le lieu favorable de production, sur
la nature des produits, mais aussi
sur le lieu favorable de leur
écoulement, constitue plus qu’un manque à gagner tant du côté du producteur que
du consommateur. Avec le système d’information qui est encore traditionnel
(bouche à bouche) sur le marché des produits agricoles, la situation était
devenue plus que pire pendant la période
de la pandémie de COVID-19. La
sous-information se fit amplifier.
En effet, les normes opérationnelles pour les
entreprises, places de masse, même les marchés de produits alimentaires ont été
mises en évidence : Maintien total d’une distance physique d’au moins un mètre
entre chaque personne, y compris celles qui sont assises, limitation des
contacts physiques non essentiels dans toute la mesure du possible, etc. L’application de ces mesures a entraîné la fermeture
d’un grand nombre d’entreprises, d’écoles et d’établissements d’enseignement. L’OMS avait recommandé de maintenir une distance d’au moins
1 mètre entre les personnes[5].
Pour la FAO, dans des circonstances pareilles, des mesures
rapides pour protéger la circulation des denrées alimentaires entre les entités
sont essentielles pour atténuer le risque de chocs importants qui auraient un
impact considérable sur tout le monde, plus particulièrement sur les pauvres et
les plus vulnérables »[6].
Les conséquences de la
sous-information en matières des produits agricoles sont néfastes à telle
enseigne que, pendant que certaines
régions connaissent de pléthores agricoles, d’autres ont besoin des produits
agricoles pour vivre. Et
beaucoup sont les produits qui « meurent » dans le champ, se détériorent
pendant le transport ou encore leur stockage au marché, faute d’information pour
ceux-là qui en auraient fort besoin. Par ailleurs, faute d’information précise
sur le lieu favorable des produits de consommation cherchés, il arrive que
certains consommateurs engagent des frais de transport pour aller au marché,
alors que les producteurs ou les vendeurs de ces mêmes produits sont même leurs
voisins en domicile.
De fil en aiguille, notre préoccupation est de savoir comment
user des possibilités offertes par les
nouvelles technologies d’information et de communication pour mettre en œuvre un système d’information, un
système qui pourra faciliter la rencontre en ligne entre l’offre et la demande
agricoles. Ce qui aura comme conséquences de permettre aux producteurs
d’écouler facilement leurs produits aux marchés favorables, mais aux consommateurs d’acheter les produits
de leur choix, de leur goût, de leur nature et cela à l’état frais, mais aussi
de diminuer quantités des déchets ou résidus alimentaires dans les marchés, par
la bonne politique de livraison à domicile exemptée de certaines taxes.
C’est
ainsi que nous présumons que la conception d’une application web, responsif,
convivial et informatif permettrait de mettre en œuvre un espace de partage
d’informations agricoles pour la rencontre entre l’offre et la demande
agricoles.
L’objectif général de cette étude est de contribuer à l’accès aux produits de consommation dans un contexte de sous-information, en facilitant le partage d’informations sur l’offre et la demande en produits agricoles, de présenter ces produits de consommation dans une vitrine en ligne et d’en simuler un espace d’achat/vente. C’est dans cette veine d’idées que cet article tente d’étudier la possibilité de la conception d’une application web pouvant permettre et faciliter la rencontre entre l’offre et la demande agricoles dans une période de crise d’information précise, faute d’un support pouvant faciliter le partage d’information sur l’offre et la demande agricoles.
À travers ce
premier point, les théories sur le marché de biens de consommation, l’asymétrie
de l’information dans le marché agricole, et l’intégration des TIC en
agriculture restent les principales
théories auxquelles nous faisons allusion.
Cette
théorie part du postulat que les marchés agricoles sont volatiles. Les prix y
sont très instables et donc inefficients. En effet, toute personne familière du
fonctionnement des marchés en général sait bien que, dans un marché, le prix
dépend à la fois de l’offre et de la demande. Par rapport au prix, l’offre et
la demande sont, l’une croissante et l’autre décroissante, avec beaucoup de
chances qu’elles se rencontrent quelque part : En ce point, l’offre est égale à
la demande, et c’est donc le « point d’équilibre du marché »[7].
Cet équilibre entre l’offre et la demande joue un rôle important dans la
théorie de la stabilité des marchés. Sur tous les marchés, il existe toujours
des variations de l’offre et de la demande, et donc, des variations
instantanées du prix. Et
pour Boussard[8],
ces variations sont de grande
amplitude et plus importantes en agriculture qu’ailleurs, et surtout pour les
marchés de produits de première nécessité.
Les
marchés agricoles, normalement, assureraient une production voisine de la
demande « normale », mais les « bonnes » ou les « mauvaises récoltes »
contrarient son bon fonctionnement, que le plus souvent, l’offre est plus
faible ou plus forte que prévue, et la rigidité de la demande amplifie ces
fluctuations[9].
Faute d’information sur la disponibilité d’un produit, il arrive que la demande
n’en soit pas exprimée, le plus surtout pour les produits de consommation. De
cette théorie, nous sommes tenté de pouvoir croire qu’en concevant un site web
de partage d’information sur l’offre et la demande agricoles, ceci permettra tant
soit peu le partage d’informations sur l’offre disponible et la demande
exprimée ainsi que la stabilité du marché agricole.
La théorie
d’asymétrie d’information dans un marché agricole est basée sur l’hypothèse que
les informations ne sont pas plus équitablement disponibles pour les
producteurs et les consommateurs au même moment et de la même manière et par
conséquent chaque partie en a une perception différente de celle de l’autre[11]. La grande problématique
de l’asymétrie d’information se pose plus avec acuité dans le marché des
produits dits responsables. Le plus
souvent, seuls les producteurs détiennent de vraies informations sur la nature
et les qualités de leurs produits. Et pourtant, des producteurs, les
consommateurs attendent vivement l’offre des produits de consommation attirant
qualité et confiance.
Cependant,
dans beaucoup de marchés des produits de consommation tels sont les produits
agricoles, il arrive que les producteurs manipulent les attributs de leur
production et les fassent acheter aux consommateurs avec des qualités
« placebo » et trompeuses. Les consommateurs s’en sentent déçus après
conclusion d’achat pour avoir acheté des produits ne répondant pas à leurs
attentes et finissent par perdre confiance au producteur. On parle alors d’aléa
moral qui est assimilé à un opportunisme ex post[12]. Sylvester et ses collaborateurs indiquent
sûrement que l’asymétrie de l’information limite traditionnellement l’accès au
marché de petits agriculteurs. Ils considèrent que la difficulté pour adopter des
technologies modernes inhibe la capacité à améliorer la productivité de petites
exploitations agricoles.[13]
Cette
théorie vient renforcer celle évoquée ci-haut en montrant que l’asymétrie de
l’information compromettrait la rencontre aisée entre l’offre et la demande
agricole d’une part, mais aussi le rôle prépondérant que l’adoption des
technologies modernes d’information permettraient de lutter contre cette asymétrie
et ainsi faciliter l’accès aux produits de consommation, d’autre part.
Dans une société où les
producteurs et les consommateurs utilisent déjà certains outils du domaine des TIC
pour leurs divers besoins quotidiens, l’intégration de ceux-ci dans leurs
activités agricoles doit renforcer leur rapprochement et ainsi booster leur
chaîne de valeur ajoutée.[14]
Les
études de cas de divers pays en développement indiquent que la consommation des
TIC, plus particulièrement les téléphones mobiles est en augmentation parmi les
entreprises rurales et contribue de façon positive à la croissance des
entreprises au sein des zones rurales[15].
Dans le cas de petits agriculteurs, divers besoins d'information peuvent être
identifiés le long de la chaîne de valeur dans le cadre de leurs activités
principales et de soutien.
Dans
l’agriculture, les TIC renforcent les systèmes d’information sur les marchés
(SIM). Elles fournissent principalement des données sur les offres et les
demandes, les prix et les besoins de certaines régions ou villes. Il y a des
preuves croissantes que l'accès amélioré aux TIC a plus aidé les agriculteurs à
répondre à certains ou la totalité de leurs besoins.
Pour
Aker[16],
les téléphones et les ordinateurs via
l’internet ont aidé les acteurs agricoles d’accéder à l’information sur l’offre
et la demande, à réduire les coûts de transaction liés au voyage et aussi le
temps d'attente pour atteindre les clients, de renforcer leur pouvoir de
négociation, de réduire leur dépendance à l'égard des intermédiaires, ont
augmenté bien plus leurs revenus et amélioré leurs liens avec les différentes
parties prenantes. D'autres études ont confirmé que les téléphones mobiles
peuvent aider les agriculteurs à éviter les intermédiaires.
L'internet
et le web sont des outils potentiellement puissants pour fournir de
l'information aux utilisateurs et à des fins de commercialisation. Cependant,
la grande majorité des entreprises situées dans les communautés rurales pauvres
ont peu ou pas accès direct à internet et ils n'ont souvent pas les compétences
nécessaires pour faire un usage efficace de la technologie.
Les innovations technologiques
pour rapprochement en ligne entre producteurs et consommateurs agricoles ont
fait et font l’objet de plusieurs recherches des jeunes innovateurs
informaticiens :
En Italie par exemple, dans la
région d’Aquitaine, le groupe « jeunes innovateurs » ont développé
beaucoup de sites web de Vente des produits agricoles, plus spécialement les
fruits et leurs dérivées, tels sont les vins. Dans ces sites, ils misent sur
l’exposition des produits disponibles, mais aussi sur les possibilités de
commande et d’achat, voire de paiement[17]. Leur limite est qu’ils n’ont
nullement prévu d’espace d’échange et de communication entre producteurs et
consommateurs.
Dans le sud du Portugal,
« Adelaide.Farm » est une plateforme
en ligne (un marché virtuel) où les petits agriculteurs peuvent se mettre en
contact avec les consommateurs urbains portugais. Grâce au site internet, les
consommateurs peuvent beaucoup aisément acheter des produits (issus d’une
agriculture responsable) et même disposer d’un potager en ligne, tandis que les
agriculteurs peuvent aussi vendre leurs produits à des prix équitables,
augmentant ainsi leurs revenus. Cette plate-forme mise seulement sur l’achat et
la vente sans créer un espace de partage d’informations entre vendeurs et
acheteurs.
Alloysius Attah, un jeune
chercheur ghanéen, vu la désinformation entre agriculteurs de son pays face aux
diverses contraintes météorologiques, a bien constaté la nécessité de fournir
aux villages ghanéens un accès aux informations essentielles concernant les
meilleures pratiques agricoles et a ainsi donc conçu une application dénommée
« Farmerline ».
Elle envoie quotidiennement plusieurs SMS provenant d’agents de vulgarisation
pour dispenser les meilleures pratiques de culture aux agriculteurs. L’application est basée spécialement
sur la communication, mais ne prévoit pas l’exposition et l’achat des produits de consommation en ligne.
Moses Nganwanitia, ghanéen de nationalité, a conçu l’application
« SavaNet »
qui fournit une plateforme d’audioconférence que les agriculteurs peuvent
rejoindre pour bien obtenir plusieurs informations actualisées sur leur
production. Traditionnellement, les réunions se tenaient en personne et les
agriculteurs étaient ainsi contraints d’abandonner leurs exploitations pour
assister aux sessions. Avec les plateformes téléphoniques, les agriculteurs
peuvent se connecter par téléphone quel que soit l’endroit où ils se trouvent –
depuis la maison, le marché ou leur exploitation. SavaNet travaille également à
l’amélioration de l’accès au marché des agriculteurs en leur communiquant les
prix du marché par SMS. De cette manière, les agriculteurs ont la certitude
d’obtenir les meilleurs prix au lieu d’être floués par des intermédiaires peu
scrupuleux ou des acheteurs négociateurs. La limite est que, tout en facilitant
la communication, l’achat et la vente, il ne prévoit pas un forum d’échange sur
d’autres thèmes d’amélioration et valorisation de l’agriculture.
Le jeune kenyan, Calvince Okello, a conçu l’application M-shamba pour mettre les agriculteurs en
relation avec les vulgarisateurs, services locaux et marchés virtuels via le SMS ; M-shamba propose trois services aux
agriculteurs : apprendre à bien cultiver une culture spécifique, connaître les
prestataires de services dans sa région, et accéder au marché ». M-shamba est
basé largement sur la communication et non sur l’exposition des produits
alimentaires[18].
Plusieurs
autres recherches louant les mérites de l’insertion des NTIC en agriculture ont
montré leur puissance en termes de réduction des coûts liés à la recherche de
l’information, la dispersion des prix dans les différents marchés et les
fluctuations de ces prix au sein du marché.
Aker,
dans une étude sur les marchés de céréales au Niger, a montré que l’utilisation
des téléphones portables, en réduisant les frais de transport et en corrigeant
l’asymétrie de l’information, a favorisé l’harmonisation et la baisse des prix
pour les consommateurs ainsi que l’augmentation des profits pour les
négociants.[19]
Dans
un travail sur l’intégration des TIC et l’asymétrie d’information sur le prix
en agriculture, Jensen[20]
est donc parvenu à la conclusion que le développement de la téléphonie mobile a
entraîné une réduction importante de la dispersion des prix entre les
différents marchés ainsi qu’une réduction du gaspillage.
La spécificité de cette
recherche est que contrairement aux réalisations ci-haut évoquées qui ont
toutes misé sur l’aspect global de publier les produits agricoles, de partager
les informations sur le marché de ces produits et les conseils sur
l’agriculture, cette recherche se veut
réaliser un projet pour, non seulement la publication des produits agricoles et
le partage de l’information, mais aussi pour l’organisation en ligne d’un forum
agricole basé donc sur une communication instantanée et interactive dans lequel
on peut discuter au sujet de divers thèmes sur l’amélioration et valorisation
de l’agriculture dans un contexte d’une agriculture artisanale dans un milieu en fracture numérique
significative.
Pour
mener notre recherche et réaliser un travail répondant à notre objectif qui est
de créer un système informatique de rencontre entre l’offre et la demande alimentaire
dans un contexte de confinement, nous avons mené une démarche qui a commencé
par la documentation et la descente sur terrain Par la suite, la modélisation
informatique appuyée par la démarche UP est intervenue. Enfin, le développement
et la simulation par des tests en local ont été faits pour pouvoir atteindre
l’objectif de cette étude.
La
documentation a consisté à la recherche et la lecture des ouvrages relatifs à
l’organisation du marché agricole et plus surtout la facilitation de la
rencontre entre l’offre et la demande ainsi que la lutte contre le coût lié à
l’intermédiation. Elle nous a permis de nous rendre compte sur ce que l’on a
fait dans d’autres cieux en usant des NTIC pour une agriculture plus rentable.
Cette
documentation nous a amené à réaliser des descentes sur terrain dans des
marchés agricoles de Butembo où nous avons tenu des entretiens avec les
producteurs et les consommateurs au marché afin de nous rendre compte des
difficultés qu’ils rencontrent pour la rencontre entre l’offre et la demande
des produits de consommation surtout dans un contexte de sous-information sur
l’offre et la demande agricoles. Après cette descente, nous avons constaté que
faute d’information et de rapprochement, les producteurs et consommateurs
agricoles enregistrent beaucoup de manques à gagner. De ces entretiens
renforcés par notre observation libre, nous avons dégagé les besoins ressentis
par les uns et les autres et la solution attendue.
En
nous entretenant avec les différents acteurs et potentiels utilisateurs de ce
système dans les phases de capture des besoins, nous avons constaté qu’ils ont
envie de partager les informations sur le marché agricole, d’engager diverses
discussions sur certains thèmes relatifs à l’agriculture, d’exposer des
échantillons de leurs produits et de commander alors en ligne. Mais, la crainte persiste au niveau de
paiement en ligne qui n’est pas sécurisé et rassurant. Cependant, du point de
vue technique, les besoins d’adaptabilité de la plate-forme aux TIC utilisées
(téléphone et ordinateur), la facilité d’utilisation et de maintenance ont été
exprimés.
Ayant
compris les besoins ressentis pour bien réaliser un marché où désormais l’offre
et la demande se croisent facilement, des procédés ont été entrepris. Soutenant
l’idée de Masivi Osée[21],
la modélisation est un ensemble de procédés entrepris afin de construire de
représentations abstraites et aussi simplifiées de notre entité ou d’un système
(marché agricole) d’information pour le décrire, l’expliquer ou le prévoir. Cette
méthode nous a bien permis de représenter le système du marché agricole local
sous un modèle abstrait en ligne pouvant permettre l’échange d’informations
agricoles sur l’offre et la demande. Pour ce faire, nous avons recouru au
langage de modélisation UML (Unified Modeling Language).
Pour
modéliser notre système en usant du langage UML, nous nous sommes posé des
questions sur les deux principaux aspects qui suivent : Les aspects fonctionnels s’expliquent
à travers les questions suivantes : Quels sont les besoins des producteurs et
consommateurs des produits agricoles dans un contexte de manque de
sous-information ? Comment les actions devront-elles se dérouler pour
satisfaire ces besoins ? Quelles informations seront utilisées pour cela ? Pour les aspects en rapport avec
l’architecture, quels seront les composants logiciels à utiliser
(base de données, librairies, interfaces, etc.) ? Sur quelles technologies
devront-elles tourner ? Ces questions nous ont donc amené à représenter
les vues de notre système en termes de diagrammes.
Les outils logiciels tels que Sublime
comme éditeur du code, WAMP server , CSS,
PHP et Photoshop, respectivement
pour la gestion de la base des données, la mise en forme du site, la
dynamisation du site et le traitement des photos et autres images utilisées
dans le site, ont permis de bien simuler le marché physique et de développer
notre plate-forme, marché virtuel, d’une
façon itérative et incrémentale en usant des tests successifs pour apprécier si
notre système marche bien pour satisfaire les divers besoins pour lesquels il
est réalisé.
En effet, nous avons donc construit
une architecture technique et un squelette de la plate-forme tenant compte des
besoins des utilisateurs. Puis, est venue une étude détaillée de chaque
fonctionnalité pour plus d’efficacité et de satisfaction des besoins
techniques. Cette étape nous a amené à l’étape de codage où nous avons codé
d’une façon itérative et incrémentale en testant au fur et à mesure les
différentes unités codées. Enfin, nous avons validé les fonctionnalités de
notre plate-forme.
Nos analyses des besoins des acteurs des produits de consommation (producteurs et consommateurs) en termes d’attentes sur un le marché agricole en ligne nous a fait aboutir aux résultats suivants :

Administrateur (Login, password, #Iclient,
#IdCategorie,#Idprod).
ProduitAgricole (Idprod, NomProd, imagProduit, Stock, prix, Description,, #IdLivraison).
Catégorie (IdCatégorie, NomProd, #IdProduit).
ClientMembre (IdClient, Nom, Postnom, Genre, Mail, Téléphone, Motpasse, Ville, pays,#Idprod,#IdCommande, #Idinfoagri).
SuiviCommande (Idcontact, NomExp,
Adresse, phone, Objet, message, Date de publication,#IdCommande)
Commande (IdCommande, DateCom, Destination, Téléphone, mail,
message, Nomprod,#Livraison)
Forumagri (Idinfoagri, Type, objet, Expéditeur, Message, Date publicat)
Livraison (IdLivraison, Date, Lieu, Mode).

Image 2. Diagramme de déploiement
Il est montré dans ce
diagramme ci-dessus que tous les producteurs et les demandeurs des produits devront
d’abord présenter les informations concernant leurs produits chez
l’administrateur au niveau de chaque site de production. Celui-ci doit les
censurer avant de les publier. Toutefois, tous les internautes peuvent aussi
s’informer près de l’administrateur du site le plus proche afin de leur octroyer
le lien pour accéder aisément au marché des produits alimentaires en ligne.
- Un internaute, en se connectant sur notre site, accède au
formulaire d’inscription pour devenir client effectif ou membre, alors qu’un
client accède au formulaire de connexion pour gérer son compte ;
- Les informations fournies par un internaute visiteur sur le formulaire d’inscription et qui veut
devenir membre, peuvent être transmises à la boîte de validation, mais également peuvent ne pas l’être faute
d’une complétion conforme aux différents champs de ce formulaire ;
- L’administrateur du système jouit de tous les droits sur l’inscription d’un
internaute visiteur : Il peut donc valider l’inscription ou pas, de le modifier
ou même de supprimer, mais aussi il peut désactiver ou activer celui qui existe
déjà ;
- Fini la validation d’une
inscription par l’administrateur du système, un message de confirmation est
envoyé à l’internaute et une mise à jour est effectuée pour chaque action
qu’opère l’administrateur sur les acheteurs ou les producteurs agricoles ;
- Un producteur agricole, par le biais de l’administrateur du
système, doit accéder au formulaire de vente pour soumettre son produit au système
afin d’être exposé à tous les visiteurs du site ;
- Pour cela, il doit donc compléter toutes les informations
demandées se rapportant sur son produit afin de le faire comprendre et
apprécier aux visiteurs et aux membres du marché ;
- Les informations fournies
par un producteur agricole sur le formulaire de vente peuvent ou ne pas
être transmises à la boîte de validation, car il peut arriver qu’il le complète
mal ;
- L’acheteur agricole doit préciser son (ses) produit(s) acheté(s)
dans la référence de sa transaction lors de son payement ; ce qui
permettra à l’administrateur de savoir qui a payé pour quoi ;
- Un acheteur possédant un compte (panier) peut le gérer facilement tout
en modifiant, en ajoutant ou en supprimant de ses produits ;
-
Une mise en jour des produits est
effectuée à chaque modification de l’administrateur et du client ;
-
Le producteur propose une nouvelle catégorie de produits
agricoles grâce au formulaire d’ajout produits ;
-
L’administrateur du système analyse la
proposition et peut ou ne pas l’approuver ou alors il la modifie, la supprime
ou crée une autre ;
-
Les modifications de l’administrateur
entraînent automatiquement une mise en jour de différentes catégories dans le
système pour être enfin affichées ;
-
L’administrateur consulte, répond, cache
ou approuve s’il s’agit d’un commentaire ou carrément il le supprime ;
-
Les messages envoyés à l’administrateur du
système doivent rester sauvegardés, tandis que les commentaires approuvés sont
affichés.
Au travers de ce point, nous
présentons certaines fonctionnalités de notre système en affichant les
interfaces graphiques bien correspondantes aux objectifs de la présente
recherche :
Nous référant
à la théorie sur la rencontre entre l’offre et la demande agricole et la
désinformation, l’un des objectifs de travail est de créer un espace d’échange
où producteurs et consommateurs agricoles partagent les informations sur les
offres et les demandes bien disponibles, les différentes innovations agricoles.
Pour ce faire, tout l’internaute cliquera sur le premier menu de notre
plate-forme, « Menu Forum Agricole »
où se suivent les différents thèmes agricoles qui peuvent faire l’objet de
discussion d’échange entre les producteurs et les consommateurs agricoles. Ce
forum permettra une communication instantanée et interactive comme des média
sociaux, tels que Face book et Whatsapp. Cet
aspect n’est donc pas pris en compte dans les réalisations antérieures évoquées
ci-haut.

Image
3. Interface du Forum agricole
Il
est plus interactif que les SMS ordinaires.

Image
4. Interface de discussion dans le Forum agricole
Mais
pour y participer, on doit avoir pris inscription
pour lui permettre de se connecter et publier ou commenter.
Épousant
la théorie que certains événements inattendus comme les pandémies, les
catastrophes et la sécurité, peuvent faire restreindre l’accès aux marchés
physiques de vente des produits agricoles, on a mis sur le site un espace
d’exposition des offres agricoles et cela par catégorie. En effet, une fois
connecté au site, tout visiteur internaute se trouvera affiché directement sur
notre marché en ligne à travers la page d’accueil.
Image 6.
Vitrine d’offres et exposition des produits agricoles
Cette page
est un espace en ligne qui lui permet de consulter non seulement le catalogue
de nos produits agricoles affichés, mais aussi de voir les principaux
producteurs pilotes de telle ou telle autre catégorie des produits agricoles et
cela selon les principaux sites de production. À ce moment, il peut
contacter un agriculteur pilote, car en pointant juste son nom dans cette zone,
son numéro téléphonique et son adresse mail s’afficheront en infos Bull.
Le
« Menu catégorie » permettra à tout internaute visiteur de choisir
une catégorie des produits et n’afficher que les produits de cette catégorie
ciblée. Diverses possibilités de
paiement par airtelmoney
seront prévues dans l’application ; mais aussi cela pourra requérir
d’abord l’aval de maison de télécommunication pour livrer le protocole. Le client passera au paiement des produits en
choisissant entre le payement à la commande et celui à la livraison et donc il
complétera la carte de paiement. Pour que ce paiement mobile soit possible, le
client devra avoir ouvert un compte d’opérateur mobile où il effectuera
régulièrement toutes les opérations passées à la plate-forme en ligne.
Image 7. Paiement par Airtelmoney.
Étant
donné que dans la zone de la présente recherche, l’agriculture est faite le
plus souvent par une classe moyenne à moyens limités dans un environnement
moins équipé en différents outils technologiques, la mise en œuvre effective du marché tiendra dans le respect de certaines
observations suivantes :
- La
création des groupes coopératifs de producteurs et/ou consommateurs selon les
différents axes agricoles : Chaque axe aura un ordinateur et un
administrateur compétent pour orienter les agriculteurs. Ceci amoindrira le
coût d’accès à la plate-forme agricole ;
- L’exploitation
judicieuse de l’infobulle apparaîtra par un simple clic dans le nom d’un
producteur, car elle affichera son contact téléphonique et son adresse physique
qui permettront de l’atteindre par SMS standard ou dans un face à face ;
- Comme
les producteurs et les consommateurs utiliseront alors le paiement électronique
(Airtelmoney, M-pesa, Orangemoney),
une collaboration devra être établie avec les divers opérateurs téléphoniques pour
offrir la possibilité des paiements via leurs
voies disponibles et quotidiennement utilisées ; cette possibilité sera
déjà prévue dans l’application ;
- À
chaque axe agricole devra fonctionner un comité de censure chargé de vérifier
la qualité et la quantité des produits avant de poster leurs images dans le
site. Ceci renforcera la confiance rapprochant plus ces images de la réalité
qu’elles représentent.
Cette étude
est partie de la question principale qu’entre les producteurs agricoles et les
consommateurs de leurs produits, il existe un problème de communication :
la rencontre a lieu souvent dans un marché local où toutes les deux parties se
croisent fortuitement sans que l’une soit informée au préalable par l’autre
capable de satisfaire sa demande ou d’absorber son offre disponible. Le plus
souvent, c’est donc la technique de bouche à oreille ou carrément la chaîne
d’intermédiation qui se fait pour cette cause. À partir de la présente
recherche, nous avons voulu réaliser une solution informatique qu’est le marché
agricole en ligne susceptible de mettre en contact l’offre et la demande
agricoles.
Par les
méthodes de modélisation et de simulation et du prototypage, nous sommes
parvenu à créer une application web agricole où après s’être connectés, les
producteurs et consommateurs agricoles peuvent partager les informations
agricoles et ils peuvent étaler les productions aux potentiels consommateurs.
Dans le
contexte de notre société à fracture numérique manifeste, l’organisation des
groupes coopératifs selon les sites agricoles permettra de tirer une bonne
valeur ajoutée de l’utilisation de cette solution informatique. Cependant,
chaque site agricole devra avoir un administrateur du site pour censurer et
pour valider les produits à exposer en ligne et faire accéder les producteurs
et les consommateurs n’ayant pas de moyens technologiques au marché en ligne.
Loin de nous
l’idée de prétendre avoir résolu le problème de rencontre entre l’offre et la
demande agricole en ligne, la possibilité d’accéder aux différentes
informations de l’offre et la demande agricoles ainsi que le partage
d’informations agricoles par SMS ordinaires, sans besoin de connexion, fera
l’objet d’une étude ultérieure.
AKER, J. C., Does Digital Divide
or Provide? The Impact of Cell Phones on Grain Markets in Niger. Bureau for
Research and Economic Analysis of Development,
Niger, 2008.
AKER, J.C., Usage du téléphone en agriculture dans
l'Amazonie, 2008.
BARTELEMY, C., Économétrie du déséquilibre du marché agricole, Paris, 1989.
BOUSSARD, J-M., When risks generates chaos, Journal of
economic Behaviour and Business, Born, 1996.
BOUSSAROQUE, A., Analyse des sites aquitains de vente en
ligne de produits agricoles, état des lieux et perspectives, Rome. Juin
2010.
CONSEIL TECHNIQUE POUR L’AGRICULTURE, « Les
Jeunes Innovateurs en Afrique », in Journal économie verte, Accra,
2014.
DELMAS, M., Accès
au marché et commercialisation des
produits agricoles, Paris 2008.
FAO, Covid-19 : le monde n’a
pas besoin d’une crise alimentaire à ce moment, Nations Unies, vol. 21.
FREMPONG, Lesdiverses utilisations des NTIC à nos jour,
Accra, 2007.
GALBRAITH,
A theory of price control, Havard University, Cambridge, 1952.
GOODMAN COMPANY, Society
integration TIC, Kisumu/Uganda, 2007, interview RFI, le 26 avril 2020.
GROLLEAU, G. et CASWELL, J.-A.,”Interaction Between Food Attributes in
Markets : The Case of Environmental Labeling”,
in Journal of agricultural and resource economics , no3,
2006.
JENSEN, R.T., “The digital provide:
Information (technology), market performance, and welfare in the South Indian
fisheries sector”, in The Quarterly Journal of Economics , 2007.
KARSTENS, “Informations
asymmetries, labels and trust in German food market, A critical analysis based
on the economics of information”, in International journal of Advertising,
n°2.
MASIVI, O., Analyse et conception des systèmes orientés
objetc avec UML, Universités Européennes. 2018, P.42
OMS, Nouveau Coronavirus : conseils au grand public, Genève, 2020.
PAM, Les catégories vulnérables en produits alimentaires en Afrique
Subsaharienne, Rome, Rapport 2017.
ROURE, F.L., Systèmes d’informations
sur les marchés agricoles, SIMA, San José, OIMA, 2016.
SYLVESTER, l'asymétrie de l'information, un fléau au
marché, avoir plus , Paris,
2013.
TSAO, “Brand signal quality of
products in an asymetric online information
environment, an experimental study”,
in Journal of consumer behaviour,
Venezuela, 2011.
[1] Assistant au Département d’Informatique de Gestion à
l’Institut Supérieur Pédagogique de Muhangi (Nord-Kivu/RDC) : faustinkateghula2019@gmail.com
[2] PAM, Les
catégories vulnérables en produits alimentaires en Afrique Subsaharienne,
Rome, Rapport, 2017.
[3] M. DELMAS, Accès
au marché et commercialisation des
produits agricoles, Paris, 2008, p. 13.
[4] KARSTENS,
“Informations asymmetries, labels and trust in German food market, A critical
analysis based on the economics of information”, in International journal of Advertising, n°2, p. 189.
[5] OMS, Nouveau
Coronavirus : conseils au grand public, Genève, 2020, p. 4.
[6] FAO, Covid-19 :
Le monde n’a pas besoin d’une crise alimentaire à ce moment, Nations Unies,
vol. 21.
[7] C. BARTELEMY, Économétrie
du déséquilibre du marché agricole, Paris, 1989, pp. 203-221
[8] J-M. BOUSSARD, When risks generate chaos, Journal of economic Behaviour and Business,
Born, 1996, p. 59.
[9] GALBRAITH, A theory of price control, Havard
University, Cambridge, 1952, p. 36.
[10] F.L. ROURE, Systèmes
d’informations sur les marchés agricoles, SIMA, San José, OIMA, 2016.
[11] TSAO, “Brand signal
quality of products in an asymetric online information environment, an
experimental study”, in Journal of
consumer behaviour, Venezuela, 2011, p. 10.
[12] G .GROLLEAU et J.-A. CASWELL, “Interaction Between Food
Attributes in Markets : The Case of Environmental Labeling”, in Journal of
agricultural and resource economics , no 3, 2006, pp. 471-484.
[13] SYLVESTER, L'asymétrie
de l'information, un fléau au marché, avoir plus , Paris, 2013, p. 29.
[14] GOODMAN COMPANY, Society
integration TIC, Kisumu/Uganda, 2007, interview RFI, le 26 avril 2020.
[15] FREMPONG, Les diverses utilisations des NTIC à nos
jour, Accra, 2007.
[16] J.C. AKER. Usage du téléphone en agriculture dans
l'Amazonie, 2008.
[17] A. BOUSSAROQUE, Analyse des sites aquitains de
vente en ligne de produits agricoles, état des lieux et perspectives, Rome,
juin 2010.
[18]CONSEIL
TECHNIQUE POUR L’AGRICULTURE, « Les
jeunes innovateurs en Afrique », in Journal
économie verte, Accra, 2014.
[19] J. C. AKER, Does Digital
Divide or Provide? The Impact of Cell Phones on Grain Markets in Niger, Bureau for Research and Economic Analysis of
Development, Niger, 2008, p.
177.
[20] R. T. JENSEN, The digital provide: Information
(technology), market performance, and welfare in the South Indian fisheries
sector, The Quarterly Journal of Economics , 2007, P.48.
[21] O. MASIVI, Analyse et conception des systèmes
orientés objetc avec UML, Universités Européennes. 2018, p. 42.