https://doi.org/10.57988/crig-2306
Muhindo Nzangi Butondo
Résumé
Face aux changements climatiques et à la disparition
des espèces animales, végétales et du souci de protéger ces ressources pour des
générations futures, la création des aires protégées est ainsi motivée. Les
politiques internationales et nationales en font d’ailleurs des priorités. Ces
politiques vont, parfois, à l’encontre des droits « acquis » des
populations qui y habitaient et celles riveraines.
C’est notamment le cas du Parc National des Virunga qui fait l’objet de cette
étude. À travers quatre articulations, cet article exploite les pistes
de gestion efficiente des aires protégées, en général, et de celle du Parc
National des Virunga, en particulier.
Mots clés : aires protégées, Parc National des
Virunga, gestion efficiente
Abstract
Faced with climate change
and the disappearance of animal and plant species and the concern to protect
these resources for future generations, the creation of protected areas is thus
motivated. International and national policies have made this a priority. These
policies sometimes go against the "acquired" rights of the
populations living in and around these areas. This is particularly true of the
Virunga National Park, which is the subject of this study. Through four
articulations, this article explores ways of efficiently managing protected
areas, in general, and the Virunga National Park, in particular.
Keywords: protected areas, Virunga National Park,
efficient management
Introduction générale
|
D |
epuis
la création de l'homme et dans sa vie en symbiose avec la nature, les relations
homme-nature ont toujours été caractérisées par un antagonisme qui parfois a
conduit l'homme à oublier que sa propre survie dépend aussi de la nature. La
destruction des forêts, l'extension des espaces désertiques, la disparition
progressive de la faune et de la flore, l'érosion du sol, la pollution de l'air
sont autant de symptômes des actions inappropriées de l’homme sur la nature
créant un d'un déséquilibre interne du système écologique de la terre. La
dégradation du système écologique ne s'.explique que
par les interventions cumulées agissant les unes sur les autres et renforçant
mutuellement leurs effets sur la nature et le climat. Toutes ces interventions
humaines sont motivées par la recherche du bien-être. Ainsi donc la question de
la conciliation entre le développement économique et l'environnement se pose.
Plusieurs auteurs
classiques ont considéré par erreur le capital naturel comme un bien libre
inépuisable[1], même s'il est en
quantité limitée. La théorie ricardienne sur la rente de Ricardo précise que «Les richesses naturelles sont inépuisables, car sans cela,
nous ne les obtiendrons pas gratuitement. Ne pouvant être multipliées ni
épuisées, elles ne sont pas l'objet de la science économique »[2]. D’autres classiques
comme Adam Smith, Robert Malthus, John Stuart Mill limitent les frontières de
l'économie à la seule sphère marchande. La logique de croissance infinie propre
au capitalisme est physiquement insoutenable, comme le souligne Jacques
Généreux[3]. Tant que notre mode de
vie repose sur la consommation d'un capital non reproductible, il n'est, par
définition, pas reproductible indéfiniment.
A la menace d'un
inéluctable épuisement des ressources, des préoccupations nouvelles comme les
problèmes de santé publique associés à la pollution, le trou dans la couche
d'ozone, l'effet de serre et le changement climatique ont accentué la crainte
majeure qui semble désormais, moins de manquer de ressources que d'être au
contraire, encore en mesure d'en consommer assez pour rendre la planète
invivable. C’est ainsi certains courants écologistes caractérisés des radicaux
ont proposé le changement dans le mode de vie ainsi que le système économique,
comme seul moyen de combattre cette funeste perspective, afin de mettre en
terme rapide à la destruction du patrimoine naturel»[4].
Selon Nicolas Georgescu-Roeggen[5], une autre excellente
raison de prôner la décroissance au moins dans les pays du Nord pour ralentir
la destruction de l’environnement, réside dans l'impératif de développement des
pays du sud. Selon lui, dans un monde où 20% d'habitants du Nord consomment 80 %
de ressources mondiales, l'engagement du sud dans un mouvement mondial pour le
développement durable est politiquement insoutenable s'il ne consiste pas à redistribuer
la consommation des ressources à son profit.
Généreux[6] conclut que la
décroissance au profit d'un développement durable soutenu est impossible et
socialement inacceptable, quand on considère les problèmes sociaux insolubles
auxquels les sociétés modernes sont confrontées dès que la croissance est
seulement ralentie.
Il est évident qu'un
recul annuel permanent de la production de 1% ou même de 0,5 % engendrerait un
véritable chaos social. Selon lui, seules les dictatures effroyables pourraient
l'imposer avant de s'orienter rapidement vers une autre solution. Les
réflexions sur « la croissance zéro » prôné par certains économistes
classiques montre la prise de conscience que la disponibilité des ressources
naturelles et singulièrement des terres cultivables, constituait un facteur
limitant de la croissance. Ce pessimisme
des classiques sera approfondi après un ensemble de faits économiques survenus
après la deuxième guerre
mondiale. La période de la croissance accélérée a subi une remise
en cause radicale avec la prise de conscience de la multiplication des
pollutions et du gaspillage des ressources naturelles.
De par ces analyses
classiques, l'économie ne connaît dès lors que deux phénomènes:
la production et la consommation. Et donc, tout phénomène qui ne se traduit pas
par un échange monétaire sur un marché est ignoré par le système économique.
À la sortie du
processus de production, on retrouve deux types de produits:
les produits destinés à la vente et les déchets. Les Anglo-saxons parlent
d'outputs (extrants) pour désigner tout ce qui sort du processus de production
à savoir les « goods » (biens) et les « bads » (maux, ces derniers désignant les déchets au sens
large, y compris la pollution).
De même la consommation
n'est seulement pas l'usure ou la destruction des biens, mais aussi leur
transformation en résidus.
À partir du moment
où l'économie ignore un phénomène, il en résulte d'évidentes erreurs de
gestion. L’exemple des déchets issus des activités économiques humaines, des
effets des activités économiques humaines préoccupent des plus en plus. C'est
ainsi qu'en étudiant les aspects néfastes du processus économique qu’on peut
estimer son coût réel dans la société. Ce phénomène d’une exploitation
désordonnée de la nature spécialement des aires protégées comme dans des zones
peuplées de la province du Nord-Kivu s’est amplifié. On peut ainsi se poser la
question comment les autorités locales et nationales gèrent des aires protégées
spécialement le Parc National de la Virunga face aux violations quotidiennes du
parc par les populations riveraine. Cet article
analyse ainsi le système de gestion Parc National des Virunga mis en place par
les autorités de l’Institut Congolais de Conservation de la Nature (ICCN) ayant
un effet réel sur le bien-être des populations riveraines des parcs. La
faiblesse de système de conservation (plus répressif que consensuel) explique
en partie une cohabitation chahutée entre la population et le parc dont les
limites sont souvent contestées par les populations riveraines.
Pour répondre à cette
question principale, cette étude s’est fixé des objectifs spécifiques
suivants :
· Inventorier les différentes mesures prises dans le
cadre de la protection de Parc national de la Virunga
· L’analyse de la gestion des terres de parcs pour
éviter toute spoliation par des populations souveraines
Pour réaliser les
différents objectifs, nous avons recouru aux approches socio-historiques et
environnementales aux techniques d’enquête et aux récits recueillis auprès des
populations locales et auprès de gestionnaire du parc. Cette étude comprend
deux points à savoir une brève présentation du parc de la Virunga et les
différentes mesures qui ont été prise dans le cadre de sa protection et de sa
conservation.
1. Gouvernance administrative du parc national des Virunga
Ce point va consister à
circonscrire la gouvernance administrative du Parc National des Virunga.
1.1. Gestion administrative du PNVI
Le Parc National des
Virunga est l'une des réserves naturelles intégrales ou quasi intégrales de la
RDC gérées par l' «Institut congolais pour la
conservation de la nature », ICCN en sigle, un établissement public doté de la
personnalité juridique et soumis au contrôle du ministère de l'environnement,
conservation de la nature et tourisme.
La loi n° 75-023 du 22 juillet 1975 portant le statut de l'ICCN, leur
donne, à son article deuxième, les attributions suivantes :
- Assurer, sous l'autorité du commissaire d'Etat à
l'environnement, conservation de la nature et tourisme, la protection de la
faune et de la flore dans les réserves naturelles intégrantes ou quasi
intégrantes ;
- y favoriser la recherche scientifique et le tourisme
dans le respect des principes fondamentaux de la conservation de la nature ;
- Gérer les stations sites «de capture » établis dans
les réserves ou en dehors des réserves[7].
L'ICCN est géré par un
Délégué Général assisté d'un Délégué Général Adjoint qui tous siègent à
Kinshasa. Ils sont nommés par le président de la République. Le Délégué Général
dispose de tous les pouvoirs nécessaires pour gérer les affaires de l'Institut.
À l'exception du Délégué Général et du Délégué Général Adjoint, les
membres du personnel sont liés à l'Institut par des contrats d'emploi établis
conformément aux dispositions du règlement d'ordre intérieur. L'article 10 de
cette loi organique dispose que le personnel de l'Institut se divise en deux catégories: le personnel administratif et le personnel
technico-scientifique, comprenant notamment les conservateurs de réserves, les
chercheurs et les gardes.
Les membres du personnel
sont nommés et révoqués par le Délégué Général.
Toutefois, l'engagement
et la révocation d'un membre du personnel ayant au moins le grade de
conservateur ou de chercheur ne peut se faire qu'avec l'accord du commissaire
d'état (Ministre) à l'environnement, conservation de la nature et tourisme. Les
conservateurs des réserves naturelles sont officiers de police judiciaire. Leur
compétence matérielle est limitée aux infractions définies par la loi, à la
législation sur la chasse et la pêche et à la législation sur le régime
forestier. Leur compétence territoriale s'étend sur le territoire de la réserve
naturelle où ils sont affectés, ainsi que sur une zone de 50 km autour de la
réserve.
Les gardes assistent les
conservateurs dans leur fonction d'officier de police judiciaire. Ils sont revêtus
d'un uniforme et pourvus d'une arme à feu.
Le Parc National des
Virunga quant à lui, est géré par l'Institut congolais pour la conservation de
la nature à la direction provinciale du Nord-Kivu qui reçoit le rapport de
trois conservateurs en chef du parc. Il s'agit du conservateur de la station de
Rumangabo au secteur sud, du conservateur en chef de
la station Rwindi au secteur centre et enfin de
conservateur en chef de la station Mutsora au secteur
Nord. Les conservateurs en chef sont secondés par les conservateurs assistants.
Les postes de patrouille dirigés par le chef de poste de patrouille (un garde)
sont chargés de la surveillance des infractions au parc. Ainsi il existe 84
postes de patrouille dont 49 sont opérationnels et 35 non opérationnels.
Cependant, nous devons
noter qu'à la création du PNA, le roi de Belgique avait mis en place l'Institut
des Parcs Nationaux qui avait pour mission de protéger la faune et la flore
dans les territoires qui lui sont réservés, d’y favoriser les recherches scientifiques
ainsi que d'encourager le tourisme pour autant que ceci soit compatible avec la
protection de la nature.
Cette armature mise en
place pour gérer le parc a connu beaucoup de failles qui ne lui ont pas permis
de favoriser le développement du parc lui-même et de la population riveraine.
Ces insuffisances institutionnelles peuvent se résumer par quatre observations à
savoir :
-
La centralisation du pouvoir décisionnel à Kinshasa, loin du
champ d'investigation.
Pour autoriser l'entrée
d'une équipe de recherche dans le parc, il faut l'approbation du Délégué
Général à Kinshasa. Pour engager ou suspendre un conservateur dans n'importe
quel coin du parc, il faut au préalable que le Délégué Général de l'Institut
des parcs décroche l'accord du ministre de l'environnement. Cette lourdeur dans
la prise des décisions provoque une grande inertie ;
-
Le Parc National des Virunga
est très vaste et rencontre beaucoup de difficultés qu'il lui convient d'être
géré par un organe autonome qui prend toutes les décisions nécessaires à son
épanouissement. L'ICCN gère tous les parcs et réserves nationaux de la RDC, qui
est un pays particulièrement garni d'aires protégées, chacune d'elles ayant ses
problèmes. Il convient donc que le Parc National des Virunga ait son organe de
gestion propre ayant une autonomie fonctionnelle et financière mais soumis au
contrôle de l'Etat congolais à travers le ministère de tutelle;
- Dans sa structure fonctionnelle, l'ICCN comprend
seulement deux divisions techniques pour la gestion du parc notamment la
division de la conservation et la division de recherche. Conserver un si grand
domaine (aussi vaste que la République du Rwanda) avec des relations non
sereines face à la population, sans avoir des divisions spéciales chargées des
relations avec les populations riveraines est une entorse. Le Parc National des
Virunga devrait dans ses relations avec les populations, mettre en place des
divisions d'accompagnement au développement et de gestion des problèmes posés
par la survie autour du parc;
- La dépendance de l'ICCN
d'abord de la présidence de la République par l'ordonnance loi n° 67-514 du 1er
décembre 1967, modifiée par l'ordonnance loi n° 18 du15 novembre 1969 et au
ministère de l'environnement par la loi n° 75-023 du 22 juillet 1975 portant
statuts de l'ICCN, ont accentué la dilapidation des fonds du parc entre les
mains des kleptomanes qui ont fait sombrer le pays dans la désolation et la
pauvreté.
1.2. Cadre juridique du Parc
National des Virunga
Le décret royal du 21
avril 1925 créant le Parc National Albert le place sous statuts d'une «réserve naturelle intégrale» et le soumet au principe de «
conservation absolue» prononcé dans le discours du Roi Léopold III le 16
novembre 1933 à Londres.
Aujourd'hui le parc est
régi par la loi n°18 du 15 novembre 1969. En son article deuxième elle stipule
que «Les parcs nationaux actuellement existants à savoir
le Parc National Albert, le Parc National de la Garamba
et le Parc National de l'Upemba, constituent des
réserves naturelles intégrales. Ils sont régis par des textes spéciaux qui les
concernent et par la présente ordonnance loi. Ayant été domanialisées, les
terres situées à l'intérieur des parcs ne peuvent former le siège de droits
coutumiers autres que ceux qui ont été expressément réservés»[8].
Il est donc interdit de
pénétrer, circuler, camper et séjourner dans les réserves, d’y introduire des
chiens, des pièges, des aunes à feu, d'y détenir, transporter ou d'en exporter
des animaux sauvages vivants, les peaux ou autres dépouilles ou des produits
végétaux non cultivés. L'interdiction de circuler ne s'applique ni aux
fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions, ni aux ministres des cultes,
ni aux médecins ou auxiliaires médecins appelés d'urgence auprès d'un malade ou
d'un blessé, ni à leur caravane ou leur suite, ni aux personnes habitant les
terres situées à l'intérieur d'une réserve intégrante.
L'article 5 énumère les
activités interdites dans la réserve. Il est donc interdit:
-
De
poursuivre, chasser, capturer, détruire, effrayer ou troubler, de quelque façon
que ce soit, toute espèce animale sauvage, même les animaux réputés nuisibles,
sauf le cas de légitime défense;
-
De
prendre ou de détruire les œufs et les nids ;
-
D'abattre,
de détruire, de déraciner ou d'enlever les plantes ou les arbres non cultivés;
-
D'introduire
n'importe quelle espèce d'animal ou de plante;
-
De
faire des fouilles, terrassement, sondages, prélèvement de matériaux et tous
les autres travaux de nature à modifier l'aspect du terrain ou de la végétation;
-
De
bloquer les rivières, de prélever ou de polluer directement ou indirectement
les eaux;
-
De
se livrer à tout fait de pêche;
-
De
faire évoluer un aéronef à une hauteur inférieure à 3000 mètres.
À l'article 6, il
est prévu « qu'en vue d'organiser le tourisme ou de permettre les déplacements
indispensables au développement économique des populations, l'Institut peut,
par dérogation aux dispositions de l'article 4, autoriser l'entrée, la
circulation, le séjour et le campement dans les parties des réserves intégrales
qu'il désigne. »1
Les limites du Parc
National des Virunga ont été fixées par une loi. L'Institut de la conservation
ne peut modifier les limites. Elles ne peuvent être modifiées que par une autre
loi.
Cependant, dans le Parc
National des Virunga, il y a des dérogations spéciales pour les populations
riveraines. Il s'agit du droit de chasse dans certaines zones bien déterminées
par l'Institut (malheureusement ces terres ont été converties en zone de chasse
interdite) et la pêche sur le lac Edouard dans les endroits du parc bien
déterminés. Il s'agit de la pêcherie de Vitshumbi et
de la pêcherie de Kyavinyonge. Les concessions des
pêcheries appartiennent au parc même si elles sont habitées par la population
des pêcheurs.
2. Système de gestion et mesures pour lutter contre la spoliation du
parc
La recherche d'une
solution durable au conflit qui ronge actuellement la population riveraine du
Parc National des Virunga et les autorités de l’ICCN divise les chercheurs qui
s’y impliquent.
Pour les uns (Kacheche, Kakule Bulembo Mwame, ...) il faut une précision des limites du parc pour
une meilleure séparation des terres appartenant au domaine du Parc National des
Virunga et celles des indigènes. Pour les autres (Réseau CREF, RMIPAT, ICCN et Kacheche), il faudra intensifier le processus de glissement
des populations riveraines du parc vers les régions moins peuplées.
Bien que tous ne
définissent pas la conservation participative, ils sont unanimes qu'elle
devrait être envisagée pour contribuer au maintien en harmonie des relations
entre le parc et la population riveraine.
Avant de présenter notre point de vue sur ces modes de
résolution du conflit qui s'inscrit dans la troisième logique par un
approfondissement des principes, faisons un bref commentaire critique sur les
deux premières propositions.
2.1. Précision des limites et glissement des populations
La précision des limites
du parc et le glissement des populations riveraines constituent un premier
segment sur lequel les gestionnaires du parc peuvent jouer.
2.1.1. Précision des limites
Cette solution comprend à
son sein deux réalités qui conditionnent sa compréhension. Pour Kacheche les limites du Parc National des Virunga avaient
été tracées dès sa création, en commun accord avec la population riveraine,
mais avec le temps on ne sait plus avec précision les vraies limites. Et donc
pour eux, il faut identifier avec les anciens de deux côtés les lieux de bornes
et y implanter des pancartes pour la délimitation définitive. C'est dans ce
cadre que PEVI a lancé en 2003 les opérations de limitation et que l'UNESCO
fait, par satellite des opérations d'identification des limites d'avant l'indépendance
depuis le début de l'année 2005.
Pour les autres, Kakule Bulembo, Kuno Tembo[9], après le départ des
gardes parc blancs, les nouveaux recrutés noirs avaient procédé à des
changements unilatéraux des limites, puisque les chefs coutumiers riverains
n'étaient pas en bon terme avec eux. En outre, l'identification des limites qui
s'en est suivie, ne tenait plus compte des déplacements arbitraires de ses
limites. Et donc, il faudrait revoir toutes les limites en cherchant les bornes
les plus anciennes pour revenir aux vraies limites.
Bien que ces actes aient été posés dans une moindre
mesure, et que dans nos considérations nous ne les ignorons pas car ayant
retrouvé plusieurs problèmes de ce genre dans les enquêtes, la question des
limites résout peu le problème existant.
À notre avis, les
limites ne sont citées que pour justifier l'invasion. D'ailleurs les chefs
coutumiers sont d'avis que ces limites avaient été fixées unilatéralement par
les colons. Dans leur exposé du 15 avril 2006 à Lubero
cité, les chefs coutumiers du Graben ont dévoilé le mystère autour de la
fixation des limites. Selon eux, un certain blanc qu'ils ont surnommé «Dawili » était arrivé avant
1934 ; il demanda les noms des sommets de collines qui étaient déjà habités, y
planta des bornes. Les vieux l'ont qualifié de fou, puisqu'il ne voulait pas
expliquer pourquoi il le faisait[10].
Les faits ont d'ailleurs
démontré que le rétablissement des limites fait naître beaucoup de conflits. Et
donc il ne constitue pas une voie de résolution des conflits. On sait que ces
limites ont été fixées dans un contexte de colonisation et qu'en réalité ce
n'est pas là le centre du problème.
2.1.2. Glissement de la
population
Cette alternative est
présentée par plusieurs comme la solution plus ou moins durable au problème de
conflit quasi-permanent entre le parc et la population locale. Bien que cela
soit ainsi présenté, nous avons mené nos investigations pour essayer de
déterminer les raisons majeures qui handicapent cette politique. Il s’agit :
1. Attachement aux terres ancestrales
À moins que la
force soit utilisée comme c'était le cas pendant la création du parc, la
population du Nord-Kivu tout entier est attachée à ses terres, selon l'adage
qui dit que « un peuple sans terre est un peuple sans culture. »
Lors d'une interview avec
les chefs coutumiers du Graben lacustre à Lubero le 15
avril 2006, ceux-ci ont été tous unanimes pour s'opposer radicalement au
glissement pour des raisons que nous avons qualifiées économiques et
culturelles :
-
Il
est inacceptable d'abandonner sa terre et d'accepter en contrepartie devenir
vassal sur une autre terre ;
-
On
ne peut pas déplacer la coutume (en terme local « abalimu
») d'un territoire à un autre car le pouvoir des coutumiers est fondé sur
j'existence d'une terre dans laquelle les ancêtres furent enterrés;
-
L'abandon
des redevances va à l' encontre de la coutume;
-
L'inadaptation
au climat, surtout pour les femmes et les enfants constitue un grave problème
de santé.
Ces arguments sont
partagés par les populations concernées à telle enseigne qu'ils peuvent
constituer un grand blocage pour des candidats volontaires au glissement.
Cependant les difficultés évoquées peuvent être surmontées si toutes les
conditions de glissement sont réunies pour aider les glissés à mener une vie
meilleure que celle d'avant.
2. Insécurité dans les zones d'accueil
Dans la majorité des
terres proposées pour l’accueil des candidats au glissement, le niveau d’insécurité est
important suite à la présence des milices rwandaises qui commettent des
exactions sur les populations locales.
Dans nos enquêtes menées
à Musasa-Katimbya en 2005, la population a déclaré
elle-même que l'insécurité constitue le deuxième grand problème qui parfois
décourage les glissés et occasionne le retour des autres vers les zones
de provenance. Le glissement n'est pas actuellement opportun.
3. Processus de glissement mal organisé
Le milieu d'accueil
proposé est dépourvu d'infrastructures minimales:
écoles, poste de santé, route, boutiques, etc.
Au cours de nos enquêtes
menées à Musasa-Katimbya, nous avons rencontré juste
une petite pharmacie à Katimbya, de trois ou quatre
produits, une classe qui venait de commencer depuis un mois mais sans
enseignant fixe et où étaient mêlés les enfants de tous les âges. Les routes
sont quasi inexistantes.
Parmi les grands
problèmes soulevés par la population, surtout féminine, l'accès difficile au marché
par manque d’infrastructures routières. Pour qu'une femme de Katimbya vende ses produits agricoles et achète en
contrepartie du sel, d'huile et autres petits articles manufacturés, i11ui faut
effectuer une demi-journée de marche avant d'atteindre le marché de Muhangi. Étant donné qu'elles transportent tout au
dos, ce travail est pénible.
La réussite du glissement
est donc conditionnée au préalable par l'existence de certaines infrastructures
économiques de base comme les routes pour rendre le milieu accessible. En
outre, la stratégie de regroupement des populations dans des villages pourrait
être envisagée pour permettre l'établissement des marchés et l'organisation
d'une vie communautaire.
4. Coût financier du glissement de la population
Si nous considérons,
comme dans le rapport du Réseau CREF[11] que la population du
Nord-Kivu habite sur 30 % de son territoire (d'une superficie totale de 59631
km2) donc 427.000[12] habitants selon les
statistiques de 2004 sur 17889 km2, nous arrivons à une densité de
239 habitants / km2. Si nous soustrayons de ces 30 % les 800 km2
du Parc National des Virunga, nous avoisinons une superficie habitée de 17089,3
km2 qui représente une densité de 250 habitants par km2.
Si en plus, nous allons
plus loin en soustrayant les vastes étendues du
territoire occupées par les grands fermiers, nous nous rendrons directement
compte que la population du Nord-Kivu est concentrée dans une bande de terre à
moins de 50 km du Parc National des Virunga, et que la densité agricole est
très élevée à telle enseigne que les candidats au glissement sont très
nombreux. Cela pour plaider en faveur d'un processus lourd et donc lent mais
continue qui concerne non seulement les riverains du parc, mais aussi et
surtout les habitants des zones montagneuses densément peuplées.
5. Coût environnemental du glissement des populations
Le glissement des
populations vers la forêt équatoriale constitue une source de dégradation
sérieuse de l’environnement suite à les pratiques agricoles qui provoquent la
déforestation.
En effet, dans notre
enquête réalisée à Katimbya, il nous a été révélé par
les glissés eux-mêmes que chaque individu glissé occupe une étendue de terre en
moyenne de 8 hectares pour ses propres plantations. Et que la zone est
maintenant envahie par les grands commerçants qui achètent des concessions pour
l'élevage du gros bétail. En outre, les glissés, face à leurs moyens
rudimentaires brûlent la forêt pour débrousser.
À ce rythme toute
la forêt va disparaître compte d’une croissance importante des populations
locales. Le glissement n’apparaît pas comme une solution durable.
En outre, le sol de la
forêt équatoriale n'est pas si fertile par rapport aux sols volcaniques du Parc
National des Virunga. Dans notre enquête de Katimbya,
les populations glissées qui viennent d'y passer plus de cinq ans ont révélé
qu'après deux ou trois saisons de culture, le rendement agricole du sol diminue
fortement et les plantes sont attaquées par les maladies.
Si l'on suppose par
ailleurs que la moitié de la population concernée par les problèmes d'accès à la
terre devra être glissée, dans moins de 30 ans, le problème reviendra au même
dans les zones de refuge. Ainsi on n'aura rien résolu en résolvant un problème
par la création d'un autre similaire.
En définitive, face aux
défis du glissement de la population ci-haut relevés, nous envisageons que
d'autres formes de stratégies comme la réforme agricole, le changement du
système de protection du parc, la création des emplois dans le secteur
agro-industriel et l'adoption des politiques démographiques appropriées,
pourront aussi résoudre le problème. C'est pour cela que dans ce travail, nous
considérons le glissement comme un processus de résolution du problème à long
terme. Par conséquent, la résolution intermédiaire du conflit peut s'envisager
localement sur base d'alternatives possibles.
2.1.3. Justifications du
système
Nous pouvons simplifier
le problème parc-population en deux paradigmes qui cohabitent difficilement: la survie d'une population pauvre sans terre
et ne vivant que de l'agriculture et la conservation absolue du parc.
A un problème de survie
immédiate, la solution n'est pas d'octroyer des tôles pour la construction
d'écoles, ni la construction d'un centre de santé... mais plutôt rendre la
terre plus accessible pour stimuler la production agricole. Le revenu du paysan
augmenterait, tout en gardant les terres les plus utiles et riches en
biodiversité dans les zones dûment protégées. Ce système, dans le contexte que
nous venons de décrire détermine certains principes et présente des avantages.
1. Principes du système
Ce système a un principe
fondamental dont les faces forment une trilogie : « POUR UNE CONSERVATION
PARTICIPATIVE, INTÉGRATIVE ET RATIONNELLE »
La conservation participative: Comme souligné
précédemment, il s'agit de prendre la population locale et autochtone comme
partie prenante dans la protection de la zone protégée. Ainsi, il faut insérer
les objectifs de survie de la population dans la protection par la promotion de
leurs activités économiques.
La conservation intégrative: il s'agit simplement
d'intégrer la population riveraine dans les organes de prise de décisions de
façon à s'approprier le parc.
La conservation rationnelle: c'est une simplification des mesures de
protection dans les endroits où les circonstances tel que celles-ci
risqueraient de compromettre la vie économique d'une population. Cela s'inscrit
dans la logique de ce que Jetté - Soucy écrit: « ce n'est donc pas en se niant lui-même que
l'homme peut se rapprocher de la nature, car, en désavouant l'esprit qui le
fonde, l'homme ne devient pas nature, mais débris de la nature »[13].
2. Avantages du système
«Dans un contexte de conflit parfois sanglant, la seule
façon de rétablir la confiance est de transformer les 'énergies utilisées pour
le combat en une véritable dynamique économique et de développement basée sur
une coopération mutuelle»[14]
Nous sommes convaincu
qu'en concédant à la population riveraine une partie moins importante du parc
(pas plus que 30 %) pour les activités économiques (surtout agricoles) qui
déboucheront sur la création des comités de dialogue (une véritable
structuration de la population concernée), une surveillance commune des
cultures et une taxe de développement agricole gérée conjointement, on peut
aboutir à un véritable rétablissement de confiance pour une protection durable
et concertée de la biodiversité exceptionnelle du Parc National des Virunga.
Ce système est un élan
économiquement viable de toute la région du Nord-Kivu et va constituer autour
du parc des véritables pôles de développement économique. Ce qui a comme acquis
: la disponibilité dans toute la province des produits vivriers;
dans la lutte contre l'insécurité alimentaire, l'élévation du niveau de vie des
populations rurales, une des conditions de la lutte contre la pauvreté.
Ce système crée des
ressources au parc par une certaine taxation des cultures dans le parc et
devient une base du développement de l'éco-tourisme, par la promotion du
secteur hôtelier autour du parc et la collaboration de la population locale
avec les touristes.
Ce système est une
véritable appropriation du parc par la population elle-même qui se sent
pratiquement intégrée dans les organes de gestion du parc. il
est ensuite un instrument d'efficacité et d'efficience pour la gestion
transparente des ressources du parc. Les représentants de la population
s'occupent du contrôle des activités de l'organe de gestion du parc pour son
efficacité.
Ce système constitue une
démystification de la conservation de la nature en République Démocratique du
Congo et son application dans les aires protégées menacées par une explosion
démographique aux alentours réduira les conflits.
Ce système répond au
critère de durabilité d'autant plus qu'il intègre la zone agricole dans les
limites du parc et instaure une structure de modernisation de cette
agriculture, de sélection des cultures et de saisonnalité des cultures pour
éviter qu'à la longue ces terres ne s'appauvrissent et que le même problème ne
se pose. Ensuite, l'organe de gestion du parc intègre des structures
d'animation et d'encadrement social de la population pour appuyer cette
dynamique économique par une transformation mentale des paysans
(sensibilisation sur la conservation de la nature, sur la limitation des
naissances, sur la gestion des gonds, pour soutenir un développement intégral.
2.3. Réformes institutionnelles de l'organe de gestion du parc national
des Virunga
Dans la première partie
de ce travail, nous avons formulé un ensemble de critiques à l'égard de
l'organisation institutionnelle de la gestion du parc comme étant à la base de
la rigidité du système de gestion du parc, empêchant ainsi la population
riveraine de recevoir les avantages du parc.
Nous proposons ainsi la
réforme du système institutionnel actuel et l'ajournement du cadre juridique
pour permettre à la population riveraine de participer à la gestion et à la
prise des décisions au sujet du parc et transformer les relations
conflictuelles actuelles en un partenariat solide qui repose sur la
satisfaction des besoins vitaux de la population et aboutit à une meilleure
conservation du parc.
2.3.1. Création d'un organe
autonome de gestion du parc
La complexité des
problèmes autour du Parc National des Virunga, son immensité (celui-ci étant
plus grand que certains États limitrophes comme le Rwanda et le Burundi)
justifient la nécessité d'une large participation de la population locale, le
renforcement de capacités créatrices d'emplois et donc des revenus des
populations et du gouvernement central, mais aussi dans le souci de respecter
la forte décentralisation de l'Etat consacrée dans la nouvelle constitution de
l'Etat, nous estimons que le Parc National des Virunga doit être considéré
comme une institution d'intérêt public autonome mais soumise sous contrat de
tutelle au ministère de l'environnement et conservation de la nature.
Il doit aussi de ce fait
avoir une autonomie fonctionnelle et une autonomie financière et en cas de
nécessité, recevoir des subventions et un appui de la province, du gouvernement
central et des organisations internationales chargées de la protection de
l'environnement.
Il est absurde, comme
nous l'avons souligné tantôt, que les mesures de gestion du parc soient prises
à Kinshasa par l'Institut congolais pour la conservation de la nature, qui gère
une panoplie d'aires protégées au Congo, alors que le parc a d'énormes
problèmes pour faire face à l'intervention humaine dans ses limites. Cette
structure devra avoir son siège au Nord-Kivu, soit au chef-lieu de la province
à Goma, soit au secteur central du parc à Rwindi,
avec des ramifications de ces organes dans le reste des secteurs du parc.
2.3.2. Organisation et
fonctionnement
Cette institution devra
être chapeautée par un Conseil d'Administration, et devra comprendre des
divisions spéciales tenant compte des considérations de développement autour du
parc.
Cet organigramme ne
respecte pas nécessairement les normes d'une bonne élaboration, mais il
présente selon notre logique l'enchaînement idéal des organes dont nous
éclatons le fonctionnement dans les pages qui suivent.
1. Fonctionnement des organes
Le comité de gestion: c'est
l'organe qui chapeaute le système. il devra être
composé de 20 membres dont:
-
Le
gouverneur de province du Nord-Kivu;
-
Quatre
élus locaux (députés provinciaux) en raison d'un député par territoire (Masisi, Rutshuru, Lubero et Beni)
choisi de commun accord par les députés provinciaux de ce territoire au sein de
l'Assemblée provinciale;
-
Trois
représentants désignés du ministère central d'environnement et conservation de
la nature ou par l'ICCN ;
-
Deux
représentants de la FEC (surtout ceux qui sont bien plongés dans le secteur
hôtelier ou de transport aérien) ;
-
Deux
représentants des partenaires extérieurs (UNESCO et WWF) ; - Deux représentants
des organisations locales de développement; - Deux
représentants des Églises;
-
Quatre
chefs coutumiers.
Ils doivent élire parmi eux un président, un
vice-président et un secrétaire. Ils doivent définir la politique générale de
gestion du Parc National des Virunga qui doit être soumises au conseil
d'administration. Ils doivent désigner le Directeur Général, les chefs de
division et les conservateurs en chef des secteurs du parc. Leur mandat doit
être limité pour assurer l'alternance au sein de cet organe qui devra se réunir
une seule fois par semestre sauf en cas de circonstances exceptionnelles.
La direction générale : celle-ci devra être
animée par un membre du Conseil d'Administration désigné pour cette fin, qui
doit accepter de résider en permanence au siège de l'organe. Il est chargé de
la coordination générale des activités du Parc National des Virunga et applique
les directives dressées dans le conseil de gestion. Il doit avoir un mandat
bien défini et limité dans le temps.
Les divisions:
elles
s'occupent de la coordination générale des activités de :
-
Conservation
et recherche scientifique;
-
Agriculture
et développement communautaire dans et autour du PNVI ;
-
Tourisme.
Les secteurs : pilotés par des
conservateurs en chef qui assurent la gestion des entités sectorielles du parc
dans toutes ses branches :
-
La
division sectorielle de conservation et recherche scientifique s'occupe de la
gestion des gardes de parc (fourniture du matériel de défense et de
surveillance) et la réhabilitation des postes de patrouille ;
-
La
division sectorielle de l'agriculture et développement communautaire composé
d'un groupe d'experts en développement et d'agronomes. Celle-ci travaille avec
les comités locaux de développement. Son intégration dans les structures de
gestion du Parc National des Virunga est un processus de participation active
de la population pour la prise en charge de l'agriculture et du développement
rural.
-
La
division sectorielle de tourisme : elle s'occupe de l'encadrement de toute la
filière touristique et de la formation des guides touristiques locaux.
Notons enfin que cette structure paraît lourde. Un
budget conséquent devrait donc y être consacré. Toutefois, la nouveauté pour
cette structure par rapport à la structure existante est le fonctionnement du
conseil de gestion (administration) à la tête, les divisionnaires du tourisme
et du développement communautaire ainsi que les agronomes comme source de
dépenses du Parc National des Virunga. La plupart des structures de vase sont
issues de la population et leur fonctionnement ne nécessite pas d'immenses charges
budgétaires. Il s'agit de comités locaux de développement, des guides
touristiques et d'autres membres de la filière écotouristique.
Cependant, tous les
organes devraient travailler dans un climat intégratif et des relations
harmonisées pour permettre à la base que les ennemis d'aujourd'hui travaillent
ensemble dans un climat de collaboration. Exemple : comités locaux de
développement et gardes de parc dans les postes de patrouille.
3. Gestion des terres du parc
Nous considérons ici
comme postulat de base la refondation ou la requalification des 790 000
hectares des terres du Parc National des Virunga. Tout en considérant que les
limites du Parc National des Virunga resteront tout de même inchangées, nous
catégorisons ses terres en trois parties: les terres
d'intérêt économique où s'exerce une activité humaine contrôlée, les zones
tampons et les zones réservées.
Plusieurs études ont déjà
prouvé que «nombreuses des interventions de l'homme
proviennent des problèmes sociaux non résolus ». Et selon Rudolf H. Strahm, «la destruction de l'environnement est liée à la
pauvreté[15].
D'autres études menées dans certaines régions
spécifiques d'Afrique ont montré les limites de la privation absolue des
populations, de l'accès aux terres du parc. Une étude menée au Kenya fait ce constat: «Peut-on interdire aux agriculteurs de défricher
certaines terres pour préserver la faune quand la demande alimentaire est si
pressante? Peut-on leur faire comprendre qu'ils ne doivent pas abattre les
animaux qui dévastent leurs cultures alors qu'il n'y a pas d'indemnité du
gouvernement ? Ceux qui, d'Europe ou d'ailleurs, prônent la conservation sont
rarement les payeurs[16].
Aux yeux de beaucoup de
gens, geler des terres, dépenser de l'argent pour la conservation alors que les
populations sont démunies est une sorte de scandale.
Une autre analyse portée
cette fois à l'Est de la République Démocratique du Congo mettait en cause le
maintien des totalités des terrains du parc comme réserve protégée. Selon
celle-ci, « cette région très fertile, avec ses sols d'origine volcanique
supporte une des plus fortes densités démographiques d'Afrique (jusqu'à 300
habitants / km2), exerçant une forte pression sur les limites des
aires protégées, contrainte que l'ICCN devrait prendre en considération dans la
gestion des parcs nationaux »[17].
3.1. Les terres agricoles ou d'intérêt économique
Quatre-vingts ans après la
création du PNA, il est maintenant impossible de retrouver les zones agricoles.
Bien que certains textes de l'ICCN nous renseignent qu'à certains endroits du
parc il existe des zones qui étaient réservées à l'agriculture et laissées par
conséquent à l'extérieur du parc (comme la partie presque enclavée de Mutwanga-Lume), dans les faits, toute cette partie
confrontée à une explosion démographique est occupée quatre-vingts ans plus
tard par des habitations.
C'est ainsi que dans ce
système que nous proposons comme meilleure alternative pour pallier les
problèmes de survie autour du parc, une partie des zones présentement incluses
dans le Parc National des Virunga devrait être désaffectée selon la
cartographie ci-contre.
3.1.1. Cartographie des zones agricoles et d'intérêt économique
À notre avis, plus
de trente pourcents de la superficie totale du Parc National des Virunga
devrait être affectée à des fins agricoles et économiques au profit de la
population riveraine. Cette partie devra être constituée de terres qui ont
relativement moins d'importance pour la conservation de la biodiversité du Parc
National des Virunga.
En outre, certaines
parties du parc dans lesquelles l'existence des matières précieuses est déjà
prouvée par les scientifiques en la matière, peuvent être désaffectées des
règles de protection pour favoriser
l'exploitation par une entreprise spécialisée selon la législation minière en
vigueur en République Démocratique du Congo.
Cependant, à notre avis,
pour permettre une exploitation durable, rationnelle et respectueuse de
l'environnement, cette nouvelle zone agricole doit rester partie intégrante du
parc, bien que sous une autorité coutumière, sujette aux redevances.
D'autre part, dans
certaines autres parties riveraines du parc, les endroits très nécessaires à la
biodiversité importante du Parc National des Virunga sont plus proches des
villages. Le principe serait que les zones agricoles soient à proximité des
habitations, mais que pour les zones proches très nécessaires à la protection intégrante,
les populations peuvent faire des déplacements saisonniers pour rejoindre les
champs dans des zones plus ou moins éloignées. Cela a dû se faire pendant
la période de culture. Par exemple dans les pêcheries de Kyavinyonge
et Vitshumbi situées dans les endroits que la
population elle-même craignait de cultiver, elle faisait des déplacements
pendant la saison de culture, respectivement pour Muko,
Kamavani et Vikingi (pour
les habitants de Kyavinyonge) et Lunyasenge
et Talihya (pour les habitants de Vitshumbi).
Toutefois, comme ces
régions restent partie intégrante du parc, elles sont gérées selon certaines
normes Ou principes de conduite.
3.1.2. Principes directeurs de gestion des
terres agricoles
Les terres relevant du domaine du Parc National
des Virunga sont gérées selon quatre principes directeurs.
1. 1er principe:
Saisonnalité des cultures
Des normes doivent être
fixées pour faire en sorte que l'agriculture dans les zones agricoles du parc se
fasse une fois par an surtout pendant la grande campagne de l'année. Cela
évidemment pour empêcher un épuisement rapide des terres agricoles et pour
permettre aux animaux sauvages de se mouvoir dans cette zone pendant la période
d'abandon.
2. 2ème Principe:
Sélection des cultures
Certaines cultures dont
l'usage saisonnier est possible, de grande rentabilité économique et dont la
croissance n’altère pas directement la fertilité du sol devrait être
privilégiées comme le riz, les haricots, le soja, le maïs, la tomate ...
Par contre, d'autres,
comme le café, la banane doivent être découragées pour
empêcher le sol de s'appauvrir.
3. 3ème Principe :
Surveillance mixte
Comme les animaux
sauvages constituent une menace permanente pour les cultures, une équipe mixte
de surveillance devra être formée, regroupant les gardes du parc du poste de
patrouille le plus proche et certains délégués de la population des
agriculteurs. Cela aura comme avantage de permettre un contact entre les deux
parties jadis conflictuelles d'une part et d'éviter que les uns accusent les
autres d'avoir volontairement occasionné le ravage des cultures ou la mort d'un
animal sauvage.
4. 4ème Principe:
Taxation des revenus agricoles
Considérant les deux
premiers principes, la saisonnalité et la sélection des cultures, une taxe sur
le revenu agricole pendant la campagne dans tous les champs situés au parc
devra être perçue par le comité de développement ou comité de dialogue dans chaque
rayon agricole. Elle devra varier de 10 à 15 % de la production. Cette taxe
aura pour rôle :
D'assurer le
fonctionnement des organes du Parc National des Virunga qui s'occuperont
désormais de l'agriculture et développement agricole:
-
D'assurer
la rémunération saisonnière des agents de surveillance et leur ration;
-
D'assurer
la modernisation de l'agriculture dans le parc et la fourniture des crédits en
intrants agricoles pour permettre la production en grande échelle pouvant tenir
pendant l'année et la lutte contre l'appauvrissement du sol;
-
De
permettre, selon un pourcentage donné à l'organe du parc, d'assurer une
sensibilisation sur la protection de l'environnement et les activités de
développement communautaire ami: alentours du parc.
5ème principe : Gestion de l'après
campagne agricole
Après les quelques quatre
ou cinq mois de la campagne agricole, les terres faisant partie des zones
agricoles devront rester entièrement sous le contrôle des gardes du parc et la
population devra s'abstenir d'exercer quelque activité dans les limites de
cette zone.
3.1.3. Les zones tampons
Selon la stratégie de
Séville à laquelle on a fait référence dans le chapitre précédent la zone
tampon est identifiée comme une surface entourant une aire centrale ou contiguë
à celle-ci. En principe, quand on observe les limites du Parc National des
Virunga, on a du mal à identifier les zones tampons d'autant plus que certains
villages les plus proches du parc ne sont séparés que par des pancartes. Cela
peut-être puisque d'une part les zones tampons n'étaient pas prévues d'avance
pendant la création du parc, soit puisque la croissance de la population a
poussé les habitations plus proches des limites du parc.
À notre avis,
selon le système que nous proposons, la zone tampon devra être constituée d'une
surface d'un kilomètre de longueur pour assurer une transition entre la zone
centrale intégrante et la zone d'intérêt économique. Celle-ci devra constituer
la limite pour les surveillants des champs de repousser les animaux. Donc une circulation
peut y être autorisée et la récolte de bois, mais soumise au contrôle des
agents des postes de patrouille qui obligatoirement y seront basés. La
plantation des arbres y est encouragée.
3.1.4. Les zones intégrantes ou centrales
Elles sont formées de
l'ensemble de terres qui jouissent d'une protection particulièrement sévère
pour la biodiversité qu'elles renferment. Ainsi toutes les terres qui sont
exclues du domaine des deux autres zones précitées seraient incluses dans
celles-ci.
Par ailleurs, pour des
raisons d'ordre pratique, évoquées surtout dans le principe de rationalité de
la conservation, certaines pratiques peu favorables à la conservation, mais
très pertinente pour le développement des communautés riveraines peuvent y être
encouragées notamment:
-
Le
traçage des routes pour le désenclavement des zones de production pouvant
favoriser l'accès des produits agricoles aux marchés;
-
L'entretien
des lieux de récréation comme les plages, les paillotes et autres conforts pour
l'attraction touristique ;
-
La
construction de sites touristiques comme les monuments dans les endroits
historiquement mémorables pour susciter la curiosité des visiteurs potentiels.
4. Quelques projets connexes au système
Pour éviter les attaques
du parc par les populations en manque des ressources, il faut créer des projets
pouvant bénéficier directement aux riverains. Il s’agit de :
4.1. L'électrification des pêcheries
L'un des problèmes
auxquels sont confrontés gardes du parc et population (surtout dans les
pêcheries enclavées dans le parc), c'est la recherche du bois de chauffage.
Les activités connexes à la
pêche, surtout le fumage des poissons, liées à l'accroissement de la population
dans les pêcheries sont à la base d'une demande de plus en plus crois ante en
énergie dans les villages. Pourtant la législation en la matière permet aux
habitants des pêcheries de récolter le bois mort du parc pour répondre à ces
besoins domestiques. Mais avec le temps, trouver du bois mort face à une
demande croissante et quotidienne, devient un exploit. Il faut s'enfoncer à
plusieurs kilomètres dans le parc. Ceci est maintenant à la base des
tiraillements entre les femmes des pêcheries et le parc car celles-ci sont
tentées d'abattre les arbres du parc.
Dans cette circonstance,
la solution la plus appropriée et la moins problématique, même si elle paraît
relativement coûteuse, est l'électrification des pêcheries pour faire face à la
demande des travaux domestiques et la conservation de poissons.
De toutes les façons, il
existe certaines chutes d'eau dans les endroits proches des pêcheries, qui
peuvent faciliter l'installation des mini-barrages hydroélectriques pour les
pêcheries.
4.2. Le boisement autour du parc
L'une des innovations de
la population que nous avons rencontré ce sont les initiatives de lutte contre
la rareté du bois de chauffage. Dans le Graben lacustre avant la dévastation
des parties qui appartenaient au parc, la population se ravitaillait dans le
parc en ramassant le bois mort.
Cependant, quelques mois
après que la partie du parc a été entamée par les cultures, les anciens champs
dont le sol était tellement appauvri, ont été transformés en champs
d'eucalyptus pour faire face à la demande de bois. La pénurie a été ainsi
résorbée.
Le parc pourrait soutenir
ce genre d'initiatives dans tous les villages autour du parc pour rendre le
bois plus disponible et empêcher par conséquent le déboisement du parc.
4.3. Le désenclavement par réseaux routier et maritime des zones de
production agricole
La commercialisation des
produits issus des zones frontalières du parc connaît encore des nombreuses
difficultés suite à l'inexistence de réseaux d’évacuation efficace, routière ou
maritime.
L'une des constatations
les plus amères dans le parc est que c'est dans les zones les plus proches du
parc que l'on connaît encore l'inexistence des voies routières, ce qui empêche
les produits de ces régions d'accéder facilement et dans les meilleures
conditions aux marchés régionaux.
4.4. La réorganisation de la pêche sur le lac Edouard et dans les
rivières Semliki et Rutshuru
Cette proposition a été
consacrée dans notre travail sur l'exploitation du lac Edouard. Elle est une
alternative de base pour apporter une solution à la diminution du potentiel
halieutique. Cette réorganisation pourra occasionner le rétablissement de la
filière pêche qui constitue un domaine d'emplois et d'enrichissement des
riverains du parc, mais aussi faire accéder la population riveraine aux
protéines animales dans les conditions les plus simplifiées possibles.
4.5. La promotion de l'élevage autour du parc
Jusqu'à l'heure actuelle,
le braconnage constitue encore le seul moyen pour certains ménages riverains du
parc de bénéficier de la viande.
La promotion de l'élevage
du petit bétail et du gros bétail autour du parc pourra aussi constituer une
voie de sortie pour permettre à la population d'accéder facilement à la viande,
ce qui pourra avoir un impact positif sur la réduction du braconnage.
4.6. Projet de lancement de la filière touristique
Même si le Parc National
des Virunga présente d'importantes curiosités touristiques, il reste néanmoins
parmi les régions qui sont moins préparées en matière de conditions d'hébergement
des touristes.
Or les conditions
d'hébergement ont aussi une part dans le choix des endroits de récréation
touristique. Les investisseurs locaux devront être incités à créer des hôtels,
des restaurants, des plages ... pour permettre aux visiteurs de retrouver un
conditionnement adéquat au tourisme.
En outre, les milieux
avoisinant le parc devraient être soutenus, entre autres l'appui pour
l'urbanisation des cités avoisinant les sites d'attraction touristique (Jomba,
Rutshuru, Vitshumbi, Kyavinyonge,
Kyondo, Kasindi, Lubirihya, Lume, Mutwanga, Beni- Butembo, et.)
Par ailleurs, la
formation des guides touristiques locaux peut apporter un espoir aux
populations riveraines en termes d’emplois.
Conclusion générale
La gestion des aires
protégées reste un problème majeur dans certaines régions congolaises surtout
celle surpeuplée comme celles situées dans la province du Nord-Kivu. Le Parc
National des Virunga dans cette catégorie des réserves naturelles convoitées
par les populations et provoque un conflit permanent entre les riverains et le
gestionnaire du parc représentant l’Etat. Cet article analyse les causes de
cette cohabitation conflictuelle et propose des voies et moyens pour en sortir
en termes de système de gestion pouvant concilier à la fois protection de
l'environnement et développement plus ou moins durable des communautés autour
du parc. Cette étude montre clairement que le conflit actuel s’explique par des
facteurs historiques liés au mécanisme de création du parc dans un flou en
terme des limites (création du parc
dans un contexte de colonisation) et d’extension continue sans l’accord
des populations locales, par la forte pression démographique autour du parc
(population riveraine a été multipliée par 20 depuis la création du parc), par
un système de gestion du parc qui n’associent pas des populations locales, par
la faiblesse des activités de développement pouvant profiter à la population.
Ainsi certains droits dont la population devrait jouir pour sa survie, elle ne
pouvait les exercer que par fraude, Au lieu de la cession des terres, ce fut
l'expropriation des terres; au lieu de la
collaboration, ce fut le matraquage; au lieu du droit de chasse, ce fut le
braconnage; au lieu du droit de pêche, la pêche clandestine.
À sa création, les
classements et les agrandissements des terres du parc, arrachées des
populations indigènes colonisées, n'ont pas tenu compte du partage rationnel
entre l'espace à protéger et l'espace cultivable nécessaire pour une population
en croissance démographique rapide.
Le système de
conservation est censé être une politique de protection du territoire, qui doit
améliorer les conditions naturelles favorables à la survie des populations locales. Mais à
quatre-vingts ans d'existence du Parc National des Virunga, il n'y a pas eu
d'actions d'accompagnement des populations riveraines par l'amélioration des
terres cultivables, l'évaluation des besoins des populations, la création des
infrastructures économiques et sociales, etc. qui devraient permettre au parc
de jouer pleinement son rôle qui est à la fois écologique et économique. Dans
la pratique, rien de tout cela ne s'est réalisé. Bien au contraire, le parc a
causé un tort immense aux populations riveraines notamment le ravage des
cultures maigres chaque saison par les éléphants, les singes et autres animaux,
sans indemnisation des victimes, le manque de terres à cultiver, les
assassinats sans procès pour une moindre violation des principes stricts de
conservation, l'interdiction de pêche, le manque de passage pour l'écoulement
des produits agricoles, le non-accès au bois de chauffage, au bois d' œuvre et
aux protéines animales, l'insécurité des zones frontalières du parc par la
présence des milices non inquiétées dans le parc ... Donc, au lieu que le parc
soit le moteur de développement de la région alentour qui est rurale, il est
devenu cause de pauvreté pour les populations riveraines. Cet article analyse
différentes propositions antérieures notamment le problème des limites des
parcs et des glissements des populations vers de nouvelles zones disposant
suffisamment des terres arables.
La précision des limites
ou le retour aux limites coloniales du parc que certains présentent comme une
alternative viable pour la résolution du conflit est adoptée pour certains
coins isolés du parc mais ce n'est pas une solution capable de rassurer la
durabilité de la sérénité des relations parc-population.
Le glissement des
populations est une solution miracle et plus problématique pour la résolution
rapide du problème. L'attachement des populations aux terres ancestrales,
l'insécurité grandissante dans les zones d'accueil, le manque d'infrastructures
économiques et sociales minimales dans la région d'accueil, le coût financier
énorme et surtout la dégradation écologique très inquiétante qui en découle,
sont autant des facteurs qui plaident pour l'inopportunité de cette politique.
Nous l'envisageons comme une procédure secondaire pour assurer dans le long
terme la durabilité des relations parc-population.
Enfin, on propose un système de
gestion et de protection, basé sur un principe tri-conceptuel de protection:
conservation participative, intégrative et rationnelle. Ce principe prend la
population riveraine du parc comme partie prenante pour la protection du parc
et insère les objectifs de survie de la population dans la protection par la
promotion des activités économiques dans une partie du parc. Ensuite, ce
système intègre la population dans les organes de prise de décisions et la rend
responsable pour leur fonctionnement. Enfin, il simplifie les mesures de
protection dans les endroits économiquement nécessaires pour la survie des
riverains afin de reprendre la place de l'homme comme finalité de la protection
de la nature.
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d'économie et des sciences sociales).
[2] Généreux, J., « Le développement durable est-il
soutenable ? », in Alternatives
économiques, n°206, septembre 2002, pp. 22-23 ; Barde, J. Ph., Op. Cit., p. 22.
[3] Ibidem
[4] Ibidem
[5] Ibidem
[6] Généreux, J., Op.
Cit., pp. 22-23.
[7] Loi n° 75-023 du 22 juillet 1975 portant
Statuts de l’IZCN.
[8] Cf. XXX, Rapport d'enquêtes pour les droits
indigènes, Op. cit., p. 7.
[9] Kuno Tembo, La
problématique du conflit entre Parc National des Virunga et la population en
territoire de Lubero, Mémoire, U.C.G., 2003-2004.
[10] Cf. Exposé des
chefs coutumiers de Graben Lacustre, réunion entre Parc et chefs coutumiers du
territoire de Lubero, du 15 avril 2006.
[11] XXX, État des lieux de la
cohabitation pacifique entre les aires protégées et les communautés locales et
peuples autochtones pygmées au Nord-Kivu, p. 62.
[12] Ibidem
[13]Cf Jetté-Soucy, N.,
« Pour une écologie de l'homme », in L’Agora, vol. 1, n°4, décembre
1993-janvier 1994.
[14] Extrait du discours d'Antipas Mbusa Nyamwisi, ministre
de la Coopération Régionale au cours d'un Atelier sur la Conférence
Internationale sur la paix, la sécurité, le développement et la démocratie dans
la région des Grands Lacs, le 8 mars 2006 à Kasongomi/Butembo).
[15] Cf Strahm, R. H., Pourquoi
sont-ils pauvres? Faits et chiffres en 84 tableaux sur les mécanismes du
développement, Ed. de la Baconnière, Boudry, Suisse, 1986.
[16] Lire XXX, « La sauvegarde de
l'environnement, Fondation nationale des entreprises publiques », in PANGLOS,
n° 16, Paris, 1986.
[17]
http://v\lvvw.ecofac.orgica:nopee/N06/N060 l-Zaïre Parcs Nationaux/Zaïre
Parcsnationaux.htm.