QUEL
SORT POUR L’ÉLEVAGE ET LA SANTE ANIMALE.
https://doi.org/10.57988/crig-2351
Jeargy Kambale SOHERANDA
Assistant
à la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’UC.G.-Butembo
Résumé.
Le Kivu constitue le foyer le
plus embrasé du Congo, caractérisé par le début de toutes les guerres civiles
de la dernière décennie. Il héberge pas mal de forces d’autodéfense populaire,
dans presque tous les axes pouvant regrouper les exploitations agropastorales.
En principe l’élevage du petit bétail et celui des animaux de la basse cour
devrait être à la portée de tout le monde. Les maladies des animaux
domestiques, le prix élevé des produits vétérinaires modernes de synthèse,
inaccessible à un bon nombre d’éleveurs, les guerres incessantes et longues au
Kivu, l’installation dans les fermes des groupes de résistance et
d’auto-défense populaire avec une consommation irrationnelle et désordonnée du
cheptel constituent une contrainte à la production et à la productivité
animale.
La persistance de la guerre
entraîne une destruction progressive de l’élevage dans les campagnes étant
donné l’insuffisance aigu des conditions d’élevage (entretien, soins
vétérinaires, vaccination, etc.) qui l’accompagne. Il en résulte une
recrudescence des maladies jadis éradiquées telles que la brucellose, le
rouget, pour ne citer que celles-là. L’étude épidémiopathologique de l’élevage
au Kivu met en évidence l’existence de nombreuses maladies traitées ou mieux
soulagées tant par la thérapeutique moderne que par la médecine vétérinaire
traditionnelle. Cette phytothérapie naturelle prend de plus en plus de place à
cause du coût élevé moderne, coût qui dépasse le pouvoir d’achat de la plupart
des éleveurs.
Introduction.
Le Kivu est une province de
la République Démocratique du Congo constituant l’un des plus importants
poumons économiques de ce pays. De part sa situation géographique stratégique à
l’Est du pays, de part ses frontières et ses postes de douane rentables économiquement,
de par son activité commerciale importante et sa vocation agro-pastorale en
plus grande partie, le Kivu, comparé aux autres régions du pays, est plein d’un
avenir sur tous les plans
Cependant, c’est le Kivu qui
constitue le foyer le plus embrasé du Congo, d’où s’allument presque toutes les
guerres civiles de la dernière décennie. C’est une province convoitée par bon
nombre de « seigneurs de guerre » et qui renferme de nombreux groupes
armés mouvements de résistance et d’autodéfense populaire (mouvements
Mayi-Mayi) qui quadrillent toute la région, ce qui constitue un danger pour le
développement.
La carence en protéine
d’origine animale constitue l’un des majeurs problèmes menaçant notre
population. En principe, les élevages du petit bétail (caprins, ovins), de
porcs, des lapins, de la volaille, et celui des animaux de la basse-cour
(canards, pigeons, dindons, …) pourraient être à la portée de tout le monde
pour pallier certaines insuffisances en protéine animale. L’élevage des bovins
serait un investissement intéressant au Kivu, étant donné son pâturage riche.
Cela n’est pas le cas et la
réalité sur terrain est tout autre pour des raisons déjà évoquées ci-haut.
Cette situation soulève un certain nombre de questions, notamment :
- Quel était l’état de
l’élevage au Kivu avant les guerres successives ?
- Quel est l’état actuel de
l’élevage, de la santé animale au Kivu et quel en est le sort ?
- Quelles sont les maladies
qui sévissent couramment dans les élevages du Kivu actuellement ?
- Quels sont les médicaments
vétérinaires modernes et traditionnels utilisés ?
Notre enquête a poursuivi
plusieurs buts principaux à savoir :
·
passer en revue l’état d’élevage au Kivu, avant les
guerres jusqu’à ces jours :
·
mettre à la disposition du lecteur une liste des
médicaments essentiels utiles pour tenir une exploitation ;
·
faire ressortir de façon générale, les pathologies
fréquentes dans la région pour quelques espèces domestiques, la liste n’étant
pas exhaustive ;
·
reconnaître et promouvoir le savoir paysan en mettant
quelques plantes réputées médicinales au Kivu dans ce travail.
Cet article est subdivisé en
deux grandes parties, hormis l’introduction, une conclusion et quelques
suggestions qui y mettent fin. La première partie présente les considérations
générales sur le milieu du Kivu et l’état d’élevage ; la deuxième traite
de l’incidence des guerres sur les élevages ; elle présente des éléments
sur les maladies animales courantes, le savoir traditionnel paysan en
phytothérapie et la liste de quelques produits vétérinaires de synthèse dans
les pharmacies vétérinaires.
Loin de nous l’idée de
prétendre avoir épuisé tous les aspects du problème, des recherches ultérieures
pourraient bien nous compléter.
I. Considérations générales.
I.1. Description du milieu.
Le Nord-Kivu est situé à
cheval sur l’Équateur entre les parallèles de 0°58’ au nord et 2_3’ au
Sud et entre 27°58’ de longitude-Est. Au Nord il est limité par la province
Orientale, au Sud par le Sud-Kivu, à l’ouest par la province Orientale et le
Maniema et à l’Est par l’Ouganda et le Rwanda.
Sa superficie est de 59.483
km3, soit 2,54 % de la superficie nationale. Il renferme des sols
issus des matériaux récents et ceux dérivés de matériaux kaolinitiques. Les
matériaux récents sont constitués des laves et des cendrées volcaniques
répandues dans les zones de Masisi et Rutshuru ; plaine de la Rwindi et de
la Semuliki. Les matériaux dérivés kaolinitiques sont les ferrasols et
les ferisols à Walikale et à Lubero-Beni, où les sols sont vieux,
dérivés de granites et des schistes.
La végétation naturelle
comprend de la savane, de la forêt à l’ouest, des savanes boisées de divers
types de régions montagneuses. (Kasayi, K., 1998).
La diversité de relief, de
latitude et d’altitude entraînent la coexistence de nombreux micro-climats, et
la température moyenne annuelle varie autour de 22°C suivant l’altitude.
Quant à la production, le
secteur primaire intervient pour environ 49,7 % dans le PIB régional résorbant
environ 80 % de la population : il s’agit de l’agriculture, de l’élevage
de la pêche (au lac Edouard, et des forêts exploitées à Walikale, Masisi,
Lubero, Beni et relativement Rutshuru. D’autres secteurs sont les mines de
l’énergie, des industries, de commerce, …1
I.2. Types d’élevage.
Le peuple du Nord-Kivu est
un peuple à vocation agro-pastorale pour la plupart. La population s’intéresse
au petit élevage et à l’élevage du gros bétail :qu’en
moyenne 80 % des foyers élèvent au moins un animal domestique (ex. poule,
pigeon, cobaye, chèvres, …). Ces élevages constituent des éléments nécessaires
pour subvenir aux besoins urgents de la famille (réception des visiteurs,
scolarisation des enfants, maladies, …). L’élevage des bovins est beaucoup plus
réservé aux éleveurs fortunés, ayant des moyens matériels et financiers importants.
Le petit élevage au
Nord-Kivu est du type paysan où avec les moyens de bord, où la population
essaye de s’efforcer en créant des initiatives tout à fait rudimentaires. Les
animaux se nourrissent dans la nature, ou peuvent vivre dans peuvent vivre dans
le clapier, le poulailler, la bergerie, … Les ovins, les caprins et les bovins
passent leurs nuits dans les parcs de nuit (ou paddock) pourvus d’un enclos
fabriqué en fils barbelés (fils de fer), ou par une haie vivante par les
plantes naturelles dont le Cesalpinia sp et l’Erythrina abyssinica.
Ces enclos servent de parcours et de parc d’attente aux animaux.
Le matin aux heures
convenables, après avoir exécuté différentes opérations zootechniques ou
sanitaires prévues pour ce jour, les bêtes vont brouter dans le parcours de la
ferme. Elles ont la liberté de brouter les herbes qu’elles préfèrent (Pennisetum
purpurcum, Trifolium sp, Brachiaria ruziensis, …) et peuvent aller
s’abreuver ad libitum. Le soir elles sont ramenés dans le parc de nuit sous la
supervision de gardiens qui veillent sur elles.
Le type d’élevage bovin dans
le Nord-Kivu est celui où le bétail pâture sur des vastes
étendues de territoire. Le pâturage est artificiel, la forêt dense ayant
été abattue au profit de l’installation d’un pâturage artificiel nouvellement
crée. Ce pâturage est dominé pour la plupart de Kikuyu (Pennicetum
clandestinum), le Pennicetum purpureum, le Brachiara sp., Desmodium
sp). Ces pâturages sont clôturés avec des fils barbelés sur toute l’étendue, ou
soit par une haie vive de Cesalpine ou d’Erythrina ou encore
d’Eucalyptus et d’autres arbres. Ces pâturages sont découpés en paddocks avec
des parcs de nuit où le bétail passe la nuit, selon que la rotation au pâturage
est effectuée dans tel ou tel paddock. Le couloir de contention est réservé à
la pulvérisation des bêtes et à d’autres activités zootechniques. Certaines
fermes sont pourvues d’un dipping tank.
L’élevage des porcs n’est
pas très développé au Kivu, à cause des paramètres d’élevage qui le rendent
difficile (les conditions d’hygiène difficiles, les cris et les odeurs qui
gênent l’environnement, etc.) et l’épidémie de la peste porcine africaine qui
jusque-là demeure un fléau et un blocage sous cet élevage. Néanmoins il y a un
effort fourni pour lutter contre cette peste malgré l’insuccès connu
régulièrement dans la thérapeutique.
I.1.3. Etat du cheptel au Kivu (entre 1980 – 1996).
Avant la vague des guerres,
l’élevage au Kivu était l’objet d’un grand projet et de grand prestige. Des
nombreux terrains étaient achetés et transformés en pâturage pour l’élevage.
Les efforts financiers étaient consentis pour investir dans les exploitations
agropastorales. L’élevage de bovins a connu une croissance extraordinaire. Le
Kivu ravitaillait d’autres régions en viande telles de Kisangani et Kinshasa.
Le nombre moyen des bovins abattus quotidiennement à Butembo talonnait celui
d’abattus à Goma, soit 20 et 30 bêtes.. Les pâturages
du territoire de Masisi – Walikale étaient les meilleurs du Kivu, avec des
effectifs plus élevés tendant vers le système de Ranching, extensif et
industriel. On pouvait y remarquer des exploitations de plus de 3000 têtes. La
transformation des produits d’origine animale commençait à prendre de
l’ampleur. Ses produits (fromage, yaourt, jambon, …) étaient écoulés sur les
marchés régionaux ou exportés.
Tableau 1 : Les principales races dans
les élevages au Kivu.
|
Quelques espèces |
Les races et souches rencontrées fréquemment au
Kivu. |
|
volailles |
Race locale, White Leghorn, Wyandotte, Sussex
herminée, Nera blanc, Nera noir, Rhode Island Red, Derco ponte, Peterson,
Sasso Sa 51 |
|
Lapines |
Race locale, California, New-Zeland, Fauve de
Bourgogne, Races hybrides, race Petite russe, Ankora (rare) |
|
Porcines |
Race locale, Large white – Yorkshire, Berkshire (noire),
Landrace, Hampshire (robe noire avec ceinture blanche au passage de sangle) |
|
Bovines |
Race locale, Baune – Suisse, Sahiwal, Friesland,
Ankole, Croisés-hybrides. |
|
Ovines |
Locale, Karakul Boukara, Merinos, Blanc de
montagne. |
|
Caprins |
Locale, race Alpine chamoisée, race Saaneen ou
race à lait, race brune allemande. |
Tableau n° 2 : Principaux axes de
grandes fermes au Nord-Kivu (avant 1997)
|
Territoires |
Principaux axes |
|
1. Masisi |
Masisi – Walikale (ex. Fermes de Ngezayo et de
Kasuku) |
|
2. Beni |
Axe : Isale Axe : Mutwanga Axe : kabasha – Maboya – Kalunguta Axe : Kasithu |
|
3. Lubero |
Axe : Butembo – Kambaïla – Mangurejipa Axe : Mavono Axe : Butuhe – Burondo – Mwenye – Musenge Axe : Musienene – Kimbulu Axe : Lubero - Kasugho Axe : Kitsombiro – Kagheri – Lubango Axe : Alimbongo – Bingi – Luofu Axe : Kipese –
Masereka. |
I.1.4. Matériel et
méthodes du travail.
La méthode du travail
utilisé étant celle du questionnaire d’enquête et de la documentation. Nous
nous sommes intéressé aux événements tels qu’ils se
sont déroulés au fil de temps.
I.1.5. Relevés statistiques et
pathologiques à l’Abattoir public de Butembo ou 1998 à 2001.
La série des tableaux 3 à 5 nous montrent
quelques observations faites à l’Abattoir public de Butembo. Les principaux cas
de saisie observées à Butembo, seraient les mêmes que
ceux observés dans d’autres abattoirs du Kivu et dans différentes tueries.
Tableau 3 :
Statistiques d’abattage de 1998 à 2001.
|
Espèce |
Catégorie |
Effectif total des bêtes
sacrifiées |
|
||
|
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
||
|
Bovine |
Taureaux de réforme Bœufs Vaches de réforme Bouvillon |
157 941 441 29 |
113 855 453 18 |
18 1057 559 30 |
182 634 792 788 |
|
|
|
1568 |
1439 |
1827 |
2396 |
|
Suisse Caprine Ovin |
Mâles et femelles Mâles et femelles Mâles et femelles |
413 204 356 |
392 248 278 |
363 254 399 |
451 278 485 |
Source : Abattoir public de Butembo.
Tableau 4 : Répartition des effectifs abattus
selon la provenance.
|
Origine |
Effectif |
|||
|
1998 |
1999 |
2000 |
2001 |
|
|
Kitsombiro Masereka Bunia Mwenya –
Kambaïla Luotu Kabasha Lubero Kalunguta |
453 218 523 224 42 27 - - |
532 265 336 239 61 24 - - |
256 140 311 247 61 - - - |
673 525 260 538 71 77 136 112 |
|
Total |
1487 |
1457 |
1015 |
2392 |
Source : Abattoir public de Butembo.
Tableau 5 : Effectif total du cheptel bovin en
territoires de Beni-Lubero de 1998 à 2001 (répartis dans la centaine des fermes
présentes dans les territoires).
|
|
Année |
||
|
|
1998-1999 |
2000 |
2001 |
|
Effectif moyen |
350.000 têtes |
60.000 têtes |
21.300 têtes |
|
Indice |
100 |
|
|
Source : ASOPANK/Butembo après
vaccination des bêtes. . (Association des
Organisations agropastorales du Nord-Kivu.)
De ce tableau, il ressort qu l’effectif du bétail a
considérablement diminué en Trois ans, c’est-à-dire de 350.000 à 21.300 têtes.
Ceci peut s’expliquer peut-être par une consommation irrationnelle de bêtes par
les inciviques, car c’est à partir de ces périodes (1998-1999) que leur
installation a été effective dans les fermes. L’autre raison peut être dans le
découragement d’entretenir la ferme , d’où
réapparition des maladies ou encore la précipitation à l’abattage précoce pour
éviter les prédateurs.
Tableau 6 : Principaux cas de saisie (relevés statistiques à l’Abattoir
Public de Butembo) de 1998 à 2000
|
Organe |
Espèce |
Motif de saisie |
Total sur 3 ans |
|
Foie |
Bovine Caprine Ovine Suisse |
Distomatose |
411 18 34 - |
|
Bovine Caprine Ovine Suisse |
Abcès du foie et cirrhose |
46 9 22 45 |
Source : Abattoir public de Butembo.
De ce tableau 6 il ressort
que les principaux cas de saisie sont les suivants :
- Au niveau du foie : la distomatose avec
plus ou moins 411 cas chez le bovin en trois ans ; les abcès ou, la
cirrhose et l’aspect cuit du foie.
- Les poumons sont surtout
caractérisés par une mauvaise saignée, qui peut être due au mode
d’abattage ; qui ne favorise pas une bonne saignée.
II. L’élevage et la guerre
au kivu.
II.1 Caractérisation
sommaire des guerres au Kivu.
Avant les années 1994, c’est-à-dire avant la
vague des guerres successives, l’élevage prospérait dans le Nord-Kivu.
Certaines d’entre elles ont eu un impact réel sur l’élevage : 350.000
têtes en 1998 contre 21.300 à 2001.(Voir tableau 5). Il
s’agit de guerres ci-après :
a- la guerre du Rwanda en
1994, où la vague des réfugiés entrant au Kivu a bouleversé les élevages
dans les territoires sud de la province notamment à Walikale et Masisi ;
b- La genèse de la milice
d’autodéfense populaire Ngilima en 1996 à Walikale et Masisi.
Née de la crise politique
nationale, mais surtout de la crise identitaire séculaire des paysanneries dans
les zones abritant des populations de souche rwandaise (Tutsi et Hutu) au début
des années 19903, la milice d’autodéfense
Hunde et Nyanga s’est exacerbée et transformée à une résistance à l’occupation
de cette région par les réfugiés rwandais. Cette opération aura comme
conséquence l’attaque des Ngilima aux élevages semi-intensifs de cette région
suivie de leur destruction quasi-totale. La ruine a été totale lorsque le
gouvernement central, à travers une opération baptisé
« Mbata » (Coup de point) a incendié des villages entiers et pillé
tout le cheptel dans cette région.
c- la première guerre de
l’AFDL dite guerre de Libération en octobre 1996 – mai 1997.
Les militaires fuyards lors de leur fuite, pillaient
tout sur leur passage. Et pour se procurer à manger, c’est encore une fois le
cheptel (poules, canards, chèvres, moutons, bovins, …) qui en était la victime.
Lors de la retraite et déroute de l’armée gouvernementale de passage à Lubero
et Beni, nous avons vu des soldats tiraient à bout portant sur les bêtes dans
des fermes (Ex. Ferme ANGALS à Lubero, Ferme de Ngezayo à Kabasha) ; ils
pouvaient manger et vendre à vil prix les carcasses abattues, sans tenir compte
de la valeur zootechniques des bêtes abattues.
d- L’ irruption des milices
d’autodéfense populaire appelées « Mayi-Mayi ».
Ces milices sont éparpillées dans les
territoires de Beni et Lubero. Leurs membres prétendent ne pas consommer les
herbes vertes, et qu’il leur faut uniquement de la chair de la viande. On les
retrouve dans tous les principaux axes d’élevage dans les territoires précités
notamment :
- sur l’axe Kasithu – Isale à Kakuva, Muhola, …
- sur l’axe Beni-Mabuku : à Mabuku et à
Mabalako ;
- sur l’axe Butuhe – Mwenye : à Butuhe, Kikuvo,
Vurondo, Mwenye, Musenge ;
- Sur l’axe Lubero : à Kasugho – Kagheri, à
Luofu-Miriki-Mbingi.
Nous remarquons que,
pratiquement, tous les territoires sont encerclés. Les membres de ces milices
se comportent en seigneurs de guerre. Chacun dans la contrée occupée. Tout
semble organisé pour exterminer le bétail dans les fermes. Ce sont les fermiers
qui doivent nourrir les combattants. Chaque semaine, si pas chaque jour, il y a
au moins une tête de bétail qui est consommée. Qu’il s’agisse et d’un géniteur,
d’une génisse, d’une jeune bête, cela n’est pas la préoccupation des preneurs
de bétail, pourvu que leur besoin soit satisfait. Tantôt ce sont les gardiens
qui sont menacés de mort, torturés, battus, ou c’est le fermier lui-même qui
est visé, ou encore ce sont des têtes de bétail emportées (ex. : au début
de l’an 2002, 300 têtes de bêtes bovines et 600 têtes ovines d’un homme
d’affaires et fermier de Butembo ont été emportés vers une destination évidente
par des bandits et l’affaire est classée sans suite). Le système de
rançonnement organisé par les milices d’autodéfense populaire constituerait une
menace et un danger pour l’avenir de l’élevage au Kivu.
II.2. Impact direct des
guerres sur le développement de l’élevage.
II.2.1. Sur le développement de l’élevage.
Les conséquences des guerres
sur le développement de l’élevage peuvent s’observer à plusieurs niveaux entre
autres :
- par la diminution de l’effectif
du cheptel au Kivu due à un rythme d’abattage insoutenable de celui-ci (Voir
tableau 5 des effectifs du bétail qui ont considérablement baissé de 1998 à
2001)
- dans l’incapacité de tenir et
d’entretenir l’élevage, car il y a un découragement de la part des fermiers,
lesquels évitent de donner un coup d’épée dans l’eau où les fruits seront
récoltés par ceux qui n’ont pas semé ;
- par la recrudescence des
maladies avec incapacité de maîtriser certains paramètres zootechniques y
relatifs (recrudescence des maladies à tiques, de la Brucellose) ;
- dans la tendance à effectuer les
mouvements de bétail d’une région agro-pastorale vers une autre, tout en
essayant de les éloigner des consommateurs avec tous les risques de
l’inadaptation au nouveau microbisme en place ;
- la défaillance dans les conditions d’hygiène à
appliquer pour les animaux ;
- la vente frauduleuse de bétail et leur sacrifice
informel.
II.2.2. Sur la santé
animale.
Au niveau de la santé
animale nous pouvons observer des effets suivants :
- Il y a recrudescence des maladies, et même
réapparition des maladies ayant disparu il y a de cela longtemps, faute de
soins et d’entretien à apporter à l’élevage (ex- la brucellose chez les bovins,
suite au manque de vaccin).
- L’incapacité de suivre l’exploitation selon les
normes et paramètres zootechniques.;
- La diminution de la qualité des soins vétérinaires
et zootechniques ;
- Les maladies limitent et diminuent la productivité
animale avec une conséquence socio-économique inquiétante pour la
population ;
- Incapacité de se procurer les produits
médicamenteux vétérinaires pour assurer les soins des animaux, d’où le recours
à la médecine traditionnelle ou pharmacopée vétérinaire traditionnelle
(phytothérapie).
II.3. Synthèse de quelques cas pathologiques des
animaux rencontrés au Kivu et mode de traitement.
Quelques
maladies couramment rencontrés dans les élevages du Kivu et les traitements
respectifs peuvent se résumer dans les tableaux successifs dans le texte.
Tableau 7 (a, b, c) :
Synthèse de quelques pathologies des animaux et leur mode de traitement
apporté.
a- Espèce bovine.
|
Symptômes |
Diagnostic |
Traitement prescrit |
|
- Diarrhée profuse, banale - Inappétence |
Verminoses |
Albendazole et levamisole |
|
- Diarrhée sanguinolente - Gastro-entérite et dysenterie hémorragique et
ténesme |
Coccidiose intestinale |
- Amprolium ou ses dérivés, Neoceryl |
|
- Diarrhée verte, inappétence, région sous
maxillaire (l’auge), gonflée en forme de bouteille |
Distamatose |
Albendazole,
Levamisole, Bithionol S |
|
- Urine sanguinolente et
amaigrissement progressif |
Hématurie essentielle |
- Essayer avec les ampoules de vitamines K - Extraction de la fougère jeune ; - Traitement économique (abattage) |
|
- Boiterie, gonflement de la couronne, suivie
d’une nécrose sèche sous forme des nodules |
Piétin digital |
- traitement général à la pénicilline et
streptomycine pendant 3 jours ; - Parage des onglons, Application locale de
Tifo-piétyl ou Vetmycin |
|
Œdème et inflammation mammaire, douleur et chaleur des
mamelles |
Mammites |
- Application locale de la peni-streptomycine en
Intra-mammaire ; - Anti-inflammatoire (Dexaméthasone locament) |
|
- Boiterie intense, gonflement des articulations
des membres. |
Arthrite infectieuse |
- oxytetracycline pendant 5 jours ; - Dexaméthasone pendant 5 j |
|
- lésions croûteuses sur tout le corps avec prédilection
vers les parties déclives ; - peau pliée avec dépilation kératinisation |
Gales sarcoptiques et psoroptiques |
- injection de la pénicilline strepto pendant 5
jours ; - Bain antiparasitaire externe régulier. |
|
- Hémoglobinurie, fièvre, anémie, coloration rouge
des urines, inappétence. |
Babesiose ou piroplasmose vraie ou Red Water |
- Association de l’Oxytétracycline et le
Veriben ; - Bain antiparasitaire externe régulier |
|
- Hypertrophie des parotides, fièvre, hypertrophie
de tous les ganglions superficiels, émission des selles hémorragiques,
Inappétence ; - Ecoulement séreux des yeux, des naseaux et de la
bouche avec une respiration dyspnéique. |
Theileriose ou East
Coast Fever |
|
|
- Fièvre de 40 – 41°C,
l’anémie, l’ictère, amaigrissement, l’anorexie ; - Quelques fois avortement
et une constipation alternée avec la diarrhée ; - Parfois une agressivité,
décubitus et urine de coloration normale |
Anaplasmose |
Sources : Nos enquêtes.
Il existe aussi d’autres cas
fréquents entre autres : les intoxications diverses, la conjonctivite, le
Tympanisme la méningite cérébro-spinale, la Trypanosomiase, les fractures, les
plaies, les abcès, les rétentions placentaires, l’omphalo-phlébite. Ces cas
pathologiques se rencontrent fréquemment dans les exploitations bovines de la
région. Il en est de la sorte pour le cas de la Brucellose, qui existe dans des
exploitations et dont le dépistage est rendu difficile faute de moyens
appropriés.
b- espèce ovine et caprine.
|
Symptômes |
Diagnostic |
Traitement prescrit |
|
- Jetage, amaigrissement - fièvre, inappétence ; - présence de tiques - gonflement de ganglions. |
Anaplasmose,
Theileriose |
Veriben,
Oxytetracyline 20 % Bain acaricide |
|
Diarrhée profuse, quelque fois sanguinolente,
inappétence. |
Verminoses et gastro-entérites bactériennes |
Albendazole, Levamisole, Neoceryl |
|
Intoxication alimentaire et diarrhée |
Intoxication |
Laxatif et sulfate d’atropine |
|
Larmoiement, cécité, croûtes autour des yeux |
Kérato-conjonctivite |
Lavage antiseptique de l’œil par la Milbidine.
Instillation locale de la Péni, Strepto. |
|
Croûte autour des lèvres, mastication douloureuse |
Echtyma contagieux ,
stomatite |
Nettoyage des plaies et leur badigeonnage ou
vetmycin Spray |
|
Paralysie, décubitus, chaleur et gonflement des
articulations |
Polyarthrite |
Oxytetracycline pendant 5 jours Prednisolone (anti-inflammatoire) |
|
Gale et parasitisme externe (puces, tiques) |
Ectoparasite, Dermatose, Gale |
Bain acaricide, Appl. Injection de la pénicilline pour 5
jours. |
|
Rétention d’arrière-faix, avortement, écoulement
vaginal purulent. |
Métrite post-puerpérale |
- irrigation au KMnO4 :
permanganate de potassium intra-utérine, donner la pénicilline en I.M. et
l’anti-inflammatoire et prednisolone |
Remarquons qu’il y a aussi
d’autres cas pathologiques dont les abcès, la Bronchite vermineuse, la
Broncho-pneumonie, les plaies, les fractures, les luxations ; les panaris
ou piétin, …
c- Espèce galline
|
Symptômes |
Diagnostic |
|
|
- Diarrhée, abattement ; - Démarche difficile, plumes hérissées,
amaigrissement ; - présence d’œufs dans la fiente ; |
- verminose (ascaridiose) - Syngamose |
Vermifuge polyvalente pour volaille. |
|
- Diarrhée rouge, amaigrissement, pâleur des
muqueuses et de la crête |
Coccidiose aviaire |
Fuzol et furazolidine avec du S-dime dans l’eau de
boisson poll 5 j |
|
Diarrhée blanche muqueuse pâle, abattement,
attitude de boule. |
typhose ou Salmonellose ou
Pullorose |
|
|
Bouton et œdème oculaire |
Coryza infectieuse |
Oxytetra 5 %, lavage local au permanganate,
Furazolidone. |
|
Affaiblissement ; Crête et barbillons
cyanosées, inappétence, diarrhée profuse verdâtre, paralysie, Torticolis,
Hochement de la tête. |
Maladie de New Castle ou pseudo-peste aviaire |
Abattage |
|
Toux, râles, dyspnée, respiratoire buccale, ponte
d’œufs déformés. |
Bronchite infectieuse |
Fuzol + S dime + Penistrep. |
|
Respiration buccale, Jetage muqueux, paupières
tuméfiées, tête œdémateuse (fête de hibou) |
Coryza gangréneux |
Neoceryl, Fuzol, Corvita |
Source : Nos enquêtes.
II.3. Quelques produits d’usage vétérinaire trouvables dans les
pharmacies vétérinaires.
La plupart des médicaments vendus
proviennent de l’Ouganda, de la Tanzanie et du Kenya, d’où ils sont achetés.
Les drogués de synthèse (médicaments modernes), certes utiles et même
indispensables présentent quelques inconvénients notamment une certaine
agressivité, des effets secondaires, de la résistance et/ou de
l’intolérance ! Leur coût excessivement cher est un blocage à leur
accessibilité à la population dont le niveau de vie socio-économique est très
bas.
Dans le tableau 8 ci-après,
sont présentés les principaux médicaments essentiels d’usage vétérinaire, leur
dénomination commerciale internationale, leur forme médicamenteuse ainsi que
leurs prix moyens à Butembo.
Tableau 8: Récapitulatif de
produits courants dans les pharmacies vétérinaires de Butembo.
|
Dénomination commerciale internationale |
Forme médicamenteuse |
Composition pharmaceutique (principe actif) |
Indications thérapeutiques |
Mode d’application |
Catégorie |
Prix moyen (en $US) |
|
|
Forme |
Présentation |
||||||
|
Alamycin |
Aérosol |
Flacon |
Oxytétracycline.
Hydrochloride |
- Traitement de piétin net des germes sensibles et
autres lésions podales et cutanés ; - Traitement de plaie ; |
Topic
(local) Spray |
Antibiotique |
5 |
|
Alamycin 20 % |
Liquide |
Flacon |
Oxytétracyclique |
- Traitement des infections bactériennes ; - Avortement enzootique ; - traitement des métrites et infections
respiratoires. |
Injection |
Antibiotique |
5 |
|
Ascarex |
Granulés |
Sachet |
Pipérazine citrate |
- Indiqué pour les vers ronds, larges et plats |
Voie orale |
Vermifuge |
2 |
|
Ascaten |
Comprimé |
Sachet |
Mebendazole, pipérazine, praziquantel |
Vers ronds et plats |
Voie orale |
Vermifuge |
0,5 $ par comprimé |
|
Benezal |
Solution |
Bidon |
Albendazole |
- Douves, vers gastro-intestinaux, vers ronds |
Voie orale |
Vermifuge douvicide |
11 |
|
Bimectin - Ivermectin |
Solution |
Flacon |
Ivermectin |
Traitement et contrôle des vers, Ascaricides, Gales |
Injection en sous-cutanée |
Vermifuge Acaricide |
35 |
|
Coccid |
Granulé |
Sachet |
Amprolium |
Prevention et traitement de la coccidiose |
Voie orale |
Antiinflammatoire |
5 |
|
Colvasone |
Liquide |
Flacon |
Dexamethasone
sodium phosphate |
Traitement des inflammations, traitements des
chocs. |
Injection |
Antiinflammatoire |
5 |
Source : Nos enquêtes.
II.4. La reconnaissance du savoir des paysans :
plantes médicinales en pharmacopée traditionnelle.
Le recours à la médecine
traditionnelle est aussi vieille que la maladie
elle-même. Avant même l’arrivée et l’utilisation des médicaments modernes,
l’usage direct des plantes médicinales était le seul moyen de soulager et de
guérir les maladies de l’homme et de l’animal en Afrique Centrale.
En effet, selon l’OMS, 80 % de la population du
globe se soignent par les drogues de la médecine traditionnelle. La nature
offre à tout le monde la possibilité d’accéder à la médecine des plantes.
L’accession aux produits
modernes étant souvent difficile aux éleveurs, et vu que la guerre empêche bon
nombre de techniciens vétérinaires à fréquenter les exploitations animales,
ceux-là recourent à la médecine naturelle par l’usage de certaines plantes à
réputations pharmacologique. Nous présentons dans le tableau 9 quelques plants réputées médicinales au Kivu aussi bien en
Médecine vétérinaire qu’en Médecine humaine.
Tableau 9 : Quelques plantes réputées médicinales au Kivu.
|
Nom scientifique de la plante |
Nom vernaculaire en Kinande |
Quelques indications thérapeutiques |
|
Vermonia amyggdalina |
Omuvuriri |
Ectoparasitaire, endoparasitaires laxatif |
|
Canabis sativa |
Eloho |
Maladies à tiques, peste porcine, fourmis |
|
Carica papaya |
Epapayi |
mammites |
|
Bidens pilosa |
Ovukuto |
Affection de l’œil, cicatrisants, diarrhées,
theileriose, dysenterie. |
|
Ciperus sp. |
Ekilau |
Peste porcine, theileriose |
|
Manihot esculenta |
Omuhoko |
Rétention d’arrière - faix |
|
Persea
americana |
efoka |
Reproduction |
|
Ricinus communis |
esiombono |
Ectoparasitaires (gales), endoparasitaire,
bronchite, brucellose. |
|
Musa sp. spapientum |
Emboko |
Fièvre de 3 jours, furoncle, ulcère, abcès |
|
Phytolacca dodecandra |
Ekihokolo |
Rétention d’arrière-faix, verminose |
|
Capricum
frutenscens |
epilipili |
Pseudo peste aviaire anti-inflammatoire,
Ectoparasitaire |
|
Nicosianne tabacum |
etaba |
Furoncle, Gale, tiques, vomitif en cas
d’intoxication |
|
Solanum aculeastrum |
En dughunda |
Antibiotique, expectorât, conjonctive, panaris |
|
Tropacum cajanus |
capucine |
Coccidiose des lapins |
Conclusions et
suggestions.
Le développement au Kivu
serait handicapé par des multiples guerres qui y ont élu domicile. L’élevage et
l’agriculture constituant l’activité principale de la population, nous
remarquons que l’élevage tendrait à disparaître, son avenir n’est pas certain
avec les guerres sévissant au Kivu.
Au terme de nos investigations,
nous remarquons ce qui suit :
-
Le sort réservé à l’élevage et la santé animale au Kivu est sombre car
tous les endroits où l’activité agro-pastorale pourrait être possible,
hébergent des groupes armés tant civiles que militaires qui s’acharnent sur le
cheptel ;
-
Nombreux sont des éleveurs qui sont découragés et ne veulent plus
investir dans l’élevage, si bien que l’entretien est presque délaissé ;
-
-
Beaucoup d’éleveurs préfèrent abattre urgemment leurs bêtes de peur que
celles-ci ne soient consommés par des « prédateurs ». Cela peut
expliquer l’augmentation de l’effectif des bêtes bovines sacrifiées à
l’abattoir de Butembo à l’an 2001, lequel est de 2396 (Tableau 3) contre celui
de 1827 à l’an 2000 et 1439 à l’an 1999.
-
La conséquence en est la diminution du cheptel, la consommation des
géniteurs et même l’abattage des femelles gestantes (350.000 bêtes bovines à
1998, 60.000, en 2.000 et 21.300 têtes en 2001 avec un écart d’au moins 328.700
têtes abattues en trois ans).
-
La santé animale est mise en jeu, la qualité des soins n’es plus à la
hauteur, et certaines maladies qui avaient déjà disparu car étant maîtrisées
depuis longtemps par les soins appropriés, un bon suivi et les vaccinations
(ex. Brucellose, Rouget du porc, …) commencent à s’observer par-ci par là;
-
Faute des soins adéquats d’un suivi sanitaire (par exemple
l’irrégularité dans les déparasitages externes et internes d’un animal), il y a
augmentation de cas des maladies telles que les verminoses, les maladies à
tiques (Theileriose, anaplasmose, …) et des cas d’épidémies régulièrement
observées ;
-
La phytothérapie prend de plus en plus de l’importance au niveau de la
santé animale car les produits vétérinaires modernes et de synthèse ne sont pas
accessibles à n’importe quel éleveur, d’où la liste de quelques plants réputées
médicinales ;
-
Dans la liste des produits vétérinaires présents dans le tableau 7,
avec leurs prix respectifs, il ressort à ce sujet que les médicaments
vétérinaires les plus vendus et les plus utilisés sont les antibiotiques (ex.
oxytétracycline, Neoceryl), les antiprotozoaires (ex. Veriben),
les anthelminthiques (ex. le Vermitan), les Vitamines et fortifiants
minéraux (ex. Mutlivitamine, le Cofaclium et les acaricides (ex. le
Steladone) mais ce sont surtout les
antibiotiques à base de l’oxytetracycline qui sont les plus préférés.
-
Les pathologies couramment rencontrées au Kivu chez quelques espèces
animales domestiques sont reprises dans le tableau n°7 ;
-
L’étude épidémio-pathologique dans les élevages révèle l’existence de nombreuses
maladies pouvant limiter ou diminuer la productivité animale avec des
conséquences socio-économiques inquiétantes pour la population.
Compte tenu de ce qui précède, nous pouvons
émettre quelques suggestions suivantes :
-
Que les guerres au Kivu cessent pour que le développement soir réamorcé
et que l’élevage, activité importante pour l’économie d’un pays, ait une
garantie dans l’avenir ;
-
Que des études approfondies soient menées avec des moyens plus
consistants en vue d’établir une carte épidémio-pathologique bien précise et
circonscrite pour différentes espèces animales élevées dans la région ;
-
Un encadrement technique de l’élevage s’avère indispensable en vue
d’informer le peuple en matière d’élevage malgré les guerres vu que l’avenir de
la région dépend aussi de l’élevage.
-
L’amélioration des conditions d’élevage et les soins apportés aux
animaux (alimentation, hygiène, soins vétérinaires, …), la performance des
animaux étant liée à leur environnement ;
-
Que les « seigneurs de guerre » comprennent qu’ils sont en
train de freiner le développement de la région, et que la paix s’avère
indispensable, pour permettre au secteur d’élevage de s’épanouir, en vue de
lutter ainsi contre la malnutrition et les carences d’origine animale.
Références
bibliographiques.
Ansay, Michel et Thill, G., Pesticides
et médicaments en santé animale, rencontre interdisciplinaire Nord-Sud de
Technologie, Presses Universitaires, Namur, Belgique, 1989, p. 50 – 60
Baerts, M. et alii, Plantes
médicinales de la zone interlacustre des grands lacs africains, inédit,
1994
Defour, Georges, Éléments
d’identification de 400 plantes médicinales et vétérinaires de Bushi, 2ème
partie, éd. Bandari, Bukavu, 1995.
Hazard, R., Précis de
thérapeutique et de pharmacologie, 9ème éd., Masson et Cie, p.
2728, 131-135, 1963.
Kasayi Katsuva Lenga-Lenga,
Dynamisme démo-géographique et mise en valeur de l’espace en milieu équatorial
d’altitude : cas du pays Nande du Kivu septentrional (Zaïre), Thèse de
doctoral en sciences (département de Géographie), Unilu, inédit, 1988, p. 2 –
20.
Makumyaviri, Mpondi, Notes
de cours des maladies parasitaires, UCG, Faculté de médecine Vétérinaire,
inédit, 1994.
Mathieu, P.et Mafikiri
Tsongo, « Guerre paysanne au Kivu (République démocratique du Congo),
1937-1994 », in Cahiers
d’Etudes africaines, 150-152, XXXIII-2-4, 1998.
Rhone, M., Les maladies
exotiques réputées contagieuses, Brochure, Ecoles Nationales Vétérinaires
françaises, 1989.
Vulambo Kalisya (dir), Profil
socio-économique de la région du Nord-Kivu, Division Provinciale du Plan,
Goma, 1996.
ANNEXE I : Principaux
cas de saisie à l’Abattoir Public de Butembo de 1998 à 2000.
|
Poumons |
Bovine Suisse Caprine Ovine |
Mauvaise saignée |
2234 773 116 209 |
|
|
Suisse Bovine |
Metastrongylose |
690 6 |
|
Bovine Suisse Caprine Ovine |
Emphysème pulmonaire |
260 72 42 72 |
|
|
Bovine Suisse |
Pleurésie |
8 6 |
|
|
Bovine |
Oedème |
12 |
|
|
Bovine |
Broncho-pneumonie |
2 |
|
|
Bovine Suisse |
Branchose vermineuse |
342 |
|
|
Rein |
Bovine Suisse Caprine Ovine |
Hydronephrose |
227 123 6 4 |
|
Bovine Suisse |
Calculose |
94 50 |
|
|
Bovine Caprine |
Néphrite |
13 8 |
|
|
|
Bovine |
Pyelonephrite |
8 2 |
|
Rate |
Bovine Suisse Ovine |
Aspect boueux |
34 7 1 |
|
Bovine Suisse |
Splenite |
- 30 |
|
|
Cœur |
Bovine Suisse |
Cysticercose |
- 30 |
|
|
Bovine Bovine |
Dericardite Cysticerose |
4 3 |
|
Ganglion |
Bovine Suisse Ovine Caprine |
Hémorragie |
50 20 6 12 |
|
|
Bovine Suisse Caprine |
Tuberculose |
5 14 2 |
|
Langue |
Bovine Suisse |
Cysticercose |
3 1 |
|
Intestin et ganglions
mésentériques |
Bovine Caprine Ovine |
Oesophagostomose |
7 120 219 |
|
Bovine Caprine Ovine |
Monieziose |
3 40 120 |
|
|
Bovine Caprine Ovine |
Tuberculose |
8 1 1 |
|
|
Matrice |
Bovine Bovine |
Métrite Prolapsus |
2 1 |
|
Pis |
Bovine Caprine |
Mammite |
3 2 |
|
Membres antérieurs et
postérieures |
Bovine |
Traumatisme |
7 |
ANNEXE III : Tableau synthétique de quelques pathologies des
animaux (Lapins et porcs) et leur mode de traitement.
a- Espèce : les léporidés
(lapins)
|
Symptômes |
Diagnostic |
Traitement prescrit |
|
Diarrhée, présence d’oocytes d’Eimeria dans les
selles |
Coccidiose |
Furazolidine, Vigal, S-dime, Amprolium |
|
Croûte dans le conduit auditif |
Gales auriculaire (ou Otacariose) |
Asuntol ou autres acaricides ou mélange de l’huile
de palme avec du pétrole ou avec de l’acaricide. |
|
Diarrhée et inappétence |
Verminoses |
Autres vermifuges |
b- Espèce suine (porcines)
|
Fièvre > 41°, Anorexie,
Tâches hémorragies sous cutanées, groin fixé au sol |
Peste porcine africaine |
Abattage |
|
Inappétence, Diarrhée profuse |
Verminoses (surtout
ascaridioses et strongyloïdes) |
Vermitan ou autre vermifuge |
|
Gales et autres ectoparasites |
Gales et ectoparasitisme |
Bain acaricide. |
Annexe IV :
Tableau récapitulatif des produits courants dans les pharmacies vétérinaires de
Butembo (Suite)
|
Fuzol |
Liquide |
Flacon et Sachet |
Furazolidone |
- Entérite bactérienne, coccidiose salmonellose,
infections respiratoires, Diarrhée des jeunes. |
Voie orale |
Sulfamidés |
5 |
|
Hi – tet 120 |
Liquide |
Flacon |
Oxytétracycline hydrochloride |
Anaplasmose, piétin, maladies bactériennes |
Injection |
Antibiotique |
5 |
|
Multiject |
lotion |
Seringue |
Prednisalone, neomycine, Streptomycine
peniprocaïne |
Traitement de mammites |
Intramammaire |
Antibiotique |
5 |
|
Butalex et Parvexon |
Liquide |
Flacon |
Biparvuquone |
Théileriose, Anaplasmose |
Injection |
Antiprotozoaire |
50 $ |
|
Neoceryl |
Poudre granulé |
Sachet |
Antibiotique, Vitamine, Erythromycine
oxytetracycline, Neocerine, Streptomycine |
- Traitement et préventions des infections bactériennes ; - carence en Vitamines. |
Voie orale |
Antibiotique + Vitamine et Sulfamide |
5 |
|
Opticlox |
Pommade |
Seringue |
Peni-procaïne |
Conjonctivites, parasites oculaires. |
Topic à l’œil |
Antibiotique |
2 |
|
Oxytocin |
Liquide et salut |
Flacon comprimé |
Oxytocine synthétique |
- traitement de rétention placentaire en
association avec l’Antibiotique ; - traitement d’agalactie |
Injection |
Hormone |
6 |
|
Peni-Strepto |
Liquide (suspension) |
Flacon |
Peni-procaïne Dihydrostreptomycine sulfate |
- traitement des germes sensibles à la peni-strepto. |
Injection |
Antibiotique |
5 |
|
S – dime bolus |
Solide Liquide |
Bolus flacon |
Sulfadimidine Bolus |
- Entérite, pneumonie, métrite, néphrite, … - Infection bactérienne, nécrose interdigitale,
cow-drox |
Orale |
Sulfamide |
0,5/bol 2 $ fl |
|
Trypamidium / Samorin |
Poudre |
Sachet |
Chloridrate de chlorure d’Isométhamidium |
Trypanopréventif et curatif |
Injection |
Trypanocide et Trypanostatique |
7,5 |
|
Supadip |
liquide |
bidon |
chlorfeiphos |
Contrôles des acariens (tiques) |
Pulvérisation ou dippage |
Acaricides |
14 $ / litres |
|
Veriben |
Granulé |
Sachet |
Dncefurate de diminagen phenazone |
Contrôle de la trypanosomiase et des maladies à
tiques (Thelleriose) |
injection |
Trypanocide
Theilericide |
0,5 / sachet |
|
Vermitan |
Solide |
Bulus paquet |
Albendazole |
Contrôle des vers digestifs de la volaille |
Voie orale |
Anthelmintique |
0,1/cé |
|
VPV (Vermifuge polyvalent volaille) |
Solide |
Comprimé |
Niclosamide, Levamisole, Vit. A & B |
Contrôle de vers digestifs de la volaille |
Voie orale |
Anthélminthique |
0,1 /cé |
|
Wormicid Wormeta |
Solide Solide |
Paquet Paquet |
Levamisole Albendazole |
- Contrôle des vers digestifs - (ronds et plats) - Fascioles |
Voies orales |
Anthelminthique Anthelminthique |
0,5
/ 40 l |
1 Vulambo, K.(dir), Profil socio-économique de la région du Nord-Kivu, Division Provinciale du Plan et Reconstruction nationale, Goma 1996
3 Mathieu, P. et Mafikiri Tsongo,« Guerre
paysanne au Kivu (République Démocratique du Congo), 1937 - 1994 » in Cahiers
d’études africaines, 150 – 152, XXXIII-2-4, 1998, p. 385