LE
SOL DANS L’AGRICULTURE URBAINE EN ZONE DES GRANDS-LACS AFRICAIN
ETUDE DU CAS DE LA VILLE DE
BUTEMBO.
https://doi.org/10.57988/crig-2352
Gilbert
Paluku Mutiviti, Assistant
à la Faculté des Sciences Agronomiques de l’U.C.G.
Kakule Mboko, Chercheur libre attaché à
l’U.C.G.
Kambere Vagheni, Chercheur libre attaché à
l’UC.G.
Résumé.
La présente étude a porté sur la caractérisation physique de quelques
sols de la ville de Butembo. Pour y parvenir, les variables suivantes ont été
investiguées : granulométrie, acidité et teneur en matière organique.
Il ressort des résultats obtenus que les principaux paramètres étudiés
diffèrent peu entre les formations des sols étudiées peu entre les formations
des sols étudiées et pour un même profil.
Les résultats obtenus révèlent que tous les sols étudiés sont riches en
limon et argile car appartenant tous à la classe texturale du sol
« La » (Limon argileux). Ces sols sont potentiellement riche car ayant une réserve d’éléments nutritifs qui devront
libérer progressivement par les phénomènes d’altération. Ces sols sont acides
et contiennent peu des matières organiques. C’est cela la contrainte principale
de ces sols avec l’acidité.
Introduction
Dans la pratique de
l’agriculture, la caractérisation préalable du sol demeure la première préoccupation
de l’agronome 1. Cette caractérisation
permet de diagnostiquer les contraintes et aptitudes de production de sol,
identifier et cartographier les unités pédologiques et afin déterminer le degré
d’amélioration requis en vue de relever la productivité par l’utilisation
rationnelle des terres.
La richesse comme la pauvreté d’un sol sont
déterminées par la combinaison de différentes propriétés tant techniques,
physiques, chimique que biologiques, sa production y est donc étroitement liée.
Pour les pays développés, ces propriétés sont facilement obtenues par des
analyses du sol grâce au progrès de la science et de la technologie. Dans les
pays tropicaux par contre, le manque d’une technologie de pointe et le bas
niveau d’instruction de beaucoup d’agriculteurs font que la possibilité
d’analyser les sols y est réduite, alors qu’il est nécessaire de connaître le
degré de fertilité des sols pour accroître la production agricole. Il devient
donc important, dans les conditions de ces pays de rechercher à obtenir le
maximum d’informations concernant la fertilité des sols2.
Le présent article a pour objectif de
contribuer à la caractérisation des sols de la ville de Butembo dan le but de
mettre à la disposition des utilisateurs un certain nombre de données leur permettant
d’améliorer le rendement des cultures car il faut le reconnaître, hormis les
travaux réalisés par certains chercheurs dont Van Wambeke et Libens3 , Leclerg et Jongen4
qui avaient abouti à l’élaboration des cartes de sols utilisées actuellement,
peu de chercheurs, faute des moyens, songent à actualiser les données sur les
sols de Butembo ; surtout que les propriétés du sol sont dynamiques.
I. Importance des propriétés physiques et chimiques
dans la productivité des sols.
1.0. Qu’est-ce qu’un sol ?
Un sol est un complexe constitué de matières
inertes, minérales et organiques dans lequel vivent des myriades d’organismes.
Une fraction minime de ces organismes est visible à l’œil nu ; la plupart
sont microscopiques. Les facteurs déterminants caractéristiques d’un sol sont très
nombreux et interagissent à tout instant. C’est pourquoi les scientifiques
utilisent le terme de complexe édaphique5.
1.1. Importance de l’analyse du sol.
Pour l’agriculteur,
l’analyse du sol est importante :
- d’une part du point de vue physique, elle le
renseigne sur la nécessité d’apporter des modifications à la structure du sol
par des amendements et compte tenu du climat, sur l’intérêt du drainage ou de
l’irrigation ;
- d’autre part, du point de vue chimique, elle
renseigne sur la richesse du sol en éléments fertilisants.
C’est ainsi que tout agronome, soucieux de
prendre en compte les interactions climat – sol – plante doit procéder
régulièrement au champ à l’examen du profil cultural pour s’assurer des effets
d’une opération culturale pour étudier les relations entre l’état physique du
sol et l’enracinement6.
1.2. Notion de la fertilité d’un sol.
Pour De Laguarigue7 , la fertilité d’un sol est une notion
intuitive qui ne peut que s’exprimer pour l’aptitude de ce sol à produire telle
ou telle quantité de récolte. Une terre vierge a une fertilité naturelle, mais
la pratique des cultures successives modifie cette fertilité et conduit à la
notion de fertilité actuelle.
Selon Demolon8, la fertilité d’un sol est sa
productivité à un moment donné, c’est-à-dire son aptitude à produire lorsqu’il
est sous l’influence de l’ensemble des facteurs intervenant en ce moment. La
fertilité est une notion complexe qui n’est pas susceptible d’une définition
absolue, certains auteurs apprécient la fertilité en se basant sur certaines
caractéristiques du sol.
La fertilité d’un sol est sa
capacité de bien nourrir les plantes. Aussi la fertilité d’un sol cultivé peut
être définie comme sa capacité de pourvoir de manière satisfaisante aux besoins
des cultures qu’il porte : sa texture et sa structure sont favorables à la
vie microbienne et au développement des racines des espèces cultivées ;
les sels minéraux et les matières organiques y existent en qualité et en
proportions satisfaisantes pour l’alimentation des plantes. L’eau est
assurément un élément indispensable à l’expression de la fertilité. En d’autres
termes, il n’y a pas de fertilité sans eau, quelle que soit la richesse
minérale ou organique. Dupriez et De Leeher9
poursuivent, en insistant sur le fait que la fertilité est fondée sur un
ensemble d’éléments :
- Elle est minérale lorsque les matériaux inertes en
présence sont capables de libérer des ions nutritifs en qualités proportionnées
aux besoins des végétaux ;
- Elle est organique lorsque les échanges ioniques
entre le sol et les plantes se font surtout à partir des produits de
décomposition de la biomasse ;
- Elle dépend en bonne partie du niveau d’acidité ou
d’alcalinité du sol (son pH), niveau qui détermine l’état des ions, leur
solubilisation dans l’eau, leur adhérence aux grains de sable ou
d’argile ;
- L’aération joue un grand rôle dans la fertilité.
Les fermentations qui se déroulent dans le sol sont différentes selon que l’air
y est présent ou qu’il n’y circule pas du tout, la circulation de l’air dépend
de la porosité elle-même conditionnée par le type de matériaux constituent le
sol ;
- L’activité de nombreux agents, dont l’homme, joue
un rôle fondamental.
La
fertilité est exprimée en potentielle ; elle est exprimée lorsque les
plantes cultivées en profitent réellement tandis qu’elle est potentielle
lorsque, malgré sa richesse en éléments nutritifs, un ou plusieurs facteurs
particuliers empêchent les plantes de se développer correctement. Dans une
tourbière, par exemple, les éléments nutritifs sont abondants mais l’acidité et
l’engorgement régulier des pores du sol par l’eau bloquent les possibilités
d’échanges ioniques. Il se peut aussi qu’un sol soit partiellement fertile,
mais qu’une couche de battance soit venue colmater sa surface. Les facteurs de
fertilité sont bien présents, mais l’eau n’est pas disponible dans le sol pour
qu’ils s’expriment. Parfois, un seul élément minéral fait défaut, ou au
contraire l’une des substances en présence excessive bloque les échanges
plantes-sol. La fertilité peut aussi être fossile. Certaines terres ont, par
exemple, été recouvertes par une carapace latéritique de quelques centimètres
d’épaisseurs, suite à l’aération de surface et au lessivage. En brisant la
carapace, on peut retrouver sans elle une couche de sol dont la fertilité
minérale est intacte10
La
fertilité renvoie à la fois aux caractéristiques du sol et à ce qu’en fait
l’agriculteur (cultures et techniques). On ne peut quantifier la fertilité d’un
sol. Pour les agronomes, la fertilité n’est pas un concept agronomique, c’est
un jugement, plus ou moins étayé. Ils abandonnent ce terme pour parler d’aptitudes
culturales. C’est-à-dire de la capacité d’un sol à produire telle culture
avec telles techniques.
Cette
appréciation porte sur le fonctionnement global d’un système biologique (sol,
plante, climat) soumis aux interventions techniques de l’agriculteur. Elle se
fonde sur l’étude des caractéristiques du milieu et sur ses aptitudes à remplir
ses fonctions (alimentation en eau, en éléments minéraux, …) pour une culture
et des techniques données. Il s’agit donc d’une notion relative qui
varie selon les techniques disponibles et les objectifs des agriculteurs. Elle
explore :
-
les potentialités ;
-
les coûts d’exériorisation des potentialités ;
-
les risques, qui seront estimés à travers l’analyse, de
la souplesse et de la sécurité dans le choix et la mise en œuvre des systèmes
des cultures.11
1.3. Texture.
La texture influence
beaucoup les capacités du sol. C’est une mesure importante parce que la distribution
des particules influence beaucoup d’autres propriétés du sol par exemple la
capacité de rétention, CEC CECE, le drainage, etc. On ne peut donc pas souvent
se passer de la connaissance de la texture dans l’évaluation agronomique des
sols11.
Le sol est composé de
matières d’origine minérale (sable, limon, argile, graviers, sels minéraux) et
de matières organiques d’origine végétale ou animale plus ou moins décomposés. On parle de texture pour
caractériser la composition de ce substrat inerte. On la définit par le
pourcentage de chaque composante dans la masse totale de l’échantillon de sol
analysé. Parmi les substances présentes, quelques-unes seulement sont
susceptibles d’être absorbées par les plantes. Ce sont les sels minéraux
nutritifs assimilables. C’est la quantité des sols nutritifs assimilables qui
détermine la fertilité d’un sol. Encore faut-il que ces sels soient dissous
dans l’eau pour que la fertilité puisse s’exprimer pleinement12.
1.4. Structure.
La structure est la clef des
rendements. En effet, la plante a non seulement besoin d’eau, dans laquelle se
trouvent en dissolution les substances nutritives, mais elle réclame aussi de
l’air, qui est tant aussi nécessaire pour assurer aux organes souterrains une
respiration normale.
Une bonne structure du sol
consiste précisément en cet état particulier de la terre, qui retient à la fois
l’air et l’eau dont la plante a besoin dans un rapport idéal des macropores et
des micropores, qui subsistent entre les particules du sol. Le réservoir d’air
est constitué par les premiers ; le réservoir d’eau par les seconds13. La stabilité de la structure est
l’aptitude de la structure à résister aux forces de destruction. Notons en
passant que la structure du sol est une caractéristique très dynamique. Aussi,
s’avère-t-il utile de déterminer l’indice de stabilité qui renseigne sur le
dynamisme structurel. Il est important de noter qu’une bonne structure ne peut
ressortir des effets que lorsqu’elle reste stable pendant un temps suffisamment
long14.
II : Etude des caractéristiques
des sols de Butembo.
2.1. Situation géographique.
La présente étude a été
conduite à Butembo, ville qui se situe à l’Est de la RDC dans la province du
Nord-Kivu, ville située à 0°8’ de latitude Nord ; 29°30 longitude
Est. L’altitude moyenne est de 1750 m. Le relief est donné pour un ensemble des
collines et vallées dont le fond est à plus ou moins 1700 m. Cette dépression
est entourée d’une succession de collines drainée par la rivière Kimemi traversant
le centre de la ville du Sud au Nord. Aujourd’hui, Butembo a un statut d’une
ville, statut acquis pendant la rébellion et est subdivisé en quatre communes à
savoir Bulengera, Kimemi, Mususa et Vulamba.
2.2. Climat.
Le climat de Butembo connaît
un climat équatorial influencé par l’altitude. Selon Kasay15, les hautes terres, dont Butembo fait
partie, sont caractérisées par le climat colombien. Selon De Vries ; Afi
Selon Köppen. La température moyenne mensuelle varie entre 17,2 et 18,8°C.
La pluviométrie annuelle est autour de 1500 mm.
2.3. Sols.
L’extrême Nord du Kivu montagneux
est considéré comme un des principaux greniers de la RDC. Cependant, il est à
noter que ses sols sont d’un pouvoir productif fort limité suite à
l’érodabilité des terres situées sur des pentes raides. Le sol de Butembo
appartient au petit groupe de ferrisols orthotypes développés de l’ordre de
Kaolisols16
2.4. Végétation.
Sur le plan de la
végétation, les montagnes et collines de Butembo portent une végétation
essentiellement herbacée, types prairies-steppes (Bracharia, chloris gayana,
…) et par ci par là les plantations d’essences végétales exotiques et de la
bananeraie. Les essences exotiques sont principalement les Eucalptus,
Grevilea, Acacia, Leucaena, …
2.5. Démographie.
La population de Butembo est
homogène, dont la majorité est composée de 98 % des Nande et 2 % d’autres
tribus, en provenance des onze provinces qui forme la RDC, plus quelques
expatriés et réfugiés.
Tableau I : Statistique
de la population urbaine (Décembre 2000).
|
Commune |
Femmes |
Filles |
Hommes |
Garçons |
Total |
|
Bulengera Kimemi Mususa Vulamba |
29182 30036 39323 20370 |
24139 29714 28671 9712 |
27815 26160 38034 20134 |
22233 22156 27958 9626 |
103389 108066 133986 59842 |
Source : Anonyme, 2001
2.6. Matériel et méthode de travail.
2.6.1. Matériel.
Quatre communes ont retenu
notre attention au cours de nos investigations :
B : Commune Bulengera
avec 8 profils.
K : Commune Kimemi avec
5 profils.
M. : Commune Mususa
avec 5 profils
V : Commune Vulamba
avec 5 profils.
Vingt-trois profils ont été
ainsi ouverts. Des échantillons de sol y ont été prélevés et amenés au
laboratoire pour analyse.
2.6.2. Méthode de travail.
2.6.2.1.Echantillonage.
Les échantillons non
perturbés n’ont pas été prélevés. Faute de cylindres de Kopecky, c’est-à-dire
que la détermination de la conductivité hydraulique, densité apparente,
porosité n’ont pas été effectués. Il en est de même pour les analyses chimiques
prévues. faute de réactifs et matériels appropriés.
Seul le Ca++ a pu être dosé pour quelques
profils et horizons, car à peine commencé, le spectrophotomètre est tombé en
panne.
2.6.2.2. Conditionnement des
échantillons.
Les échantillons perturbés
ont été sèches à l’air libre et à l’ombre, puis broyés certains dans un mortier
en porcelaine et tamisés sur un crible de 2 mm de diamètre, d’autres dans un
moulin. La terre fine ainsi obtenue a servi à l’analyse granulométrique et
chimique.
2.6.2.3. Analyse
granulométrique
- Méthode : L’analyse granulométrique a été
faite par la méthode dite à la pipette.
- Principe de la méthode : Elle consiste à
prélever, dans une suspension en cours de sédimentation, à une profondeur
choisie (10 cm) à un intervalle de temps bien déterminé (8 h pour les argiles
et 4 minutes et 48 secondes pour le limon), une fraction du mélange mieux de la
suspension à l’aide d’une pipette.
2.6.2.4. Dosage de la matière organique.
La matière organique a été
déterminée par différence de poids. En effet, faute des réactifs appropriés
pour le dosage de la matière organique par voie humide, la voie sèche a été
utilisée. Il s’agit de soumettre l’échantillon de sol à une température au delà
de 250°C : la matière organique brûle. En faisant la différence de poids,
on obtient la teneur en matière organique brute.
2.6.2.5. Réaction du sol.
Le pH a été mesuré en suspension
aqueuse et au KCl 1N.
2.6.2.6. Dosage du calcium.
Le calcium a été faite par
spectrophotomètre à absorption atomique à une longueur d’onde de 422 nm.
III . Résultats et Discussion.
Les résultats de l’analyse
granulométrique, la réaction du sol, la teneur en matière organique ainsi que
la teneur en calcium sont consignés dans les tableaux
II, III, IV ou V.
3.1. Composition granulométrique des sols.
Les résultats moyens de
l’analyse granulométrique sont consignés dan le tableau II et ont été obtenus
grâce, du moins la dernière colonne, au triangle texturale
de l’US taxonomy. Il apparaît que, hormis les sols de la commune Kimemi
qui appartiennent à la classe texturale de Limon argile sableux (Las), toutes
les autres formations appartiennent à la classe texturale Linon argile (La).
Le même tableau montre que
la teneur en limon varie dans une faible gamme dans les formations étudiées de
22,9 % à 31,36 %. Les sols de la Commune Vulamba sont les mieux fourni en
Limon, tandis que ceux de Kimemi sont les plus pauvres. Les sols de Bulengera
et Mususa ont une teneur intermédiaire.
Quant à la fraction
argileuse, ce sont les sols de Mususa et Bulengera qui tirent l’épingle du jeu,
ils sont immédiatement suivies des sols de Vulamba et
Kimemi, Kimemi étant la commune la moins fournie (22 %).
En ce qui concerne le sable,
fraction comptant moins dans les potentialités des sols, il ressort du tableau
II que la commune Kimemi est la plus doté en sable, suivie de la commune
Bulengera. La commune Vulamba boucle la liste.
Du point de vue potentialités,
toute chose étant égale par ailleurs, tous les sols de la ville ont un avenir
meilleur car tous sont dotés en limon, ce dernier étant un minéral secondaire
capable de subir l’altération et libérer ainsi les éléments nutritifs aux
plantes, mais c’est la commune Vulamba qui prend la tête.
Le tableau 2 montre une
concentration relative de l’argile dans les horizons superficiels dans les
formations de Kimemi et de Mususa, ce qui dénote une tendance au marécage vite
étouffée par à certains endroits par une teneur appréciable en sable. Pour ceux
qui connaissent Butembo, la vallée de Kirimavolo dans la commune Mususa et
celle allant de l’abattoir à Katsya dans la commune Kimemi illustre bien cette
concentration de l’argile.
Mais il y a tendance à
l’accumulation des argiles en profondeur dans les formations de Vulamba. Les
sols de la commune Mususa semblent plus homogènes au vue
des résultats du tableau II par rapport au sol des communes Vulamba et
Bulengera qui semblent plus hétérogènes.
3.2. Réaction des sols.
Il ressort du tableau III que
tous les sols de la ville sont acides avec un record pour la commune Mususa
(4,95) suivie de Bulengera (5,75). Les communes Kimemi et Vulamba sont moins
acides. Le même tableau montre que les valeurs de pH à l’eau de toutes les
formations sont à peu près les mêmes et partout on voit apparaître une acidité
d’échange (△pH). Ce qui confirme
encore une fois la fertilité potentielle des sols de Butembo. L’acidité
actuelle (pH eau) nous donne des renseignements sur la concentration des ions
H+ dans la solution du sol tandis que l’acidité potentielle (pH KCl) détermine
la présence des ions Al3+ et H+ absorbés sur le complexe.
3.3. Teneur en
matière organique.
Les
résultats moyens présentés dans le tableau IV montrent une teneur élevée de la
matière organique brute dans les sols de la commune Mususa immédiatement suivie
par les communes Vulamba et Bulengera. La commune Kimemi est la moins servie en
matière organique du sol.
Quant
aux profils, le tableau IV montre que le profil V2 de Vulamba en tête avec
24,83 % de matière organique suivie des profils B7 et B8 de Bulengera M4 et M5
de Mususa et enfin K5 de Kimemi.
3.4. Teneur en
calcium des sols.
Les
résultats expérimentaux présentés au tableau V montrent que tous
le sols de la ville sont pourvu en ca++ avec un record dans
la commune Kimemi suivie des communes Mususa et Vulamba. La commune Bulengera
est au bas de l’échelle. Du point de vue profil, la commune Kimemi vient en
tête avec le K4-2 suivie de M4-2
et B3-3 clôt la liste.
En
comparant les moyennes de pH à ceux du Ca++,
on constate quelques anomalies. En effet, la commune Mususa est la plus acide
mais aussi la plus riche en Ca++ après
Kimemi. Or l’on sait que l’ion Ca++ a le
mérite de remonter le pH, mieux de baisser la concentration des ions acides (H+
et Al+++).
L’acidité
de 5 sols de la commune Mususa, face à une teneur appréciable en ion Ca++ s’expliquerait par le fait que le △pH
de Mususa est le plus élevé de toutes les communes, ce qui fait
penser probablement à une forte concentration et ions acides qui noierait les
ions Ca++. Ceci pourra être confirmé par un dosage des ions Al+++.
En outre, la non-expression de la toxicité aluminique par les plantes
confirmerait cette thèse.
Tableau
II : Granulométrie des sols étudiés.
|
Commune |
Site |
Sable % |
Limon % |
Argile % |
Classe texturale |
|
Bulengera |
B1 B2 B4 B6 B7 |
32,5 30,3 33,6 33,7 43,8 |
38,2 21,3 20,4 35,8 22,6 |
22,7 37,2 39,7 28,6 16,8 |
La A A La Las |
|
Moyenne |
34,78 |
27,66 |
29,0 |
La |
|
|
Kimemi |
K1 K2 K3 K4 K5 |
41,3 30,5 52,8 44,3 68,4 |
18,5 30,8 29,1 28,1 7,9 |
30,5 25,7 14,6 23,8 15,4 |
As La Ls Las Ls |
|
Moyenne |
47,46 |
22,9 |
22,0 |
Las |
|
|
Mususa |
M1 M2 M3 M4 M5 |
29,4 29,3 31,1 16,2 44,3 |
28,9 30,4 29,2 31,8 13,8 |
32,6 34,7 24,4 30,7 26,6 |
La La La La As |
|
Moyenne |
29,98 |
26,54 |
29,68 |
La |
|
|
Vulamba |
V1 V2 V3 V4 V5 |
42,19 14,5 34,1 25,8 21,7 |
31,8 39,2 25,7 30,1 30 |
9,11 41 24 31,8 34,7 |
L Al La La A |
|
Moyenne |
27,66 |
31,36 |
28,12 |
La |
Tableau III : Résultats détaillés de la mesure du pH à l’eau et au
Kcl 1 N
|
Commune |
Site |
PH eau |
pH Kcl |
△pH. |
|
Bulengera |
1 2 3 4 5 6 7 8 |
5,78 5,43 5,71 6,65 5,8 6,1 9,23 5,28 |
4,88 4,63 4,93 6,45 4,97 5,98 4,43 4,67 |
0,9 0,8 0,79 0,20 0,83 0,12 0,8 0,61 |
|
Moyenne |
5,75 |
5,12 |
0,63 |
|
|
Kimemi |
1 2 3 4 5 |
6,72 5,81 6,78 6,15 6,36 |
6,5 5,63 6,55 5,67 6,15 |
0,22 0,18 0,23 0,48 0,21 |
|
Moyenne |
6,36 |
6,1 |
0,26 |
|
|
Mususa |
1 2 3 4 5 |
5,28 4,33 6,27 4,46 4,4 |
4,38 3,37 5,08 3,83 3,65 |
0,90 0,76 1,19 0,63 0,75 |
|
Moyenne |
4,95 |
4,10 |
0,85 |
|
|
Vulamba |
1 2 3 4 5 |
6,5 6,28 6,4 5,98 5,84 |
5,63 5,58 5,42 5,55 5,15 |
0,87 0,7 0,98 0,43 0,69 |
|
Moyenne |
6,2 |
5,47 |
0,73 |
Tableau 4: Teneur en matière organique des
sols de la ville.
|
Commune |
Site |
Teneur en matière
organique % |
|
Bulengera |
1 2 3 4 5 6 7 8 |
8,45 10,5 11,85 12,58 13,63 10,58 18,3 17,3 |
|
|
Moyenne |
13,03 |
|
Kimemi |
1 2 3 4 5 |
12 9,1 7,2 9,37 15,05 |
|
moyenne |
10,54 |
|
|
Mususa |
1 2 3 4 5 |
10,58 15 13,67 16,07 16,7 |
|
moyenne |
14,40 |
|
|
Vulamba |
1 2 3 4 5 |
7,87 24,83 13,27 11,27 9,7 |
|
Moyenne |
13,36 |
Tableau V : Teneur en Ca++
des sols étudiés (ppm).
|
Bulengera |
Kimemi |
Mususa |
Vulamba |
||||
|
Site |
Ca++ |
Site |
Ca++ |
Site |
Ca++ |
Site |
Ca++ |
|
B1-3 B2-1 B3-3 B7-1 B3-2 B6-3 B8-1 |
0,419 0,361 0,213 0,745 0,391 0,370 0,330 |
K1-4 K2-1 K3-1 K4-2 K5-2 K1-2 K3-3 |
0,612 0,772 0,678 0,907 0,754 0,712 0,370 |
M1-1 M2-2 M3-2 M4-1 M5-2 M5-1 M4-2 |
0,554 0,327 0,718 0,777 0,860 0,852 0,677 |
B1-2 B2-2 V3-1 V4-2 V5-2 V2-1 V1-2 |
0,630 0,344 0,766 0,891 0,669 0,781 0,631 |
|
Moyenne |
0,404 |
|
0,681 |
|
0,681 |
|
|
Conclusion et
suggestions.
L’objectif poursuivi dans
notre travail était de déterminer les paramètres physiques et chimiques
suivants : la granulométrie, la réaction du sol, la teneur en matière
organique pour mieux traduire les potentialités des sols de la ville en vue
d’une agriculture urbaine intensive au bénéfice de la population.
Les résultats obtenus
révèlent que tous les sols étudiés sont bien pourvus en matière organique et en
limon, paramètres importants, en plus de l’eau, pour une heureuse spéculation
agricole. Quant à la réaction des sols de Butembo (5,815 en moyenne), nous
préconisons l’usage de la matière organique pour essayer de réduire cette
acidité, car l’usage de la chaux agricole est coûteux et ne résous que
partiellement le problème. Ne dit-on pas que la chaux enrichit le père et ruine
le fils ? Par le fait même de recommander l’usage de la matière organique
(à enfouir) sans l’usage du feu de brousse sur les sols, on assurerait la
constance de la fertilité des sols.
Sous réserves des pratiques
agricoles, on peut, pour une première approximation, conclure que l’agriculture
urbaine à Butembo peut donner des bons résultats. Nous n’avons présenté dans ce
travail que quelques caractéristiques physiques et chimiques des sols de
Butembo. Faudra-t-il encore avoir des données sur d’autres facteurs, tels que
la CEC, la teneur en bases échangeables, la qualité du complexe absorbant, la
qualité du complexe absorbant, la qualité des argiles … avant de préconiser une
exploitation intensive des sols de Butembo. Et comme la ville est occupée par
un relief des pentes, une attention particulière sera portée sur la lutte
anti-érosive ou la gestion des eaux et des sols.
Références bibliographiques :
Anonyme, Rapport trimestriel, inédit, Mairie, Butembo, 2001.
De Laguarigue, J., Les bases scientifiques et
leurs conséquences immédiates, Dunod, Paris 1963, 231 p.
De Leenaer, L. et Waegemans, G., La science du
sol, éd. Mereux – Bruxelles 1970.
Delville, P., Gérer la fertilité des terres dans
les pays du Sahel, Gret, Paris, 1996
Dermolon, M. ; Dynamique du sol, Principes
d’agronomie, Tome I, Dunod, Paris 1966, 519 p.
Dupriez, H. et Deleener, P., Arbres et
agricultures multiétagées d’Afrique, éd. Terres et Vie, Belgique, 1993, 227
p.
Garry, R. et al., Guide national de l’agriculture,
Nouvelle édition, Roger Garry & Cie, 1977
Kasay, K.L., Dynamique démogéographique et mise
en valeur de l’espace en milieu équatorial d’altitude. Cas du pays Nande au
Kivu septentrional, Thèse inédite, UNILU-Lubumbashi, 1988,404 p.
Leclerg, H. et Jongen, R., Carte des sols et de
la végétation du Congo, Rwanda et Burundi. Cas du Nord-Kivu et Région du lac
Edouard, 1970.
Mambani, B., Physique du sol, cours inédit, IFA,
Yangambi, 1994
Peter, U.L., La fertilité des sols du Rwanda,
1981
1 Garry,
R. et al., Guide national de l’agriculture, Nouvelle édition, Roger
Garry et Cie,1977.
2
Peter,U.L.., La fertilité des sols au Rwanda, 1981
3 1957 Van Wambeke et Libens
4
Leclerg H. et Jongen R. et Soberon, M., Carte des sols et de la végétation du
Congo, Rwanda et Burundi. Cas du Nord-Kivu et Région du lac Edouard, Bruxelles
,1970
5
Dupriez et DeLeener, P., Arbres et agricultures multiétagées d’Afrique, éd.
Terres et Vie, Belgique, 1993
6 De Laguarigue, J., Les bases scientifiques et leurs conséquences immédiates, Dunod, Paris 1963.
7
Idem
8
Dermolon, M. ; Dynamique du sol, Principes d’agronomie, Tome I,
Dunod, Paris 1966
9 Dupriez, H. et Deleener, P.,
Arbres et agricultures multiétagées d’Afrique, éd. Terres et Vie,
Belgique, 1993
10
Idem
11 Delville, P., Gérer la fertilité des terres dans les pays du Sahel, Gret, Paris, 1996.
11
Mambani, B., Physique du sol, cours inédit, IFA, Yangambi, 1994
12
Dupriez et De Leener, op. cit.,1993
13. De Leenaer, L. et Waegemans,
G., La science du sol, éd. Mereux – Bruxelles 1970.
14 Mambani, op. cit., 1993
15
Kasay, K.L.L., Dynamique démographique et mise en valeur
de l’espace en milieu équatorial d’altitude. Cas du pays Nande au Kivu septentrional,
Thèse inédite, UNILU-Lubumbashi, 1988,404 p.
16 Leclerg, H. et Jongen, R., Carte des sols et de la végétation du Congo, Rwanda et Burundi. Cas du Nord-Kivu et Région du lac Edouard, 1970.